Gunwood signe le retour du blues en France

Ce week-end pendant le festival Rock en Seine, on a pu discuter avec Gunwood, un trio rock folk blues qui jouait sur la scène Ile-de-France. Après avoir démarré leur longue tournée de deux ans en mars, ils ont sorti un premier album, Travelling Soul, un bijou rock et folk comme on ne pensait pas pouvoir en écouter en 2017.

Jollies Magazine : En écoutant votre album, on entend une influence très américaine, comment l’expliquez-vous ?

Gunnar (guitare et voix) : Mes deux parents sont allemands et je suis né en Angleterre, j’ai grandi avec beaucoup de folk et de rock américains et anglais et de la folk irlandaise. Cela m’a beaucoup influencé dans l’écriture.

Jeff (basse, harmonica, banjo, percussions et voix) : Mon père est portugais, ma mère est bretonne. J’ai grandi à Paris et j’ai à peu près les mêmes influences que Gunnar en termes de musique.

David (batterie, claviers, voix) : Moi je suis franco-français. J’avais une très mauvaise prof d’anglais et des parents qui écoutaient Debussy et Chopin. J’ai des influences comme Gunnar et Jeff mais le premier album que je me suis acheté c’était Jamiroquai donc plutôt groove, c’est pas pour rien que je suis batteur. On est tous nés au début des années 1980 donc on a tous bouffé la fin de Nirvana et le début de Radiohead et toutes ces influences-là se ressentent dans notre musique. Autant le côté Radiohead qui rencontre les Black Keys et des groupes des années 1970 et le côté vocal qu’on peut retrouver chez Crosby, Still & Nash et dans le folk traditionnel irlandais. S’il y a une spécificité par rapport aux groupes de rock vintage d’aujourd’hui, parce qu’on n’est pas les seuls à faire revivre ces influences, c’est le côté vocal, le chant à trois voix, chez Gunwood qui est prépondérant et avec lequel on travaille beaucoup.

JM : Est-ce envisageable pour vous de chanter en français?

Gunnar : Il ne faut jamais dire jamais mais tout de suite, non. Le français, c’est la troisième langue que j’ai appris et c’est vraiment une autre manière de chanter.

JM : Vous avez enregistré une vidéo avec Hugh Coltman. Comment ça s’est fait et qu’est-ce que ça fait de chanter avec lui ?

Gunnar : On a croisé sa route plusieurs fois. Je l’avais déjà rencontré au Studio des Variétés (ndlr : un centre de formation pour les artistes émergents à Paris) il y a très longtemps, on avait le même coach vocal. On a failli signer avec le même label puis, on a fait sa première partie au Trianon, il y a un an et demi et le contact est super bien passé. On a tout de suite prévu de rejouer ensemble. Pour cette vidéo, on avait envie d’inviter quelqu’un donc ça a été assez naturel d’aller vers lui comme il y avait déjà un feeling et que c’est un artiste qu’on adore autant musicalement que personnellement. C’est quelqu’un de super humble et de très abordable.

Jeff : Puis on est des copains quoi. Et les copains ça joue ensemble.

JM : Vous en avez d’autres des copains avec qui vous avez envie de jouer ?

Gunnar : Il y a une vidéo qui vient d’être enregistrée avec un nouveau copain mais on ne dira pas qui encore. Elle sort début septembre. On fait également un concert à la Maroquinerie à Paris le 12 octobre où il risque d’y avoir des copains qu’on va inviter.

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©Richard Schroeder

JM : Vous trouvez qu’en France on manque de groupe de blues comme le vôtre ?

Gunnar : Il y a quand même un mouvement autour de ce style en ce moment. Je pense qu’on est les seuls sur l’aspect trio vocal dont David a déjà parlé mais dans la scène new blues, il y a quand même beaucoup de choses. Le folk commence à revenir un petit peu même si c’est pas forcément ce qui est le plus grand public en ce moment. C’est pas ce qui est le plus présent sur le terrain mais on en croise pas mal.

David : Même si c’est pas tout à fait comme nous parce qu’on a un côté folk vocal qui est un peu plus rare en France, il y a quand même beaucoup de choses très très bien en ce moment. On a vu un trio argentin de rock complètement détonnant qui s’appelait Capsula avec un charisme incroyable. Il y a aussi un groupe qui a été assez fondateur il y a quatre ou cinq ans alors qu’ils sont beaucoup plus jeunes que nous, c’est Half Moon Run. Bon ils sont canadiens en l’occurence. En entendant leur folk, on se dit « Ah tiens, on a le droit de refaire ça aujourd’hui ? ». Globalement, il y a une innovation assez forte et il y a de plus en plus un gommage des frontières. Rock ne veut plus dire énormément de choses, l’électronique s’est fondue un peu partout de manière intelligente aussi et je trouve qu’on vit une époque formidable.

JM : Quels sont vos projets pour l’année à venir ?

Gunnar : Surtout des concerts et on continue à écrire parce que c’est quelque chose que je fais un peu tout le temps. Ne serait-ce que pour pas nous ennuyer on ajoute des nouveaux titres au fur et à mesure des concerts. Cela permet de les roder un petit peu et de planter des petites graines pour le prochain album. Il est encore un peu tôt pour penser à l’enregistrement. On va être sur la route pendant deux ans.

David : Gunnar a ce travail de compositeur qui n’est pas un travail que tu commandes, c’est un work in progress permanent. On a aussi à coeur de produire du contenu régulièrement. On a parlé de la nouvelle vidéo, il y aura aussi un clip et d’autres copains à qui on pense avec qui il va y avoir d’autres sessions live.

Pour découvrir Gunwood, c’est par ici : SiteFacebookTwitterInstagramDeezer

Propos recueillis par Pauline THURIER

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