Call me by your name déchaîne les fougues

Call me by your name est sorti mercredi 28 février. Nommé à trois reprises aux Oscars, notamment dans les catégories meilleur film et meilleur acteur pour Timothée Chalamet, ce nouveau film de Luca Guadagnino raconte un amour d’été dans tout ce qu’il a de plus vibrant, sensuel et inexpérimenté.

En 1983, quelque part dans le nord de l’Italie, Elio s’ennuie dans la villa familiale. Ce jeune garçon de 17 ans passe son été à transcrire de la musique penché sur son bureau, lire sur son lit et passer du temps avec ses amis. Son père, professeur en université, accueille un étudiant américain, Oliver, pour l’aider dans ses travaux de recherche pendant plusieurs semaines. Dans la villa, au bord de l’eau, sur les routes à vélo, un amour sensuel et fulgurant va naître entre Elio, jeune homme chétif et timide, et Oliver, l’Américain dans toute sa splendeur fantasmatique, grand, blond, musclé et bronzé.

Luca Guadagnino nous fait frémir de désir au moindre effleurement alors qu’un poignard nous déchire les tripes à chaque éloignement de l’être aimé. Call me by your name donne vie à une histoire d’amour comme on n’en avait pas vu depuis bien longtemps. Elio traverse un moment nécessaire, vital et même douloureux tellement il est grisant. Le spectateur expérimente la romance comme s’il en était le protagoniste, comme une première fois. Le scénario nous épargne des mots prononcés inutilement. Pour traduire un regard, un souffle ou un tremblement, le spectateur ne peut compter que sur lui-même et sa boîte à souvenirs.

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©Sony Pictures

Timothée Chalamet, qui incarne Elio, se révèle totalement dans ce film. Ce jeune franco-américain de 22 ans est nommé aux Oscars pour la catégorie du meilleur acteur. À la fois sensible et osé, son jeu a tout pour séduire. Pas besoin pour lui de se démarquer par une grande tirade ou un cri animal. Les moments de solitude d’Elio – nombreux et bigarrés – montrent à quel point il est déjà un grand acteur. Epaulé avec brio par Armie Hammer (Oliver), Timothée Chalamet s’affiche en tant que talent de cette nouvelle génération. Il rappelle un Leonardo DiCaprio dans Gilbert Grape (1994) : très jeune mais déjà une habileté flagrante. Promis à de grandes choses donc…

Call me by your name déstabilise. Sa poésie, sa spontanéité et sa simplicité détonnent complètement dans le paysage cinématographique actuel où tout semble être projeté derrière un filtre Instagram. Sous ses airs de romance d’été banale, l’histoire d’Elio et Oliver devient rapidement exceptionnelle et flamboyante. À la hauteur de ce que peut vivre le cœur et l’esprit d’une personne de 17 ans face à tant de désir.

Pauline THURIER

Crédit photo à la une : ©Sony Pictures
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