Moi non plus, l’idylle entre Bardot et Gainsbourg

Le rideau se lève au théâtre de la Madeleine: le public découvre un Serge Gainsbourg, cigarette à la main, assis à son piano, un verre de whisky posé plus loin. Quelques minutes après, Brigitte Bardot le rejoint. Jouée jusqu’au 28 avril, Moi non plus retrace la nuit où l’actrice demande au compositeur de lui écrire une chanson d’amour. Jollies y a assisté et revient sur cette douce idylle de décembre 1967.

moinonplus-PHOTO03__copyright LAURENT LUFFROY.jpg
@ Laurent Luffroy

C’est dans une ambiance calfeutrée et intime que le spectacle commence. Sur scène, une luxueuse chambre d’hôtel : un grand lit à droite et un magnifique piano à gauche. Serge Gainsbourg y est installé et passe un coup de téléphone. Tout de suite, on assiste à un jeu très réaliste de Jéremie Lippmann : cigarette au bec, la chemise légèrement ouverte, un style débraillée et une voix quelque peu roque, cassée et usée par le temps. La ressemblance est frappante, et la façon dont joue le comédien nous laisse penser qu’il a étudié attentivement le personnage de Gainsbourg avant de l’incarner. Quelques minutes après, la jolie Mathilde Bisson entre sur scène et incarne une Brigitte Bardot parfaite. Ses mimiques, ses intonations, sa gestuelle et sa sensibilité sont retranscrites avec justesse. Elle est douce, il est froid, elle se donne à lui corps et âme, il ne lui promet rien. Elle l’aime et lui …

MOI NON PLUS_copyright ©Cyril Moreau Bestimage.jpg
@ Cyril Moreau / BESTIMAGE

Commence alors entre les deux amants des moments d’amour, où le sexe intensifie la passion entre les deux personnages, où la musique occupe une place prépondérante et où les sentiments ne font pas bon ménage.
« Écris-moi la plus belle des chansons d’amour », demande Bardot au compositeur. Gainsbourg, assis à son piano, travaille sur la chanson Bonnie And Clyde lorsque BB le supplie. Outre la rédaction de chanson ou leurs moments torrides, cette nuit va être l’occasion pour les deux amants de faire le point sur leur relation secrète. Mariée à Gunter, un homme très riche, Brigitte exige pourtant de Serge, qu’il se donne à elle uniquement. Jérémie Lippmann incarne très bien ce Serge peu convaincant en matière d’amour et de sincérité, mais qui n’est inspiré que par sa muse à la chevelure dorée.
La pièce retrace l’histoire d’une seule nuit et est un peu lente par moments. Les moments où Serge et Brigitte chantent ensemble au piano sont rares, mais ils apportent une véritable bouffée d’air frais sur cette scène où l’ambiance est tantôt mélancolique, tantôt électrique. Ces moments mettent à nu l’intimité des deux amants et c’est fort plaisant. Lors de la chanson Bonnie And Clyde, on ressent tout l’amour que porte BB au compositeur et le lien extrêmement fort qui lie les deux stars. C’est aussi lors de ce moment que l’on comprend à quel point la jolie blonde inspire le poète maudit de son époque. La tension est palpable et c’est, sans aucun doute, grâce à la juste interprétation des deux acteurs. La pièce se termine par cette fameuse chanson que Serge Gainsbourg aura terminé d’écrire pour Brigitte : Je t’aime moi non plus. Iconique de leur amour bancal, elle signera la fin de leur idylle et met à nu une BB bouleversée et dévastée. Le jeu de Mathilde Bisson est alors à couper le souffle, et on ressent la déception de la jeune femme. Les larmes aux yeux, elle ne surjoue pas – plus – son personnage de Brigitte Bardot, elle le vit.

Écrite par Bertrand Soulier et mise en scène par Philippe LelloucheMoi non plus est une petite merveille : amour, désillusion, et musique sont réunis pour nous faire passer un bon moment. On est plongé directement dans l’intimité du couple, et c’est ce qui est plaisant. On assiste du début à la fin à une passion entre deux amants qui est à la fois positive et négative par la création artistique. Autant pour les grands fans des artistes que pour les curieux, cette pièce transporte dans un moment sensuel et délicieux.

 

Margaux LIDON

 

Crédit image à la une : K- WET Production
Publicités

Une réflexion sur “Moi non plus, l’idylle entre Bardot et Gainsbourg

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s