La Croix Rouge et le Croissant Rouge en action

Connue de tous, la Croix Rouge représente, avec le Croissant Rouge, l’organisation humanitaire la plus importante au monde. À l’occasion d’un cycle de conférences organisé par la Croix Rouge Française à Lille, Jollies Magazine décide de vous expliquer plus en détails l’histoire et les actions de cette organisation majeure.

Tout commence en 1859…

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Henri Dunant @wikipédia

Effectivement, la Croix Rouge que nous connaissons aujourd’hui est le fruit de l’initiative d’un seul homme : Henri Dunant. Profondément choqué par la bataille de Solférino qui fait rage à la fin des années 1850, il souhaite créer un mouvement international qui permettrait d’aider et de protéger les victimes, qui soignerait sans discrimination les blessés, peu importe les camps et les origines. Ce qu’il veut c’est une protection totale des victimes sans aucune forme de discrimination. Il pose là les bases de la Croix Rouge.

Pour commencer, il va présenter dans Un souvenir de Solférino, publié peu après la bataille, deux propositions fondatrices du Droit Humanitaire moderne. Tout d’abord, il souhaite la neutralisation des services militaires et sanitaires sur le champ de bataille. Ensuite, il aimerait créer une organisation permanente afin d’assurer l’assistance aux blessés de guerre. Cela aboutit en 1863 avec la création du CICR (Comité International de la Croix Rouge) et la signature de la Première Convention de Genève par seize États. Celle-ci instaure des règles d’humanité qui ont pour but le respect de l’être humain et de sa dignité en temps de guerre. La croix rouge sur fond blanc devient l’emblème des comités de secours dans chaque pays.

Seulement, c’était sans compter sur les réclamations de certains états comme la Turquie, la Perse ou l’Égypte qui refusent ce symbole pour des raisons notamment religieuses. Ainsi, sont reconnus les signes du Croissant Rouge en 1876 et du Lion-et-soleil en 1929. En 2005, on voit apparaitre le signe du cristal rouge sur fond blanc qui est marqué par une absence de toute connotation religieuse ou politique. Ces emblèmes sont une protection pour toute personne qui a besoin d’aide ou qui la donne afin d’assurer un apport en soin en toute neutralité. C’est aussi une indication pour signifier qu’une personne appartient ou non au Mouvement International de la Croix Rouge.

Les conventions de Genève, maintenant au nombre de quatre, ne cessent de faire évoluer le Droit Humanitaire International (DIH) qui doit s’adapter aux nouvelles méthodes pour faire la guerre. Elles ont aussi évolué afin de protéger la totalité des victimes des conflits armées c’est-à-dire les malades et les blessés des forces armées en campagne, les malades et blessés et naufragés dans les forces armées sur mer, les prisonniers de guerre et pour finir, les populations civiles. Elles sont complétées par deux protocoles qui datent de 1977 afin de protéger les victimes des conflits armés internationaux ou non.

En 2016, on compte 190 sociétés nationales qui adhèrent au mouvement international de la Croix Rouge et du Croissant Rouge.

…et s’appuie sur le respect de 7 principes. 

En effet, pour maintenir une cohésion internationale du mouvement, il était nécessaire de mettre en place des principes au rayonnement universel:

  • Humanité : porter secours sans discrimination à toute personne qui en a besoin afin de prévenir et d’alléger ses souffrances dans le respect le plus fondamental de l’être humain . C’est la mission majeure du mouvement.
  • Impartialité : refuser toute distinction de nationalité, de race, de religion, de condition sociale ou encore d’appartenance politique.
  • Neutralité : s’abstenir de toute forme de participation aux hostilités pour préserver la confiance de tous.
  • Indépendance : préserver l’indépendance du mouvement afin de suivre les sept principes du Mouvement International de la Croix Rouge
  • Volontariat : le Mouvement est volontaire et désintéressé
  • Unité : une seule société de la Croix Rouge ou du Croissant Rouge dans un pays
  • Universalité : toutes les sociétés nationales ont des droits égaux et le devoir de s’entraider au sein de ce mouvement universel
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Les 7 principes @La Croix-Rouge Française

Le Droit International Humanitaire (DIH) et la conduite des hostilités

Ce sujet de la seconde conférence présentée par Eric Steinmyller, commissaire en chef de la marine, consultant et formateur en droit international humanitaire et sécurité maritime et Caroline Brandao, responsable de la diffusion du Droit International Humanitaire nous a permis de noter le rapport étroit entre le droit international militaire et le déroulement des conflits.

Ce droit international d’un point de vue militaire et dans le cas de situation armée a deux objectifs. Tout d’abord, protéger les personnes qui ne combattent pas (civils, personnel médical, personnel religieux) ou ne combattent plus (blessés, naufragés, malades, prisonniers). Ensuite, il a pour but de limiter les moyens et les méthodes de combat.

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Bénévole du CICR qui aide des familles déplacées après un massacre au Nord-Kivu en RDC @wikipédia

Ce droit est assez particulier d’un point de vue éthique et juridique car il autorise le fait de combattre, de neutraliser et de tuer. Il est sous le mandat du CICR et non de la Croix Rouge.

La conduite des hostilités répond à un principe d’affaiblissement de l’ennemi mais tous les moyens ne sont pas disponibles. En effet, les méthodes et les armes sont limitées et contrôlées mais le droit militaire doit tout même s’adapter régulièrement aux nouvelles technologies que l’on met à disposition de la guerre. Également, il est nécessaire de savoir trouver un équilibre entre les nécessités et les restrictions militaires quand on veut limiter les moyens de combat. Il y a une interdiction générale qui vise à ne pas causer de maux superflus aux victimes ni à aggraver inutilement leur souffrance.

Le DIH va donc protéger les civils. Dans certains cas, les civils prennent les armes pour faire justice eux-mêmes. Ils perdent alors leur protection et risquent une poursuite pénale. Ils vont aussi recevoir le même traitement que les combattants puisqu’ils prennent part aux hostilités. D’autres catégories peuvent aussi poser problème dans l’application de ce droit. C’est le cas des enfants soldats qui sont une réalité de la guerre mais qui provoquent chez l’opposant une réticence légitime à combattre. Si les différentes unités sur place (militaires, sanitaires, etc) parviennent à « capturer » un enfant soldat, il est ensuite placé sous le mandat de l’UNICEF afin d’être éduquer et de le réadapter à un monde sans violence. Autre catégorie qui pose problème : les sociétés privées de sécurité qui sont des civils qui prennent les armes avec des mandats particuliers.

Aussi, ce Droit Humanitaire International oblige les militaires à respecter un principe de proportionnalité. Ils sont dans l’obligation de s’abstenir de lancer une attaque dont on peut attendre qu’elle causera incidemment des pertes et des dommages civils qui seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu. Il faut alors annuler une attaque décidée ou interrompre une attaque en cours si les pertes et les dommages collatéraux s’avèrent excessifs.

Le DIH ne protège pas que les êtres humains. En effet, on place aussi sous sa protection les biens culturels, les biens contenant des forces dangereuses, ceux indispensables la survie de la population civile et l’environnement naturel. Dans le cas des biens culturels (sujet de la troisième conférence présentée par Benjamin Goes, quatrième président du comité intergouvernemental pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé), il y a trois types de protections. Tout d’abord, la protection générale qui est le minimum en matière de protection : les biens sont placés sous le signe distinctif du bouclier bleu. Ensuite, il y a la protection spéciale, qui concerne seulement des biens qui remplissent des conditions très précises : seul «  un nombre restreint de refuges destinés à abriter des biens culturels meubles en cas de conflit armé, de centres monumentaux et d’autres biens culturels immeubles de très haute importance » ont droit à ce type de protection. La dernière protection est la protection dite renforcée qui concerne le patrimoine culturel qui revêt la plus haute importance pour l’humanité. Le DIH couvre donc une large gamme de personnes et objets à protéger.

Le Mouvement International de la Croix Rouge et du Croissant Rouge ne cesse depuis les années 1860 de parfaire ses règles en matière de protection des civils, des militaires et des biens à travers les quatre conventions de Genève et aussi au travers du CICR ou encore de la Fédération Internationale des Sociétés de de la Croix Rouge et du Croissant Rouge. Ensemble, ces différentes institutions tentent de prévenir, protéger, soigner, dans un souci constant d’impartialité et de neutralité. Elles tentent également de faire face aux nouveaux défis qui s’imposent à elles avec l’évolution des mentalités et de la technologie.

Jollies espère vous avoir sensibilisé au Mouvement International de la Croix Rouge et du Croissant Rouge. Si vous souhaitez participer aux actions internationales ou nationales de la Croix Rouge, rendez-vous directement sur le site en cliquant ici.

Également, comme nous le disions plus tôt, un cycle de conférence est mis en place à Lille jusque mars. Il reste encore deux conférences : si vous souhaitez y assister, cliquez ici pour vous inscrire.

La première se tiendra le 28 Février de 18h30 à 20h et portera sur l’action humanitaire de la Croix  Rouge et du Croissant Rouge. La seconde évoquera les nouveaux défis du Droit International Humanitaire et se tiendra aussi de 18h30 à 20h. Tous les détails sont sur le lien d’inscription.

Alix LOYER

Image en une : @wikipédia

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3 réflexions sur “La Croix Rouge et le Croissant Rouge en action

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