Écolo et citoyen : « Bon & Bien » réinvente la soupe

L’hiver commence à s’installer en France (et en particulier dans le Nord), et c’est bien souvent transis de froid que nous rentrons chez nous le soir. Une bonne soupe serait alors souvent la bienvenue, mais les obstacles à sa réalisation sont nombreux : manque de temps, absence de matériel, légumes de piètre qualité… Quant aux soupes en brique, le goût n’est pas toujours au rendez-vous, et l’on se surprend à regretter les soupes de maman et mamie. Et si on vous disait que dans plusieurs supermarchés du Nord, vous pouvez trouver des soupes savoureuses, saines, éthiques, et en plus à un prix abordable ?

soupes

C’est en effet le concept qui a été lancé en 2014 par Bon & Bien. Cette industrie, née de la collaboration entre McCain (la fameuse marque de pommes de terre surgelées), Thomas Pocher, le directeur des magasins Leclerc de Templeuve et Wattrelos, et Randstat, une agence néerlandaise spécialisée dans l’intérim et les ressources humaines. L’initiative met en relation de nombreux groupes locaux. Ainsi, McCain se fournit en pommes de terre auprès du GAPPI (Groupe d’agriculteurs producteurs de pommes de terre pour l’industrie), et Bon & Bien travaille en partenariat avec la Banque alimentaire (organisme qui récolte et revend à bas prix de la nourriture pour les plus défavorisés).

Un impact social et sociétal

Le principe est simple : l’industrie récolte des légumes invendables directement auprès des producteurs, et les transforme dans un atelier localisé à Templeuve. Les six ouvriers de cet atelier sont des chômeurs de longue durée et en réinsertion professionnelle, qui sont formés par Bon & Bien pendant douze mois afin d’obtenir un CQP (Certificat de qualification professionnelle). Ils sont ensuite accompagnés dans la recherche d’un emploi, le but étant de décrocher un contrat à l’issue de leur formation.

 

Ainsi, le concept de Bon & Bien a deux objectifs : un objectif social, encadrer de chômeurs longue durée ; et un objectif sociétal, lutter contre le gaspillage alimentaire.

C’est en effet le deuxième aspect important de l’industrie. En effet, les légumes utilisés pour les soupes sont des produits jugés invendables car ils sont abîmés, peu attrayants ou mal calibrés. Ces vilains petits canards sont normalement jetés afin de faire du compost. Mais la formation de ce terreau naturel prend du temps et de l’espace. De plus, l’utilisation massive d’eau et de terres nécessaires pour produire tous ces légumes finalement jetés est bien loin d’être rentabilisée. Bon & Bien intervient alors en collectant les légumes directement sur leurs sites de production, et en les achetant à des prix intéressants pour les agriculteurs. On évite alors le gaspillage et les producteurs sont rémunérés.

Des produits de qualité

Autre aspect important, ces soupes sont qualitatives et bonnes autant pour nos papilles que pour notre santé. Les recettes sont élaborées par deux chefs, Clément Marot et Maxime Schelstraete. Leur dernière composition ? La soupe carotte-coriandre, qu’ils recommandent pour accompagner des noix de Saint-Jacques. Leur ambition est de remettre la soupe au goût du jour, et la proposer comme composante d’un repas complet et équilibré.

Composés à 100% de légumes frais, les produits Bon & Bien sont stérilisés, comme la nourriture pour bébés, et mis en bouteille pour une conservation optimale.

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Evidemment, tous ces bienfaits ont un coût. « Les soupes Bon & Bien sont vendues à des prix moyens. Ce n’est pas du premier prix car la production coûte plus cher que dans une industrie classique. Et puis on ne veut pas véhiculer l’idée de “vieux légumes moches”. Mais ce n’est pas non plus un produit extrêmement cher » explique Michaël Mottet, le directeur de site de l’industrie.

Une entreprise autonome bénéfique pour tous

« Bon & Bien est une industrie et non une association » insiste Michaël Mottet. « Les ouvriers sont rémunérés pour le travail fourni, et les bénéfices des ventes sont reversés directement dans la société. » Il précise également que Bon & Bien n’est pas une marque Leclerc, mas une marque à part entière. L’entreprise est d’ailleurs en pleine prospection pour élargir son champ de distribution. Des contrats avec Auchan ont été signés, des négociations avec Carrefour sont en cours et on peut même retrouver la marque dans certaines enseignes de RDH (Restauration hors domicile) comme So Good. Tout cela dans le Nord pour le moment, mais Bon & Bien commence à s’implanter en région parisienne dans les restaurants d’entreprises.

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Par ailleurs, « tout le monde retire des bénéfices de ce concept ». En effet, les premiers bénéficiaires sont les chômeurs qui retrouvent un emploi. Les producteurs gagnent également au change, en vendant des légumes qu’ils auraient été obligés de jeter. Quant au consommateur, il n’est pas le dernier servi : il profite de produits goûteux, sains et éthiques. Il devient un « consommacteur » pour reprendre le terme utilisé par Michaël Mottet : il participe activement à ce cercle vertueux et consomme en conscience.

Et si c’était ça, le commerce qui profite à tous ?

Mathilde BERG

Crédit photos : BON et Bien

 

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3 réflexions sur “Écolo et citoyen : « Bon & Bien » réinvente la soupe

  1. Bon et bien
    Tres intéressant , j’adhère . C’est vrai, on peut aller vers une économie plus respectueuse des produits de la nature et en plus créer des emplois et réaliser des soupes qui plaisent. J’aime bien la clarté et la fluidité de cet article, bravo

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