Julie Bertuccelli : « le documentaire n’avait pas un lieu à la hauteur de son patrimoine »

Mardi soir, l’antenne lilloise de la cinémathèque du documentaire a été inaugurée aux Palais des Beaux arts. Une soirée en présence de sa présidente, Julie Bertuccelli, ainsi que des membres de Heure Exquise, le centre international pour les arts vidéo basé dans le Nord. Pour l’occasion, un documentaire sur Bessie Coleman en avant-première a été diffusé, en présence du réalisateur, Olivier Sarrazin.

Julie Bertuccelli est documentariste, elle entre à la tête de la Scam (Société civile des auteurs multimédias) en 2017. Elle a créé la cinémathèque du documentaire « pour donner une trace pérenne aux documentaires trop vite oubliés« . Située au Centre Pompidou, la cinémathèque diffuse des documentaires tous les jours. La cinémathèque du documentaire veut permettre aussi la diffusion des films dans les différentes structures associées en province, comme à Lille avec Heure exquise. 

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Julie Bertuccelli lors de la présentation de la cinémathèque du documentaire à Lille. 

Jollies Magazine : Pourquoi avoir créé une cinémathèque dédiée aux documentaires ?

Julie Bertuccelli : Avec la Scam, on s’est rendu compte que les documentaires sont très vivants et de plus en plus présents au cinéma et à la télévision. Le problème est qu’ils disparaissent un peu. Le public n’a pas conscience que le cinéma documentaire est un art à part entière. Pourtant, le cinéma est né documentaire avec les Frères Lumières !

JM : Comment a été créée la cinémathèque du documentaire ?

Julie Bertuccelli : L’idée date en réalité d’il y a quatre ans. J’ai commencé par créer à Cannes L’œil d’or (ndlr : un prix qui récompense les films documentaires),  et en parallèle je voulais qu’il y ait un lieu qui soutienne les documentaires dans leur diffusion. Les quatre derniers ministres de la Culture nous ont soutenus et Françoise Nyssen a signé au printemps dernier sa création.

JM : Pourquoi développer la cinémathèque en dehors du Centre Pompidou ? 

Julie Bertuccelli : En région, il y a beaucoup de lieux de diffusion de documentaire. Ils ont besoin d’aide. Il faut donc une mise en réseau des lieux pour les aider financièrement  comme acheter des droits de films ou faire venir les réalisateurs. Nous sommes là pour les soutenir.

JM : Comment expliquez-vous cet intérêt croissant pour les documentaires en France ? 

Julie BertuccelliLe documentaire est né avec les Frères Lumières, il précède la fiction. Mais il a été mis de côté sauf à la télévision. Dans les années 1980, il a connu une émergence avec de jeunes auteurs. Le cinéma a ensuite accepté la sortie de film documentaire, progressivement. Aujourd’hui, on a des chaînes dédiées aux documentaires comme France 5 ou Arte. On sent aussi que les exploitants acceptent de plus en plus les documentaires. Et le public a besoin de voir le monde par tous ces ambassadeurs que ce soit dans des usines, à l’étranger, à l’hôpital…

JM : Vous êtes vous-même réalisatrice, comment cette passion du documentaire vous est venue ?

Julie Bertuccelli : J’ai une curiosité très forte pour les autres. J’ai d’abord commencé par la fiction, on re-fabrique vraiment le monde. C’est passionnant, mais j’avais envie de voir des gens de milieux très différents. Partir à la rencontre et faire un film avec l’autre est toujours plus surprenant que la fiction. J’ai eu envie, par des rencontres, d’aller voir le monde.

JM : Vous avez réalisé des fictions et des documentaires, selon vous, qu’est-ce qui les différencient dans leur réalisation ? 

Julie Bertuccelli : Dans le documentaire, on est plus souple, il y a beaucoup de liberté. La fiction demande plus de maitrise et plus d’argent. Mais les deux sont du cinéma. Dans les deux cas, je suis une réalisatrice qui a un regard subjectif sur le monde.

Bessie Coleman, première aviatrice noire, diplômée du Crotoy

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Bessie Coleman, première aviatrice noire, sur une photo d’archive diffusée lors de l’avant-première du film qui lui rend hommage.

Le réalisateur Olivier Sarrazin a terminé son film sur Bessie Coleman juste à temps pour l’inauguration de la cinémathèque du documentaire à Lille. A partir de nombreuses archives, il a retracé l’histoire de cette aviatrice américaine méconnue en France. Elle était pourtant venue en Picardie pour obtenir son brevet d’aviatrice à l’école de pilotage Coudron du Crotoy. Bessie Coleman est une véritable héroïne aux Etats-Unis, ce documentaire lui rend hommage à travers les yeux de ceux qui l’ont connue.

Le film sera diffusé sur la chaine lilloise Weo samedi 14 avril à 16h15, le dimanche 15 avril à 17 heures et samedi 21 avril à 20h30.

Crédits photo : Inès Lombarteix

Inès LOMBARTEIX

 

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