Bac 2021 : ce que la réforme va changer

C’est officiel. Mercredi 14 février, Jean-Michel Blanquet, le ministre de l’Éducation nationale, a présenté les tenants et aboutissants de la grande réforme du baccalauréat avec, pour une date d’entrée en vigueur : cap sur 2021 !

Si cette date nous semble pour le moment bien lointaine, elle concerne néanmoins les futurs lycéens, qui jouissent encore du calme et de l’innocence de la classe de troisième cette année. Jollies vous explique ce que cette réforme va changer pour nos bacheliers.

Une réforme de la simplification

La réforme du bac a pour but de simplifier un examen qui coûte beaucoup trop cher, 1,5 milliard d’euros en 2017 selon Le Monde. Ainsi, on passera de huit à quatre épreuves, réparties entre avril/mai et juin. Cette nouvelle formule se base sur un rapport présenté par l’ancien directeur de l’IEP (Institut d’études politiques) de Lille, Pierre Mathiot. Plusieurs termes sont d’ailleurs connotés « Sciences Po », notamment celui du « grand oral », innovation marquante de la réforme. Ainsi, les élèves de terminale de 2021 se verront confrontés à quatre épreuves : deux épreuves d’options, une de philosophie, pour finir par l’oral.

De plus, le contrôle continu s’imposera pour 60% de la moyenne du baccalauréat, sur le modèle du brevet des collèges. Le but serait de valoriser le travail régulier des élèves… tout en limitant le coût de l’examen.

Vers une plus grande autonomie des lycées

La réforme du baccalauréat cherche à donner une plus grande autonomie aux lycées, notamment grâce au principe du contrôle continu. Chaque lycée décidera du contenu de l’examen. Dans ces lycées plus autonomes, les élèves seront aussi poussés à développer leur maturité. Le nouveau lycée projeté par le gouvernement adoptera un modèle assez similaire à celui de l’université. Ainsi, les élèves pourront choisir des « mineures » qui complèteront un socle commun constitué de la philosophie, de l’histoire-géographie, du français, de deux langues vivantes, du sport et de l’enseignement moral et civique (l’EMC, qui remplace déjà l’éducation civique de notre jeunesse). Une nouvelle matière sera également créée autour de l’enjeu du numérique. Contrairement à ce socle commun, les options, au nombre de trois en première et de deux en terminale, ne seront pourtant pas les mêmes dans tous les établissements.

Toujours dans le but d’autonomiser les lycéens, un créneau horaire hebdomadaire sera consacré à leur orientation qui leur permettra de faire des choix en adéquation avec leur profil. La classe de terminale, toujours dans cette idée, sera renommée. Le ministre a laissé entendre sa préférence pour la « Classe de maturité ».

Le revers de la médaille : inégalités et désorganisation

La réforme, qui se veut « disruptive », revendique l’inspiration du modèle finlandais, connu pour favoriser le développement intellectuel, moral et personnel des élèves. Pourtant, en France, on fustige d’ors et déjà les inégalités que risque de créer cette réforme. Ces risques font écho à la sélection à l’entrée à l’université. Dans les grandes écoles et les classes préparatoires, la sélection prenait déjà en compte le lycée d’origine, notamment parce que les résultats d’Admission Post Bac étaient communiqués avant les résultats du baccalauréat. Néanmoins, le baccalauréat permettait d’apporter une certaine forme de neutralité, ce qui risque de ne plus être le cas avec la réforme.

Nombre de professeurs font part de leur crainte sur la méfiance qui pourrait être instaurée à l’égard de lycées jugés trop « laxistes ». Ainsi, un baccalauréat obtenu avec une mention de 13,5 n’aura pas la même valeur en fonction de la provenance du lycée. Les premières victimes de ces inégalités seront alors les lycéens, ce qui peut sembler paradoxal pour une réforme censée les aider à investir leur avenir plus sereinement.

Le second problème que pose cette réforme, selon les professeurs, est celui de l’organisation. Claire H, professeure de Lettres en région parisienne, précise : « Le fait de laisser plus de liberté de choix aux élèves peut être une bonne chose mais cela risque de créer de grosses désorganisations, ne serait-ce que pour faire les emplois du temps. De même pour le recrutement dans les établissements d’enseignement supérieur. On ne sait pas quels en seront les critères et cela risque de compliquer quelque chose de déjà complexe ».

Ainsi, si tout n’est pas à jeter dans cette réforme, son principal problème semble être celui de la mise en œuvre dans un système éducatif peu adapté au suivi personnalisé et à la prise en compte des spécificités de chacun des élèves.

Mathilde BERG

2 réflexions sur “Bac 2021 : ce que la réforme va changer

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s