Notre créateur de la semaine : découvrez l’univers fantaisie de Ni Oui Ninouche

Cette semaine, Jollies Magazine est allé à la rencontre de l’univers geek et romantique de la créatrice des bijoux Ni Oui Ninouche. Beaucoup inspirée par l’univers des jeux vidéos, mais pas seulement, la marque s’est déjà fait une place sur Facebook, ALittleMarket et Etsy. L’occasion pour Nina de partager avec spontanéité et enthousiasme sa passion pour la création, dont elle a fait son métier !

Peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

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Nina, la créatrice des bijoux Ni Oui Ninouche.

Je m’appelle Nina, j’ai vingt-trois ans et j’ai fait des études dans le milieu artistique, en design. A la fin de mes études, j’ai eu une promesse d’embauche qui n’a finalement pas tenue, et je me suis retrouvée sans rien… Alors je me suis lancée, j’avais vingt ans à l’époque, je voulais arrondir les fins de mois avec ce que je connaissais, la pâte fimo ! J’ai monté ma petite entreprise, j’aimais ce qui était créatif. Si ca marchait, tant mieux, sinon tant pis ! Mais j’ai eu beaucoup de chance ! Cela faisait longtemps que je créais déjà des petits bijoux pour mes amis, et il y avait déjà 300 personnes qui me suivaient sur ma page Facebook. Quand je me suis lancée professionnellement, les gens m’ont suivi et en trois mois, c’est devenu un vrai revenu, grâce à A Little Market et aux réseaux sociaux !

Tes créations sont essentiellement des bijoux, et tu travailles avant tout la pâte fimo. Pourquoi ce choix ?

Je devais avoir huit ans, il y avait des expositions pas loin de chez moi et une dame faisait de la pâte fimo. En y réfléchissant, ce n’était pas vraiment très beau, mais j’étais admirative de ce travail de la matière ! Et j’étais là à dire à mon père « papa je veux en faire » et mon père, qui est très créatif, m’en a acheté en rentrant. Et c’est comme ça que j’ai commencé ! J’ai fait des petites choses, des bijoux surtout, c’est le plus facile pour commencer. Mon père, qui était toujours là derrière moi, m’a poussée à essayer d’en vendre sur le marché de Noël de mon village, et j’ai donc fait mon premier marché à dix/douze ans. Ce n’était ni très beau ni très solide, mais c’était déjà super pour mon âge ! J’ai ensuite eu le temps de me perfectionner, j’ai maintenant tout le matériel professionnel nécessaire.

Après toutes ces années, cela me plait toujours autant et je suis contente de pouvoir me diversifier, cela fait que je ne me lasse pas. A côté de la pâte fimo, je fais par exemple mes bracelets en tissus, ou mes petits cœurs en rouages ! Au départ, ce sont des petites pièces toute simples que j’achète, et ensuite j’assemble plein de petits rouages. Mon père est bijoutier, ce qui me permet de pouvoir intégrer de vraies pierres à mes créations.

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D’où vient le nom Ni Oui Ninouche ?

il_570xn-782894186_1mvaTout le monde m’appelle Ninouche, depuis toujours ! Je voulais donc le mettre dans mon nom de marque, mais utiliser « Ninouche » tout seul ne me plaisait pas. J’ai donc demandé à mes amis de trouver des jeux de mots avec, plusieurs m’ont  beaucoup fait rire, mais j’aimais Ni Oui Ninouche, c’était enfantin et les gens s’en souviennent. Je tenais à ce rappel de l’enfance, on a beau avoir 23 ans, on reste de grands enfants…

Comment organises-tu ton temps ?

Au début, je me suis mise à travailler vraiment au feeling, selon mes commandes. J’avais parfois trois commandes en même temps et il fallait aller vite, et d’autres fois il n’y avait aucune commande pendant trois jours, et je me disais que ça n’allait jamais marcher ! Maintenant que c’est beaucoup plus stable, j’ai de vrais horaires. Je me lève vers 7h30-8h, je promène le chien puis je check mon planning. Je m’occupe de la création le matin et des colis l’après-midi. Je poste tout avant la fermeture de la Poste, puis je m’occupe de mettre en ligne toutes les nouveautés : faire les photos, rédiger les descriptions, renseigner les prix, mine de rien, tout prend du temps ! Et puis j’enchaine sur la communication sur les réseaux sociaux en fin de journée, qui est vraiment très importante, essentielle même.

Tes bijoux se vendent également à l’étranger…  Est-ce que tu y aurais cru lorsque tu t’es lancée ? 

Absolument pas ! J’ai commencé à vendre sur A Little Market, puis sur Etsy en séparant mon univers geek du fantaisie, et cela m’a vraiment aidée à me développer. J’ai commencé par vendre uniquement en France et j’étais réticente à vendre à l’étranger, à cause de ma maîtrise imparfaite de l’anglais et des litiges potentiels à gérer… Mais il y a eu beaucoup de clients qui sont venus vers moi, en m’écrivant en anglais, pour me demander d’ouvrir ma boutique à l’étranger, et avant tout au Canada. Alors j’ai fini par l’ouvrir pour ce pays, puis pour l’Espagne… et maintenant, une commande sur deux part aux US ! Je suis la première surprise, et tellement excitée à l’idée que mes bijoux soient portées en Alaska, ou en Espagne !

On se demande souvent si les auto-entrepreneurs, et particulièrement les petits créateurs, arrivent à bien vivre de leur passion. Est-ce ton cas ?

Oui, et il m’arrive même de taquiner mon homme pour avoir gagné plus que lui certains mois ! Mais effectivement, cela surprend toujours, les petites créatrices sont souvent très stigmatisées. On ne considère pas que l’on a un vrai métier… Mais j’ai un vrai salaire ! Mais c’est dur, et beaucoup de gens ont essayé de casser mon rêve, beaucoup avaient peur pour moi, que ça ne marche pas, mais il faut essayer… et voir ! La première année, il a fallu que je fasse vraiment attention, parce que les mois étaient très inégaux… parfois plus d’un SMIC, parfois seulement 600 euros… Depuis plus de deux ans, je gère ces disparités en mettant tout sur un compte et en me retirant un SMIC par mois.

Quel métier imaginais-tu faire plus tard, quand tu étais petite ?

Créatrice, justement ! Mon père est bijoutier et m’a toujours poussé vers le milieu créatif, je faisais de la peinture, du dessin, de l’aquarelle, j’adorais tout ça et j’ai toujours voulu vivre de mes mains, mais il y a toujours des gens pour déconsidérer ces métiers artisanaux et artistiques.

Je suis partie dans des études de design pour devenir architecte, mais je me suis rendue compte que le milieu était très fermé et très snob, contrairement à l’ambiance du milieu des petits créateurs.

Pour la petite anecdote, j’avais fait un stage à dix-huit ans en design et j’étais la seule à savoir faire des modélisations 3D. J’en avais fait des belles pour mes maîtres de stage, et on m’avait dit de ne pas le dire au client : ça dérangeait que l’on apprenne que c’était la petite gamine de dix-huit ans qui les avait fait ! Le client est arrivé, leur a serré la main et m’a à peine regardée. Il a regardé les modélisations, les a complimenté et a dit « ça, les gens qui font ça, ce sont des gens qui ont du talent. » C’est moi, mais vous ne m’avez même pas regardée !

Qu’est-ce qui te passionne le plus dans la vie ? Et que détestes-tu le plus ?

Et bien, ce qui me passionne le plus… c’est mon homme ! Cela fait plus de huit ans que l’on est ensemble, deux que l’on s’est mariés. A quinze ans, j’ai dit à ma mère « maman, c’est l’homme de ma vie » ! J’aime ma tranquillité de vie avec mon chien, mon chez-moi, et je suis clairement très chanceuse. J’ai eu une situation propice pour me lancer, j’avais vingt ans, quelques sous de côtés…

Je suis vraiment très positive, et je ne pourrais pas dire ce que je déteste le plus dans ma vie ! Dans mon métier en revanche… c’est mon stress ! Lorsqu’une cliente est insatisfaite, lorsqu’un bijou s’est cassé pendant le transport par exemple, je le prends très à cœur. Mon métier est aussi ma passion, et c’est d’autant plus propice à nous affecter personnellement. Mais ce qui est agréable, c’est que les rares retours négatifs ne sont jamais méchants, parce que de notre côté, en tant que créateur, on fait tout pour être agréables, et cela rend naturellement les gens plus gentils.

Qu’envisages-tu pour la suite ?

Je suis plus à vivre au jour le jour, et je n’ai pas trop de projets. Je ne cherche pas à vendre absolument. Les projets viennent au fur et à mesure, je les laisse venir pour le moment. Si jamais cela marchait moins bien ou si je sens que je suis moins passionnée par mon métier, alors je rebondirai, comme je rebondirai sur des opportunités qui se présentent ! Un entrepreneur te dirait qu’il faut investir et faire tout autrement, mais c’est la manière qui me correspond et cela marche pour moi, et c’est l’essentiel !

Ni Oui Ninouche sera à Strasbourg le 11 Juin prochain pour le Salon Digital Game Manga Show 2017 !

Interview réalisée par Hélène MONNIER

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