Théâtre : Y’a-t-il un homme pour sauver les femmes ? le stage de remise à niveau en amour !

Nous nous sommes glissé une fois de plus au théâtre de la Grande Comédie de Paris, et cette fois-ci nous avons assisté à une représentation de Y’a-t-il un homme pour sauver les femmes ?. Cette comédie écrite et mise en scène par Enver Recepovic, Patrick Hernandez est-elle une réussite après le succès de Jamais le deuxième soir ?

C’est dans une des plus petites salles du théâtre parisien que cette pièce se joue jusqu’en juillet. Qui dit petite salle, dit petit comité, et ça beaucoup en raffolent. La pièce n’a pas encore commencé et le public attend devant la porte, que quelqu’un passe auprès des visiteurs et recueille les prénoms des spectateurs. Drôle de manœuvre, mais qui nous amuse : que va-t-il se passer une fois que le spectacle aura commencé ? Dès les premiers moments, le public est alors en plein doute.

Un trio de choc

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©  PPL

 

Lorsque le spectacle se lance, on découvre sur scène le trio qui va rythmer la pièce de théâtre. Éva, l’optimiste sympathique, mène la danse entre une Marie-Françoise dépressive aux allures gothiques, vêtue de noir de la tête aux pieds, à la peau pâle, et l’extravagante Esmé. Incarnée par un homme, elle parle au féminin, est vêtue de rose fushia et est la plus fantaisie du groupe. Au début du spectacle, les répliques et les vannes d’Esmé sont un peu difficiles à encaisser : le personnage s’impose dès le départ sur scène de par sa caricature. Mais ce petit côté un peu « too much » disparaît au fur et à mesure que la pièce se déroule : l’acteur, qui incarne Esmé,  bouge énormément, claque des doigts, chantonne, envoi des punchlines. C’est ce qui rythme la pièce et apporte une touche de pep’s, une véritable bouffée d’air frais. À l’opposé, le personnage de Marie-Françoise fait aussi rire, mais grâce à son côté froid, telle une armure à glace rembarrant chacune des vannes d’Esmé. Larguée la veille de son mariage, la jeune femme ne croit plus en l’amour et essaye de décourager quiconque souhaitant se lancer dans une relation amoureuse. La douce Éva, tempère ses deux acolytes durant toute la pièce, qui ne cessent de se crêper le chignon. La complicité entre les trois protagonistes séduit et nous amène à nous mettre à la place des unes et des autres, à s’identifier peu à peu aux différents personnages.

Quand le public s’en mêle

Si la pièce met en scène un « stage de remise à niveau en amour », le public n’est pas épargné. Les trois acteurs ont les rôles d’organisateurs et comme dans n’importe quel stage, le processus se veut interactif, et qui dit interaction, dit… participation du public ! N’ayez pas peur, personne ne monte sur scène aux côtés des professionnels. Les trois acteurs énumèrent les prénoms des personnes se trouvant dans la salle (les noms ont été relevés dans la file d’attente rappelez-vous) et leur posent des questions « avec qui êtes-vous venus? » , « vous êtes en couple ou célibataire ? » , « que pensez vous de l’amour? » dans le but de faire avancer le groupe et de mettre en place une sorte de « thérapie de groupe » (fictive, bien évidemment!).  À plusieurs reprises le public est donc sollicité et c’est à mourir de rire. Tout le monde en prend pour son grade, mais dans le respect et la bienveillance. Chacun a l’impression qu’il peut faire avancer la pièce et apporter sa petite touche personnelle au spectacle et cela change des représentations traditionnelles. La pièce est composée de plusieurs étapes clés pour réussir en amour, avec de multiples exemples orchestrés avec humour par nos trois protagonistes. Du début à la fin, impossible de s’ennuyer.

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©  PPL

Si le thème semble vu et revu, la façon dont il est interprété fait du  bien. On prend plaisir à rire aux vannes d’Esmé, on s’attache à la sombre Marie-Françoise et on apprécie la justesse d’Éva qui semble toujours trouver les mots justes. Si vous aimez les spectacles tout en simplicité, où il fait bon vivre et où le public apporte sa pierre à l’édifice, vous ne serez pas déçu !

Infos pratiques : jusqu’au 1er juillet au théâtre de la Grande Comédie de Paris 40 rue de Clichy, 75009 Paris.

Margaux Lidon

Crédit photo image à la une : Margaux Lidon

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