32ème édition de Chalon dans la rue : un festival intimiste

Nouvelle direction pour un nouveau genre. Emmené par Pierre Duforeau et Bruno Alvergnat, les responsables fraîchement nommés, Chalon dans la rue s’est déroulé du 18 au 22 juillet sur le thème  » Être bête point d’interrogation ». Pas de surprise, pas de démesure ni de spectacle grandiose en guise de clôture, mais un banquet partagé par les festivaliers. Parce qu’être « bête », c’est aussi retourner à la forme la plus simple de l’humain, où le vivre ensemble et le partage valent plus que la performance.

Simple, mais de qualité. C’est sous le signe de l’humanité que ce 32ème festival devait s’appréhender. Exit la déambulation des somptueux chevaux lumineux de la compagnie Quidams en 2015, bonjour le naturel comme seul outil. A l’image de Didier Super qui déplace les foules avec son humour noir, ou du duo Libertivore qui suscite des standing ovations grâce à une danse animale, Chalon dans la rue ne perd pas de sa splendeur. Il se réinvente par un retour aux origines des arts vivants.

 

Concordance – Bug n’Buzz

Montage concordance

11 h 30 sur la place de l’Hôtel de ville de Chalon, là où les terrasses sont bondées de monde. Certains prennent un café,  d’autres commencent leur déjeuner. Le soleil brûle la peau et pique les yeux. Mais une jeune femme, vêtue d’un épais manteau noir aux longs poils, lit son journal les pieds en l’air et la tête à l’envers. Son compagnon arrive et tous deux commencent à danser au milieu des festivaliers attablés, au rythme des couverts qui sonnent contre les verres et des bruits extérieurs. Les mouvements saccadés s’enchaînent, se répètent, et les spectateurs se retrouvent embarqués contre leur gré dans cette joyeuse farandole. De quoi faire du quotidien une fête. Étonnant et dans l’ambiance de cette édition : en toute simplicité  !

Libertivore – Phasmes

P1550999PP1560083PP1550926PP1560066PP1560006PP1550900PP1550909PP1550977PP1550953P

« Être bête point d’interrogation » : le duo Libertivore sied à merveille au thème. Dans un cercle de terre, comme deux animaux en pleine forêt, le couple se cherche, se touche, se sent, se trouve, se repousse et se chamaille. Les copeaux de bois volent et eux se roulent dans cette nature, enchaînant les acrobaties et les mains-à-mains à une vitesse surprenante. A peine le temps de s’arrêter pour observer un regard, pour réanimer l’autre, que le feu reprend, plus fort que jamais. Sauvage.

Fanny Duret – T.I.T.R (Thinking in the rain)

 

 

 

Une conférence sur l’art de penser. Les vieilles conférences, bon chic, bon genre, remplies d’intellectuels. L’idée paraît bien ennuyeuse. Le genre d’événement où tout le monde fait semblant.  Justement, Fanny Duret l’a compris et le tourne en dérision dans T.I.T.R (Thinking in the rain). Comédienne hors-pair, Fanny Duret capte son auditoire par sa seule aura, et la conférence devient réalité, jusqu’à dévier des sentiers battus et devenir un terrain de jeu. Chacun oublie le contexte du festival et rit aux éclats, suivant les moindres incartades de l’assistance conférencière, de la philosophie à Broadway.

Radio Kaizman – Street Party

montagefanfare

Happés par un rythme endiablé, les festivaliers se mettent à danser avec des inconnus, à taper dans leurs mains et un sourire se dessine sur leur visage. Cet effet ? Ce sont les notes cadencées et dynamiques des musiciens enjoués du groupe Radio Kaizman qui volent dans le ciel. Ils interagissent avec le public et font de la rue une « street party » !

Les Goulus – TchernOcircus

 

 

 

Un véritable cabaret atomique. C’est comme cela que les Goulus se décrivent, et c’est comme cela qu’ils sont reconnaissables. Des hennissements de chevaux transpercent le calme d’un bout de rue, et voilà que d’un coup, apparait une drôle de farandole multicolore. Quatre personnages investissent l’endroit et attirent tous les regard avec leur comique de l’absurde. C’est frais, hilarant, et cela fait du bien !

Didier Super – Ta vie sera plus moche que la mienne

P1560626P

Le titre du nouveau show de Didier Super parle de lui-même. Si l’on ne présente plus cet homme à l’humour (très) noir, attachant sous ses airs détestables, lui semble attaché à la rue. Et le succès ne l’empêche pas de revenir à Chalon. Pour la proximité avec le public sans doute : même s’il n’a qu’une unique planche en guise de décor, les festivaliers se bousculent pour écouter Didier Super pendant plus d’une heure. Les politiques, les punks à chien, les femmes, les hommes, les enfants, les écolos, les féministes, les violeurs, les intellectuels : chacun en prend pour son grade. Et ça fait mal.  Peut-être parce qu’au fond, il dépeint mieux que personne la société d’aujourd’hui.

 

Marylou CZAPLICKI

Photo à la Une : Flex impact, Cabanga, Marylou Czaplicki

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s