Inüit assure la relève de la pop française

A Rock en Seine, Inüit a inauguré la scène de l’Industrie pour mettre en jambe un public assoiffé de son et de groove. Mission réussie pour ce groupe nantais qui a su mettre tout le monde d’accord. Nous avons pu rencontrer trois membres de ce groupe qui en compte six : Coline (chant), Pablo (trombone) et Alexis (synthétiseur).

 

Jollies Magazine : Inüit, c’est quoi exactement ?

Coline : C’est un groupe d’amis, une aventure humaine avant tout et c’est des bonnes énergies. C’est un ensemble de musique diverse avec un mélange de plusieurs styles : de la pop, de l’électronique, de la techno et du jazz.

JM : Vous pensez que c’est surprenant pour le public de 2017 de voir un trombone ou un saxophone sur scène ?

Pablo : Je pense que c’est un atout. Je sais pas si par rapport au public c’est un atout mais en tout cas pour nous ça l’est. Cela nous (ndlr : Pablo le tromboniste et Pierre le saxophoniste) a forcé à aller chercher ailleurs pour s’intégrer en tant qu’instrument à vent au sein d’une musique qui n’en a pas nécessairement à l’origine. Quand on entend ce genre d’instrument, en général, c’est dans un contexte très enregistré et très retravaillé, ce qui n’est pas ce qu’on fait lors de la composition parce qu’on compose tout en live. On a cherché à s’intégrer là-dedans en s’inspirant de musiciens qui ont des manières de jouer qui collaient.

Alexis : On a jamais vu le truc sans aussi. Avant Inuit, on était un big band où la moitié du groupe s’est rencontré et on voulait faire le groupe avec des cuivres dès le début.

Pablo : Et puis ça a toujours été notre instrument depuis qu’on a 8 ans pour tous les deux (ndlr : Pablo et Pierre) donc c’est notre moyen d’expression principal. J’ai pas l’impression de chercher quand je joue du trombone, c’est naturel depuis le temps.

JM : Comment fonctionne un groupe à six membres pour composer des nouveaux morceaux ?

Pablo : On cherche à avoir une composition où les six personnes vont être heureuses de jouer le morceau sur scène ou de l’enregistrer. Pour ce faire, il faut que les six personnes participent, tout simplement. C’est à différents degrés, en fonction de l’ambiance de la journée et de l’esthétique du morceau. Des fois, on compose des esthétiques qui vont plaire à une personne sans pour autant qu’elle ait d’idée pour y participer et d’autres fois c’est l’inverse. On essaye de garder une écoute, une entente lors de la composition pour plaire à nous six. Il faut que tout le monde puisse s’exprimer quand il a envie de dire quelque chose ou de proposer quelque chose.

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Couverture de leur EP, Always Kévin

JM : Comment vous êtes parvenus à vous hisser directement sur la scène de l’Industrie de Rock en Seine avec « seulement » un EP de quatre morceaux ? (ndlr : Always Kévin est sorti le 2 juin et est disponible ici)

Coline : Tout ça, c’est grâce à notre manageuse et nos tourneurs, ils sont trop forts. Lola Chevallier de V.I.A. Productions et Simon Nodet de W Spectacle. Ils nous aident, ils nous trouvent des dates. C’est une super équipe, maintenant ils nous font jouer à Rock en Seine donc que demande le peuple !?

JM : Pourquoi avoir appelé votre EP Always Kévin ?

Coline : « Always Kévin » c’était pour casser un peu avec l’image assez nette et classieuse de l’oiseau bleu (ndlr : qui apparaît sur la couverture de l’EP) et c’était une expression qu’on avait entre nous, qu’on aimait bien depuis un moment. C’est quelque chose d’un peu naïf, d’instinctif et on voulait pouvoir mettre un contraste avec cette image tout en montrant qui on est vraiment.

Alexis : On est arrivés à un point d’équilibre entre l’image et le titre qui nous correspond. On cherche à faire des choses précises qui pourraient s’apparenter à quelque chose de classe mais en même temps entre nous et même dans notre musique on aime bien déconner et être stupides comme tout le monde. Du coup, on s’est retrouvé une fois qu’on avait le titre.

JM : Et pourquoi choisir Inüit comme nom de groupe ?

Coline : Esthétiquement, on trouvait ça beau à l’écrit et à l’oral et ça veut dire être humain et comme c’est une aventure humaine ça nous correspondait très bien.

JM : Après l’EP, vous prévoyez un album ?

Alexis : On est en plein dedans là. On est en train de l’écrire depuis début août et à ceux-là vont s’ajouter les autres morceaux qu’on a écrit au cours de l’année. En septembre, on va entrer en studio pour l’enregistrer, le travailler et le produire avec Benjamin Lebeau (ndlr : la moitié du groupe The Shoes) qui va réaliser l’album. Il sera prévu pour début 2018.

JM : Comment avez-vous rencontré Benjamin Lebeau ?

Alexis : Léo qui fait le son d’Inüit connaissait quelqu’un qui connaissait Benjamin. On avait bien aimé l’album de The Shoes Chemicals et on s’était dit « Tiens, ce serait marrant de les contacter pour réaliser notre album » mais sans trop y croire. Et ils ont été réceptifs à Dodo Mafutsi. On les a rencontrés comme ça, sans passer par un label, juste une connexion d’amis d’amis et un petit mail. Cela a rendu le truc hyper sain. On s’est rencontré physiquement quatre mois après à la Cigale quand on a fait la première partie de Synapson.

JM : Quel va être son rôle dans l’album ?

Alexis : Le réalisateur essaye de réaliser les désirs du groupe quand le morceau est schématisé et pas totalement abouti. Il essaye de faire en sorte de pousser les morceaux là où on veut les emmener tout en gardant notre esprit. Il n’intervient pas dans la composition mais il récupère de la matière et il essaye de la façonner pour l’organiser, travailler le son.

Pablo : Il nous a aussi apporté des choses qui ne sont pas directement artistiques mais plutôt son expérience sur des moments où on avait des blocages de composition comme ça peut arriver à tout le monde. Quand on commençait à avoir du mal, Simon (ndlr : le batteur d’Inüit) l’a eu un soir au téléphone et Benjamin lui a dit « Ecoutez les gars, à partir de maintenant vous essayez de faire comme çi et comme ça » et ça nous a fait énormément de bien parce que ça a dédramatisé l’acte de composition dans un moment qui était un peu difficile pour nous. Il nous sert un peu de tonton qui a de l’expérience.

Coline : Ouais, c’est notre tonton punk !

JM : Comment s’est passé le concert de Rock en Seine ?

Coline : C’était cool, on a surtout apprécié qu’il y ait autant de monde, c’était une bonne surprise ! Cela nous a mis du baume au cœur. On avait envie de donner encore plus après.

JM : Y a-t-il des concerts d’Inüit à venir ?

Coline : Pas en septembre, comme on va enregistrer notre album mais en octobre on reprend la tournée d’automne et on commence par une date chez nous à la Barakason à Rezé. Il va y avoir toute la famille, tous les copains. Ca me stresse aussi parce qu’il y a de la pression, tu veux pas décevoir ceux que tu aimes.

Pablo : La Barakason c’est la première scène sur laquelle je suis monté pour jouer devant un public et je suis content d’y retourner.

Retrouvez Inüit : FacebookTwitterInstagramDeezer

Propos recueillis par Pauline THURIER et Margaux THURIER

Crédit photo à la une : Christophe Crenel
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