Fast fashion, prêt-à-porter, haute-couture, c’est quoi ?

S’il y a bien des expressions qui reviennent souvent quand on parle de mode, ce sont celles-ci : fast fashion, prêt-à-porter (ou ready-to-wear en anglais) et haute-couture. Trois termes indispensables à votre vocabulaire mode et pourtant leur signification n’est pas toujours très claire. Jollies Magazine a décidé de tout vous expliquer !

La haute-couture, c’est pour qui ?

La haute-couture regroupe toutes les pièces de créateurs, réalisées sur-mesure dans les ateliers des grandes maisons de luxe. S’acheter de la haute-couture, c’est s’assurer un vêtement unique et original… Pas forcément abordable ! Ces pièces coûtent beaucoup plus cher que le prêt-à-porter puisqu’elles sont entièrement faites main avec des matériaux nobles et nécessitent énormément de travail.

Attention cependant, tous les stylistes ne peuvent pas produire de collections haute-couture. Originellement introduit en 1945 pour contrer les rationnements économiques auxquels la mode était soumise, le label « haute-couture » – gage de qualité – persiste depuis en France. Aujourd’hui, seules les maisons de mode qui reçoivent ce label par le ministre de l’Industrie peuvent défiler à la fashion week haute-couture, qui a lieu deux fois par an à Paris (et seulement à Paris !). Le gouvernement dispose même de son site pour tout expliquer, juste ici.

Aujourd’hui, elles sont quatorze à détenir le précieux label « haute-couture » et pour l’obtenir, les critères sont stricts. Parmi eux : toutes les créations doivent être faites main et réalisées dans des ateliers – qui embauchent au minimum vingt personnes – de la maison de couture ou encore défiler deux fois par an avec au minimum vingt-cinq modèles par collection. Ce label n’est valable qu’un an et il faut en refaire la demande chaque année pour le conserver. Seules les maisons Adeline ANDRE, Alexis MABILLE, Bouchra JARRAR, CHANEL, Christian DIOR, Franck SORBIER, Giambattista VALLI, GIVENCHY, Jean-Paul GAULTIER, Maison Martin MARGIELA, Maurizio GALANTE, Stéphane ROLLAND, Alexandre VAUTHIER et Yiqing YIN, depuis décembre 2015, ont obtenu le précieux sésame.

En plus des quatorze membres permanents, il existe des membres correspondants et des membres invités. Depuis 1997, certaines maisons de coutures étrangères – les membres correspondants –  sont invitées à la fashion week haute-couture de Paris et utilisent le label « couture ». Parmi eux, Elie Saab, Giorgio Armani, Versace ou encore Valentino. Enfin, les membres invités existent depuis 1998. Cela permet à des marques peu connues, telles que Iris Van Herpen, Schiaparelli ou Ralph & Russo, de défiler pendant la fashion week haute-couture dans des lieux moins connus que les maisons haute-couture. C’est seulement après quatre ans, où ils défilent régulièrement, que les membres invités peuvent demander à rejoindre le club select des membres permanents.

Aujourd’hui, la plupart des grandes maisons de luxe telles que Chanel, Jean-Paul Gaultier ou Maison Martin Margiela – qui ont une collection haute-couture – proposent également une collection de prêt-à-porter, s’assurant une plus large clientèle et des revenus plus importants.

Le prêt-à-porter, c’est quoi ?

S’il n’y avait qu’un seul terme à retenir, ce serait celui-ci. Omniprésent, c’est celui qu’on rencontre le plus souvent. Il faut différencier le prêt-à-porter des grandes maisons de luxe et le prêt-à-porter des enseignes connues telles que Zara, H&M ou encore Mango.

Ces deux catégories ont un point commun : la production de vêtements disponibles immédiatement, dans des tailles standards, fabriqués (très souvent) industriellement et dans des matériaux loin d’être nobles.

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D’abord, il y a le prêt-à-porter des grandes enseignes abordables, dans lesquelles la grande majorité des clients fait ses achats. Ce sont eux qui proposent des vêtements à bas prix, en théorie il y a deux grandes collections : printemps/été et automne/hiver. Mais en pratique, le prêt-à-porter se renouvelle beaucoup plus rapidement, allant même parfois jusqu’à douze collections par an et c’est ce qu’on appelle le fast fashion.

Vient enfin le prêt-à-porter des maisons de luxe telles que Balmain, Yves Saint Laurent ou encore Guerlain. Elles proposent des collections, plus accessibles que la haute-couture puisque les vêtements ne sont pas fait sur-mesure, ni à la main. Les maisons défilent deux fois par an, pour chaque saison (printemps/été et automne/hiver), lors des fashion week de Paris, New York, Londres et Milan. Mais attention, ces défilés n’ont pas lieu la même semaine que ceux de la haute-couture parisienne.

Et le fast fashion dans tout ça ?

Karl-Marx-Allee (Berlin)

Le fast fashion, c’est le système du prêt-à-porter de grande distribution… En accéléré ! Dans un monde où on se lasse de plus en plus rapidement et où la consommation est en baisse, la mode redouble d’efforts pour pousser à l’achat. Désormais, certaines marques n’hésitent plus à renouveler leurs collections toutes les deux à trois semaines – et à rentrer de nouvelles pièces tous les jours – obligeant le consommateur à se procurer immédiatement le vêtement qui lui plait, sous peine de le voir disparaître des rayons. C’est notamment le cas d’enseignes comme Primark, Zara ou Promod, où chaque jour des nouveaux vêtements viennent remplir les rayons, poussant les clients à une surconsommation. Les stylistes sont très réactifs et profitent des retours des clients directement auprès des vendeurs en boutique pour améliorer leurs produits et proposer ce qui séduira encore plus la clientèle. L’autre différence notable entre le prêt-à-porter et le fast fashion, c’est l’attente entre la conception de la collection et la mise en rayons, très réduite. Certaines maisons de mode y ont également recours pour booster leurs ventes : comme par exemple Burberry ou Prada. Aussitôt présentés sur les catwalks, aussitôt disponibles dans les points de vente ! Cette nouvelle forme de consommation, vivement critiquée pour son impact écologique et la pollution engendrée, entraîne un gaspillage énorme et faute d’être recyclé, le textile finit parfois à la décharge, en attente d’une seconde vie qui ne vient parfois jamais.

Camille BRONCHART

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