Les soutiens de Clinton peuvent-ils lui faire gagner la bataille ?

Du 25 au 28 juillet s’est tenue la convention démocrate à Philadelphie qui a officiellement nominé Hillary Clinton candidate démocrate à la présidentielle américaine de novembre. Quelques jours après la convention républicaine qui a montré les énormes divisions au sein du parti et la difficulté pour Trump de rassembler des soutiens autres que sa propre famille, la convention démocrate montre qu’Hillary Clinton a plus d’atouts. En effet, même si Clinton ne fait pas non plus l’unanimité au sein des partisans démocrates, et des Américains en général, elle a su s’entourer de supporters très puissants : Michelle et Barack Obama, son mari et ancien président Bill Clinton, son ancien rival Bernie Sanders, et son colistier Tim Kaine, inconnu du grand public mais sans histoire. Alors, comment ces soutiens sont venus appuyer la candidature d’Hillary Clinton ?

Alors que le discours dont on a le plus parlé pendant la convention républicaine est le copié/collé du discours de Michelle Obama délivré par Melania Trump, la femme du milliardaire-candidat, chaque hôte démocrate s’est démarqué en délivrant des discours puissants ou en prenant des positions bien définies.

Michelle Obama
@lalibre

Michelle Obama a insisté sur les enfants, la famille étant clé aux Etats-Unis, surtout lors d’élection. Les enfants sont l’avenir de la nation, Michelle Obama insista donc sur le fait que cette élection est à propos d’eux, non des électeurs eux-mêmes. Chelsea Clinton fit écho à ce discours en parlant de sa « maman », ne citant le nom d’Hillary Clinton qu’à la fin. Bill Clinton a lui aussi décrit sa femme en parlant de son caractère, de sa proximité avec les gens. Hillary Clinton a effectivement été accusée d’être trop froide, de ne jamais sourire et d’être très distante. Barack Obama a insisté sur son expérience de First Lady (de 1993 à 2001), de sénatrice de l’Etat de New York de 2001 à 2009 et enfin de Secrétaire d’Etat de 2009 à 2013. Alors que beaucoup lui ont reproché d’être une figure récurrente de la vie politique américaine, Obama a insisté sur la ténacité d’Hillary, sur sa volonté de servir son pays. Bernie Sanders a quant à lui mis en garde ses supporters contre une présidence de  Trump et a appelé à l’unité.

Ce qui ressort de ces discours est un certain « contenu ». Tous ont délivré des discours passionnés, ils ont défendu leur candidate, en démontrant son expérience, ainsi que la leur. Ils ont su prouver, grâce à des exemples glanés au cours de leur carrière politique, que Trump n’est pas la solution aux problèmes de l’Amérique, décrit par des journalistes ou politologues, ainsi que par d’autres politiciens, comme quelqu’un de brutal, haineux et inculte. Il ne limite aucunement ses propos, ne parait pas capable de se contrôler, clame des mensonges et n’admet pas qu’il puisse s’être trompé. Il insulte également la plupart des gens, de ses anciens rivaux lors de la primaire aux parents d’un soldat américain musulman tombé en Irak.

Khizr Khan speaks during the last night of the Democratic National Convention in Philadelphia
@huffingtonpost Les parents du Capitain Khan, l’un des 14 soldats américains musulmans tombés après le 11 Septembre

Comme l’a affirmé Michelle Obama dans son discours, cette élection n’est donc pas simplement une question de parti politique, il ne s’agit pas de voter pour les Démocrates ou pour les Républicains, mais de choisir une personne plutôt que l’autre. Même s’il s’agit toujours un peu de voter pour un personnage public, ici les personnages sont aux antipodes l’un de l’autre. La Première Dame appelle à réfléchir, à ne pas voter par habitude, républicain ou démocrate, mais à étudier les deux candidats, leurs idées et leurs compétences. Il s’agit en fait plus de compétences et de valeurs qu’autre chose. Trump promet la division et l’exclusion, Clinton joue sur la coopération et l’unité, au sein du pays aussi bien qu’en dehors. Cette élection a une portée bien plus grande que ne se l’imaginent bon nombre d’Américains, car elle pourrait bousculer l’ordre mondial, comme le souligne Bill Clinton « The world is watching ». Trump menace de sortir de l’OTAN et de s’allier à Poutine, quand Clinton promet d’entretenir de bonnes relations avec ses alliés et de continuer une politique étrangère active.

Par conséquent, le choix de chaque électeur doit être altruiste. De nombreuses personnalités au sein-même du parti républicain appellent clairement à voter Clinton. Parallèlement, Michelle Obama demande aux Américains de penser à l’avenir, à leurs enfants et à l’avenir de leurs enfants qui dépend du résultat des élections. Il ne faut pas voter par réaction, il faut voter intelligemment, tel est le mot d’ordre au sein du parti démocrate. Bernie Sanders est un symbole de cette nouvelle unité, de ce front qui se forme petit à petit pour contrer Trump. Sanders, perdant de la primaire démocrate, dont la candidature aurait été sabotée par le parti, n’est pas rancunier et appelle à l’unité de ses supporters. Il sait que ses idées peuvent être entendues par Clinton, qui a d’ailleurs tenu à le remercier et a incité les Américains à réfléchir et à agir pour soutenir les causes défendues par Sanders lors de sa campagne.

Barack Obama et Bill Clinton décrivent la personnalité d’Hillary Clinton, son abnégation, sa ténacité et surtout sa volonté de servir son pays. Chelsea Clinton fait également référence à cette volonté de servir, qui est selon elle l’une des forces et l’un des moteurs de la vie de sa mère. Hillary Clinton, souvent décrite comme froide et distante, apparait ici comme quelqu’un de déterminé à aider les autres, quelqu’un qui a fait de sa carrière et de sa vie une lutte pour améliorer son pays et la vie de ses compatriotes. Elle n’est pas issue d’une grande famille, elle se décrit elle-même comme quelqu’un de simple, ayant eu des parents et des grands-parents qui l’ont inspirée, lui ont inculqué des valeurs universelles comme l’honnêteté, le travail et l’intégrité. Cette campagne est aussi différente car Hillary Clinton est la première femme à être désignée candidate à la Présidentielle d’un grand parti américain. Huit ans plus tôt, Obama devenait le premier Afro-Américain à être désigné candidat démocrate à la Présidentielle puis à être élu Président des Etats-Unis. Reste à savoir si les Démocrates peuvent à nouveau entrer dans l’Histoire et faire avancer symboliquement l’égalité dans leur pays mais aussi dans le monde.

La carrière de Clinton est utilisée comme argument de ses compétences pour être élue au poste suprême. Trump à l’inverse est un businessman, vivement critiqué par Obama pour avoir refusé de payer certaines dettes et pour avoir contribuer à la faillite de petits entrepreneurs américains. Trump est décrit comme égoïste, ce qui n’est pas du tout compatible avec le fait d’être un bon Président. Il n’a aucune expérience en politique et pas de programme défini. Mais il sait parler, il sait convaincre bon nombre d’électeur sans avoir à sortir le moindre argument. Il se sert de la peur pour gagner des voix, il divise les Américains en espérant convaincre le plus grand nombre. A cela, les supporters de Clinton opposent l’unité, l’amour de leur pays, leur fierté de servir un pays symbole de diversité. Ils n’ont pas de propos violents, ils utilisent des arguments, des exemples concrets et variés. Ils opposent la haine à l’intelligence.

Les Obamas, Bernie Sanders, Bill et Chelsea Clinton, Time Kaine ainsi que de nombreuses personnalités, de Meryl Streep à George Clooney et de Pharell Williams à Elton John, soutiennent Hillary Clinton, pour l’avenir des Etats-Unis, celui de leurs enfants, pour plus d’égalité, pour continuer à vivre dans un pays qu’ils adorent et dont ils sont fiers. Hillary Clinton ne semble pas conquérir le cœur des Américains, mais ses valeurs sont partagées par bon nombre d’entre eux. Ses soutiens sont puissants et populaires. Face à un candidat qui s’enfonce et qui arrive même à décevoir des soutiens historiques du camp républicain (des vétérans et des militaires s’insurgent après les moqueries contre John McCain, prisonnier au Vietnam et les insultes contre les parents du Capitaine Khan, mort en Irak) , Clinton apparaît définitivement comme l’unique vote possible pour garder l’Amérique telle que nous la connaissons.

J.C.

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