Les Thaïlandais et le plastique, unis pour le meilleur et pour le pire

En juin dernier, une baleine et une tortue sont mortes sur les côtes thaïlandaises après avoir ingurgité trop de sacs plastiques. Avec la Chine, l’Indonésie, les Philippines et le Vietnam, la Thaïlande est l’un des plus gros pollueurs de plastique au monde selon l’ONG Ocean Conservancy. À eux cinq, ils déversent plus de la moitié des déchets plastiques rejetés dans les océans. Et pour cause, les Thaïlandais utilisent en moyenne huit sacs plastiques par jour.

Dès le réveil, les Thaïlandais déjeunent dans la rue. Là, le choix est immense : acheter une barre de céréales ou un hamburger à la supérette – les deux forcément enrobés de plastique –, commander des fruits découpés dans une gargote – toujours présentés dans deux sacs plastifiés –  ou encore un plat  dans une boîte en polystyrène ou dans des sacs plastiques translucides.

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Matin, déjeuner ou dîner : les Thaïlandais achètent souvent des plats à emporter dans la rue.

En accompagnement, les Thaïlandais sont habitués à apporter des boissons glacées au travail. Café, thé ou encore chocolat : le commerçant introduit le mélange dans un verre orné d’un couvercle, d’une paille et d’une anse, le tout en plastique.

Le midi, si certains prennent un repas à emporter et utilisent encore divers accessoires fabriqués à base de polymères, d’autres mangent dans des cantines. Là, les assiettes, verres et couverts sont prêtés puis lavés par les commerçants. Seuls ceux qui commandent des boissons et boivent avec une paille, consomment du plastique. Une nécessité quand le commerce ne propose pas de bidon d’eau filtrée,  l’eau du robinet n’étant pas potable.

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Dès le début du service de midi, la poubelle de bouteilles en plastique se remplit

Boire à la paille est une véritable coutume en Thaïlande puisque toucher son verre avec les lèvres est considéré comme sale. «Si la paille en plastique n’est elle-même pas déjà enrobée de plastique, les clients peuvent penser qu’elle a déjà été utilisée. Le plastique est synonyme de propreté, c’est pourquoi les pailles réutilisables auraient du mal à être acceptées» se désole Gob, une restauratrice domiciliée à Bangkok. La jeune femme a peiné à trouver des pailles réutilisables, qu’elles soient en bambou, en acier ou encore compostables.

A Bangkok, les rues sont jonchées de gargotes aux odeurs de pad-thaï, de riz au curry ou encore de viande grillée. Les prix sont aussi avantageux que dans les magasins et chaque établissement est ‘spécialisé’ dans un type de plat. Les mères thaïlandaises n’ont pas l’habitude de cuisiner le soir. Elles rapportent le dîner à la maison dans des boites ou dans des sacs plastiques.

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Le scooter d’un vendeur de fruits ambulant

Lorsque l’on sait que les Thaïlandais mangent en moyenne cinq fois par jour, il n’est plus si étonnant étonnant de penser à leur consommation élevée de plastique.

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Dans les stations de métro, plats et encas enrobés de plastique sont proposés aux passants

Des petits magasins ouverts non-stop offrent des encas rapides et divers. Tous les articles – même les bananes – y sont emballés individuellement de plastique. Les vendeurs rangent les courses du client dans une multitude de sacs qu’ils doublent pour éviter qu’ils se cassent, bien qu’ils soient aussi solides qu’en France. Une bouteille de jus d’orange, une brioche et un plat de pâtes par exemple seront rangés dans quatre sacs plastiques.

Lorsqu’ils font leurs courses dans des hypermarchés, les Thaïlandais ne sont pas moins consommateurs. Ceux qui utilisent des cabas réutilisables restent exceptionnels. La plupart amassent les sacs plastiques dans leur caddie. Même une vingtaine.

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Une dame sort de l’hypermarché le caddie bien rempli

La société thaïlandaise s’est développée avec le plastique, pratique et peu cher. Elle n’a pas encore mis en place comme en Europe des mesures destinées à en réduire la consommation. Même des Français expatriés en Thaïlande, pourtant élevés en Europe et conscients des enjeux écologiques, se laissent porter par le mouvement. « Au début j’essayais de faire attention. Mais quand tu vis dans une société où le plastique est partout, tu relativises ta consommation. Tu t’en soucies moins et en utilises davantage ». se confie l’un d’eux, qui souhaite rester anonyme.

 Photo et texte : Léa SURMAIRE

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