« Le Crime de l’Orient-Express », un suspense intrigant et farfelu

Après avoir réalisé l’adaptation de Cendrillon, Kenneth Branagh s’offre une nouvelle adaptation d’envergure, celle du célèbre roman d’Agatha Christie : Le Crime de l’Orient-Express, déjà imaginé dans une première version en 1974. Le metteur en scène de Thor échafaude un remake doté d’une distribution impressionnante. L’anticipation de Kenneth Branagh s’envisage comme un thriller vintage très efficace dans son rythme, agrémenté d’une stagnation sans animosité et d’un accent belge très folâtre.

Kenneth Branagh délivre une nouvelle version cinématographique du célèbre roman d’Agatha Christie. Le luxe et le calme d’un voyage en Orient-Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Le célèbre détective Hercule Poirot, en examinant les faits, suppose que le meurtrier se cache encore parmi les passagers du train, bloqué par une importante tempête de neige. Les treize passagers sont tous suspects et le fameux détective se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau.

Un remake de plus

Murder on the Orient Express dans sa langue originale fait ses premières armes le 1er janvier 1934 au Royaume-Uni, mettant en scène Hercule Poirot. Il sera publié quelques mois après aux États-Unis sous le titre Murder in the Calais Coach, puis en France. À la fois devant et derrière la caméra, Kenneth Branagh est partout, il s’essaye à la relecture d’un classique du genre littéraire. Avec Le Crime de l’Orient-Express, ce dernier s’attèle à créer un univers enrichissant, vintage et perçant afin d’apporter sa marque.

En effet, dans les années 1970, Sidney Lumet réalise une première oeuvre sur le sujet dans laquelle il dirigeait Albert Finney dans le rôle de Hercule Poirot aux côtés de Sean Connery, Lauren Bacall, Ingrid Bergman ou encore Jacqueline Bisset. Le long métrage est un succès retentissant, il sera cité six fois aux Oscars.

Aujourd’hui, le cinéaste britannique se laisse guider par un genre effrayant, entre l’épouvante et l’horrifique, comme il le dit si bien lors d’une interview, « Je pense que nous avons fait un film plus flippant que les gens ne pourraient l’imaginer. Nous avons respecté le matériau d’origine dans le fond mais avons adopté un ton différent sur la forme. Un ton d’angoisse et horrifique ».

Un crime presque parfait dirigé par Mr Branagh

Ce n’est pas une surprise, Murder on the Orient Express est un monument du genre qui refait surface par les soins du cinéaste Kenneth Branagh. À terme, s’agit-il d’une réussite florissante ou d’une cuisante déception ? En règle générale, les remakes peine à exister et à s’imposer dans le coeur des spectateurs, c’est un défi de taille qu’a décidé de relever le nouvel interprète du charismatique Hercule Poirot. Ainsi, le célèbre détective belge imaginé par la romancière anglaise renait le temps d’un long métrage aux allures des petits meurtres d’Agatha Christie.

Dans le fond, le réalisateur nous livre un condensé d’énigmes jouissives, un package qui s’enclenche sur les chapeaux de roues tout en laissant paraître quelques désillusions dans le scénario. Ainsi, si l’intrigue classique mais féroce dans sa forme tient bien la route, l’effet acide du film se tournera vers un manque de témérité. Hormis cette parenthèse inoffensive, le metteur en scène promet de belles prouesses, tant sur sa chaise de directeur que dans la peau de l’enquêteur professionnel.

Dès les premières minutes, nous découvrons diverses et brillantes prises de vues affichant une pléiade de personnages au pied du Mur des Lamentations. Ce nouvel Orient Express est plus qu’un simple film à suspense, c’est avant tout un portrait, un hommage à l’un des meilleurs détectives de fiction qui existe. C’est avec brio que Kenneth Branagh campe ce personnage complexe et rigoureux, tant par son accent belge effroyable que par son anglais britannique parfait.

L’humour est de mise, il est évidemment question d’inclure un ton de sarcasme et de plaisanterie sur des allures décalées et British à souhait. L’élément marquant et majeur revient à la distribution fringuante qui réunit Johnny Depp, Josh Gad, Penélope Cruz, Willem Dafoe, Judi Dench ou encore Michelle Pfeiffer.

Dans un ensemble de décors et paysages diluviens, ce huis clos mobile parvient à nous clouer à notre siège pour nous faire désigner l’un des potentiels meurtriers. Sur une bonne cadence, nous suivons ce crime presque parfait pour terminer notre course avec un retournement de situation invraisemblable.

 

Jordan TISSOT

Crédit photo de Une : Twentieth Century Fox France
Publicités

2 réflexions sur “« Le Crime de l’Orient-Express », un suspense intrigant et farfelu

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s