The Promised Neverland: Un futur classique du Shonen

 

Le monde du Shonen (Manga pour jeune garçon) est un monde très codifié et il est rare de trouver des mangas qui arrive à la fois à sortir des sentiers battus et à rencontrer le succès. Ces dernières années ont néanmoins soufflé un vrai vent de fraîcheur dans le monde du Shonen avec des mangas tel que My Hero Academia qui a su ne pas reproduire les erreurs de ses prédécesseurs tout en conservant leur héritage. The Promised Neverland est lui aussi un de ces petits nouveaux aux dents longues dans le monde du Shonen. Alors que le premier tome de The Promised Neverland vient de sortir en France chez Kazé, une présentation de ce futur classique s’impose.

The Promised Neverland est un manga d’horreur écrit par Kaiu Shirai et dessiné par Posuka Demiza, prépublié depuis août 2016 dans le Weekly Shonen Jump et publié en France par Kazé depuis le mois d’avril 2018. La série est aujourd’hui l’une des valeurs sûres du Jump (plus grand magazine de prépublication de Shonen au Japon) où elle est régulièrement dans le top 5 des lecteurs. La série a de même remporté le prix Shogakukan du meilleur Shonen en 2017, prix qu’ont reçu par le passé des mangas tels que Fullmetal alchemist ou Slam Dunk. En octobre 2017 les ventes s’élevaient déjà à 2,1 millions d’exemplaires tandis que Kaze a prévu 100 000 exemplaires du premier tome sur le marché français.

Pour Emma, Ray et Norman le quotidien est tranquille à l’orphelinat de Grace Field House. Le matin les enfants passent une batterie de tests intellectuels et le reste du temps ils peuvent jouer comme bon leur semble dans la propriété de l’orphelinat. Pour les surveiller il y a “Maman”, une femme douce et aimante qui est une vraie mère de substitution pour ces enfants en attente d’adoption. Si l’amour, les rires et la joie sont présents, les enfants doivent tout de même respecter une règle, celle ne pas sortir de l’enceinte de l’établissement. Un soir les aînés vont comprendre que tout n’est pas aussi idyllique qu’il y paraît à Grace Field House et que le sort réservé aux enfants adoptés n’est pas aussi joyeux qu’ils auraient pu le penser. Commence alors une lutte acharnée entre les enfants et celles qu’ils appelaient auparavant “Maman” pour la liberté mais aussi pour la survie.

The Promised Neverland est un mélange entre Prison Break pour les plans d’évasion tous plus inventifs les uns que les autres et Death Note pour les luttes psychologiques acharnées où rien n’est gagné. À la frontière des contes de notre enfance et de l’horreur psychologique de Lovecraft, The Promised Neverland est un récit angoissant où chaque page peut déclencher des sueurs froides chez le lecteur. Le premier chapitre donne bien le ton du manga : l’univers de Promised Neverland n’est pas un univers où la naïveté est permise. Les secrets abondent et la connaissance est le seul moyen de survivre dans ce monde froid et terrible. S’il est difficile de parler du scénario sans gâcher le plaisir de la découverte, le manga enchaîne les twists et les cliffhangers à un rythme soutenu. Les batailles psychologiques font rage et on se retrouve vite à tourner les pages frénétiquement afin de savoir ce qu’il va arriver à nos chers orphelins.

Ici les personnages principaux ne sont pas des adolescents ou des jeunes adultes, nous suivons des enfants dont l’âge ne dépasse pas les 11 ans. Un parti pris scénaristique induisant un fort sentiment d’empathie envers les personnages mais aussi une tension renforcée par des protagonistes emplis de vulnérabilité dans un monde où le moindre faux pas pourrait causer la mort. Les personnages sont de simple enfant sans pouvoir qui doivent simplement compter sur leur intelligence et leurs talents naturels pour s’en sortir. L’ambiance est alors d’autant plus étouffante et tout paraît géant à l’échelle de nos protagonistes. Les trois personnages principaux Emma, Ray et Norman, présentent un trio complémentaire qu’il est agréable de suivre. Emma est une enfant pleine de vie et de vivacité d’esprit, Ray un enfant remarquable mais cachant de lourds secrets et Norman le chef de groupe tant en matière d’intelligence que de capacité stratégique. S’ils semblent inoffensifs, très vite ils vont devoir faire preuve de maturité pour survivre dans un monde où ce n’est pas forcément les plus gentils qui survivront. “Maman” est une antagoniste terrifiante tant elle est pleine de mystères et d’interrogation pour nos héros.

Le dessin de The Promised Neverland retranscrit avec brio toute la subtilité et l’ambivalence du scénario. Les personnages ont des traits doux, lumineux, les décors sont merveilleux, dignes d’un livre pour enfants, mais au détour d’une page, on se retrouve pétrifié par un regard plein de sous-entendus. Véritable prouesse artistique, des simples scènes de la vie quotidienne deviennent des batailles pour la survie de nos héros. L’horreur est ici à trouver dans les visages, dans des éléments banals et dans des créatures « lovecraftiennes » semblant dépasser notre compréhension du monde.

The Promised Neverland marque un véritable renouveau du shonen jump mais aussi du manga shonen en général. Il a tout pour devenir un futur classique de l’horreur et du manga tant pour son dessin que pour ses qualités scénaristiques.  Courez l’acheter, vous ne serez pas déçu.

Anthony Xerri

Premier tome disponible chez Kazé depuis le 25 avril 2018.
Crédits photo en une: Kazé

 

 

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