5 classiques toujours aussi actuels

Qu’on les ait aimés ou détestés, dévorés, ou à peine grignotés, les « classiques », ces livres écrits il y a fort fort longtemps, dans des pays pas toujours si lointains, ont accompagné notre scolarité. La dénomination elle-même est rebutante pour beaucoup, et c’est bien souvent avec joie que les lycéens que nous étions ont délaissé ces livres ou les ont revendus. Et si Victor Hugo, Balzac, et même Molière et Racine pouvaient encore se faire entendre aujourd’hui ? Et si ce qu’ils disaient (jadis !) n’était pas si démodé que ça ? Jollies vous propose de vous faire (re)découvrir cinq classiques toujours d’actualité.

  1. Les Misérables ou la reconnaissance des opprimés

Victor Hugo, en plus d’être un grand écrivain, était aussi très engagé politiquement, et cela se voit dans ses écrits, de manière de plus en plus nette. Avec Les Misérables, il consacre la reconnaissance des plus petits et des plus pauvres dans un immense récit qui fait paraître avec clairvoyance la frontière trouble entre le bien et le mal.

Et aujourd’hui alors ? Ces « misérables », ce peuple qui proteste, sort dans la rue et construit des barricades, n’existe-t-il pas encore ? Il semble évident que si. Et on le voit dans le vote croissant pour les extrêmes, dans les manifestations et les mouvements de réaction et de contestation.

Victor Hugo soulève une autre problématique : celle de la rédemption. Nous vivons dans une société qui a du mal à pardonner, et l’application des peines est un débat continu. Jean Valjean réinterroge la problématique épineuse de la purgation d’une faute et de sa justification, parfois plusieurs années après que la faute a été commise.

Un roman à relire, donc, et à savourer, car il est composé de deux tomes de quelque mille pages !

  1. La Peau de Chagrin ou la métaphore du désir insatisfait

S’il est un auteur qui a su peindre l’ambition dans tout ce qu’elle a de plus blâmable et de plus sombre, c’est bien Balzac. Les ambitieux sont nombreux chez cet auteur réaliste : Eugène Rastignac, Raphaël de Valentin… C’est ce dernier qui est mis en scène dans La Peau de Chagrin. Un jeune homme qui vend son âme au diable en acquérant une peau qui se réduit au fur et à mesure qu’il exprime des désirs. Or sa vie est liée à la peau, et il s’éteindra le jour où la peau disparaîtra.

Balzac met en exergue les dangers du désir et l’impasse dans laquelle se trouve l’homme qui s’y aliène. Il reprend le motif du Faust de Goethe et y insère une modernité étonnante, même de nos jours.

  1. L’Avare ou le radin du XVIIe siècle

radin

Qui n’a pas ri en lisant ou en voyant cette fameuse pièce de Molière ? Nous vous mettons au défi de répondre « moi ! ». Et il faut bien avouer qu’Harpagon nous a forcément fait penser à quelqu’un dans notre entourage. Soyons honnête, on en connaît tous un, un radin ! Tant et si bien que Fred Cavayé en a fait un film sorti l’année dernière.

Au-delà de cette « œuvre » cinématographique contestable, il est vrai qu’Harpagon ressemble à certains de nos contemporains. C’est d’ailleurs le cas pour beaucoup de héros de Molière, dont les traits de caractère se retrouvent aujourd’hui.

À lire pour se payer une bonne tranche de rigolade, et, pourquoi pas (parce que c’est humain) médire un peu sur nos connaissances.

  1. Les Mains sales ou la naissance du terrorisme

sartre

Sartre, c’est l’engagement, le communisme, l’existentialisme. Il a écrit pendant la Seconde Guerre mondiale, dans l’après-guerre, a créé des journaux, des revues, a été ce que l’on appelle un intellectuel : un auteur et un philosophe, doublé d’un homme politique. Vous nous direz que le XXe siècle n’est pas si loin, que des gens sont encore là pour parler de la guerre. Pourtant, des livres de cette époque sont « datés », dépassés, obsolètes.

Ce n’est pas le cas des Mains sales. Dans cette pièce de théâtre, Sartre met en scène un jeune homme qui sort de prison après avoir purgé une peine pour tentative d’attentat. Bien qu’il ait payé pour tous ses compagnons, il a été rejeté par le groupe, et il est considéré comme un traître.

Le philosophe existentialiste soulève le problème de l’appartenance à un groupe, de la fédération par l’idéologie, et des dissidences au sein-même d’un parti, d’une organisation. Il pose également la question de la fidélité à un mouvement. Des enjeux extrêmement actuels dans un contexte de lutte contre le terrorisme et la radicalisation.

  1. La Confession d’un enfant du siècle ou la difficulté d’être jeune

L’expression « le mal du siècle » est apparue au XIXe siècle, mais le trouble qu’elle décrit existait bien avant, et existe toujours. Quelque soit l’époque, il est difficile d’être jeune, de faire partie de cette nouvelle génération en qui on place des attentes et des espoirs entretenus depuis des générations.

Musset décrit le sentiment de se trouver sur un bateau entre deux rives, dans un épais brouillard. Ce ressenti des nouvelles générations n’est sans doute pas lié à l’époque mais à la génération elle-même, et il est presque fascinant de constater que ce que vivait un auteur « vieux » de deux siècles et devenu célèbre peut encore être vécu aujourd’hui.

Alors non, La Confession d’un enfant du siècle n’est pas destinée uniquement aux étudiants en lettres, ou aux élèves de Première. Musset, c’est un peu chacun de nous, et qui sait ? Peut-être serez-vous aussi un grand auteur lu par les étudiants dans deux siècles.

Mathilde BERG

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