Les jeunes d’aujourd’hui, le climat de demain

Ils sont étudiants mais raisonnent déjà comme des professionnels, entre alimentation bio et nanoparticules. Les Pieds sur Terre et Avenir Climatique, deux associations dont la moyenne d’âge n’excède pas 25 ans, sensibilisent les jeunes à la cause qu’ils ont choisi de défendre : le climat.

 « Les élus intègrent l’écologie dans leur programme et les citoyens prennent conscience de l’enjeu, c’est bien. Mais moi quand est-ce que je m’y mets ? » C’est l’introspection qui a conduit Victor Loth, en troisième année de Sciences Politiques à Lille 2, à s’engager au sein des Pieds sur Terre. Cette association créée en 2013 propose aux étudiants des paniers de légumes bios cultivés à quelques kilomètres de Lille par des personnes en réinsertion. Elle attire l’attention des jeunes sur le climat, via des ateliers Tawashi (fabrication d’éponges avec des tissus recyclables) et des projections de films. Pour Lucas, 18 ans, ces actions vont faire évoluer les mentalités : « En remettant l’écologie à plus tard, la situation se dégrade. Dans 50 ans, nos enfants diront que nous savions et n’avons rien fait ». Constat partagé par Juliette Danjou, lovée dans son pull de friperie et fière d’exhiber ses baskets ultra-modernes, mais éco-responsables, avec 40% de caoutchouc naturel. « Le climat concerne le cycle météorologique normalement ordonné. Mais nos modes de consommation dérèglent les phases. Nous le voyons avec la fonte des glaces ou les saisons décalées. Les autres pâtissent de nos actions comme au Bangladesh [selon un rapport de la Banque Mondiale de 2013, le Bangladesh n’est qu’à quelques centimètres au-dessus de la mer]. Quand leur pays n’existera plus, ce sera notre faute ! », s’indigne-t-elle avant d’ajouter « Que ferons-nous des 140 millions de réfugiés climatiques annoncés [par la Banque Mondiale] pour 2050 ? » Alors diffuser des documentaires, pour Juliette, c’est un moyen de toucher et de susciter la curiosité de tous sans entendre « Oh là là encore ces écolos ! »

 « C’est notre génération qui peut agir, et c’est maintenant »

Victor le concède : « Les habitudes de nos parents sont ancrées. C’est difficile pour eux de ne pas prendre de sacs plastiques ». Comme lui, Juliette pense que « s’il y a une chance que les choses changent, c’est notre génération qui peut agir et c’est maintenant ». L’un des moyens : l’éducation. En témoigne le sondage du Refedd[1], dans lequel la sensibilisation et l’éducation pour lutter contre le dérèglement climatique sont vus comme les premiers leviers d’actions pour les étudiants. 73% souhaitent d’ailleurs davantage de temps pour s’informer sur le développement durable sur leur campus. Avenir Climatique, association étudiante qui fait du climat une priorité nationale l’a bien compris : « Les fondateurs, dont Jean-Marc Jancovici, se sont rendu compte que les enjeux énergétiques et climatiques étaient peu ou mal abordés dans l’enseignement supérieur. Nous avons mené des consultations nationales pour faire un état des lieux et des formations d’étudiants pour qu’ils puissent organiser des formations à leur tour. Ces personnes sont encore dans la phase apprentissage, donc avoir un cours sur le climat, cela change tout » affirme Mathieu Farges, l’un des administrateurs. Il explique que « des informations qui sont portées par des ONG ou des associations gagnent fortement en crédibilité lorsque cela est transmis par un professeur. Surtout si l’interlocuteur peut répondre à leurs questions ». Lui par exemple, a « bien plus appris en organisant the Big Conf, une conférence sur la transition énergétique avec des amis grâce à l’association, que durant toute [sa] scolarité. Les enjeux énergie-climat ne sont pas juste un « problème » où il existe des « solutions » de substitution, comme l’était le problème de la couche d’ozone. C’est un enjeu bien plus vaste, lié à la philosophe de la civilisation occidentale, le productivisme, les inégalités ». Il en est sûr, « Nous devons mettre tout le monde en mouvement : les actions individuelles, les entreprises, et les Etats (lois, normes, taxes…) ».

Depuis Avenir Climatique organise une Université d’été, « une semaine de vacances où l’on s’amuse, où l’on teste des actions concrètes en fabriquant des fours solaires, ou en faisant du théâtre d’improvisation » et même l’ACademy, « une année de coaching gratuite pour partager les outils d’éducation au climat ».

En attendant les cours sur le sujet, Juliette s’exclame : « Le climat c’est la vie. La nature s’adapte à nous alors nous devons nous adapter à elle ! »

 

[1] Sondage Refedd (Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable), réalisés entre octobre et décembre 2016 sur 10 500 étudiants inscrits dans un établissement supérieur en France

Image de Une : Pixabay

Marylou CZAPLICKI

Une réflexion sur “Les jeunes d’aujourd’hui, le climat de demain

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