The Greatest Showman : du grand art

Dans le New York du XIXème siècle, Phineas Taylor Barnum, dit P.T. Barnum tente d’élever sa condition sociale. Fils d’un tailleur, il tombe amoureux de Charity, une jeune femme dont le rang est bien supérieur au sien et fini par l’épouser. P.T. veut prouver à tout prix à ses beaux-parents qu’il pourra rendre Charity heureuse. Revanchard, il se met alors à rêver d’un destin brillant où il pourrait subvenir à toutes les envies de sa femme et de ses filles. P.T. enchaîne les petits boulots jusqu’au jour où il décide de monter sa propre affaire : un musée de « curiosités vivantes », qui devient rapidement un véritable succès.

Hugh Jackman interprète P.T. Barnum, un homme d’affaires opportuniste qui a fait de personne aux physiques « différents » sa richesse, au sens propre et figuré. L’acteur est incroyable dans ce rôle, qui semble avoir été écrit pour lui. On y voit un homme sensible et aimant, loin du rôle de brute dans lequel il était cantonné depuis plusieurs années avec le personnage de Wolverine. Les spectateurs qui ne connaissent pas son passé de chanteur et acteur à Broadway y découvrent un Hugh Jackman terriblement talentueux en chant et en danse et une voix à en donner des frissons.

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@2017 Twentieth Century Fox France

La famille joue un rôle important dans The Greatest Showman. Phineas a à coeur de subvenir aux besoins et aux envies de sa famille. Charity, sa femme – interprétée par une Michelle Williams touchante – vient d’une famille aisée et il est dur pour P.T. de ne pas lui donner tout ce dont elle désire. L’ascension fulgurante de P.T. pose quelques problèmes à sa fille aînée, Caroline, qui finit par avoir honte de son héritage familial et des « freaks » que Barnum fait travailler. Une situation que le père de famille a du mal à comprendre.

Zac Efron signe ici un retour musicalement brillant dans le rôle de Philip Carlyle, un mondain qui quitte tout pour rejoindre le cirque de Barnum.  Zendaya (Anne) et Keala Settle (Lettie Lutz, la femme à barbe) sont bien plus que des seconds rôles. Leurs personnages apportent un véritable plus au récit. On retient par ailleurs la scène de la chanson « Rewrite the stars » entre Zendaya et Zac Efron, bijou musical, chorégraphique, et ode à l’amour.

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@2017 Twentieth Century Fox

Cantatrice suédoise renommée en Europe, Jenny Lind (Rebecca Ferguson) apporte à P.T. Barnum une renommée internationale et un crédit auprès de l’élite new-yorkaise, en faisant un véritable showman. Rebecca Ferguson est épatante, sa voix est d’une puissance et d’une pureté incroyable. Si son personnage a historiquement existé et collaboré avec Barnum, il apporte aussi dans le récit de véritables moments dramatiques et de réfléxion. Le message qu’elle fait passer dans sa chanson, « Never Enough » résonne : la célébrité n’achète pas tout, et n’empêche pas la solitude.

Michael Gracey signe ici un drame musical particulièrement réussi. La bande originale, écrite par Benj Pasek et Justin Paul – célèbres pour avoir, entre autres choses, composé les chansons de La La Land de Damien Chazelle – est belle et parfaitement adaptée aux film. Chaque chanson trouve sa place parfaitement et toutes sont complémentaires du texte et viennent le sublimer. « This is me », interprétée par Keala Settle, a remporté le Golden Globe de la meilleure chanson originale et est bien partie pour rafler l’Oscar de la meilleure musique de film.

The Greatest Showman est aussi visuellement très satisfaisant. Tout, dans le film est beau : les décors, les costumes et les chorégraphies. Toutes les chansons du films sont complimentées par celles-ci, absolument bluffantes. La mise en scène de la musique « The Greatest show » laisse sans voix tant les pas de danse sont synchronisés et menés avec brio. Le film s’ouvre et se ferme sur cette scène. Michael Gracey signe un film circulaire.  Avec « The Greatest Show« , la boucle est bouclée.

Mêmes les « freaks » de Barnum sont représentés avec beaucoup d’esthétique. Un pied de nez aux standards de beauté de l’époque, déjà très marqués, et une façon de rappeler que la singularité est une force.

Au XIXème siècle la société avait du mal à accepter la différence, qu’il s’agisse de taille, de poids, d’apparence physique ou de couleur de peau, Michael Gracey offre avec The Greatest Showman un long-métrage sur l’acceptation de soi et une ode à la différence. La chanson « This is me« , interprétée par le personnage de Lettie Lutz, résume d’ailleurs à la perfection le sentiment des « curiosités » de P.T. Barnum, qui refusent de se laisser abattre, persuadés « qu’il existe un endroit pour eux« . Le film rend aussi hommage aux « self-made (wo)men« , ces femmes et hommes qui ne doivent leur réussite qu’à leur travail acharné. Un état d’esprit qui parle à Hugh Jackman, qui a eu, comme son personnage, une enfance difficile et qui s’est battu pour son avenir.

Plus de six ans de travail auront été nécessaires à Michael Gracey pour faire de The Greatest Showman, une comédie musicale émouvante, qui sert le genre, trop souvent décrié. À voir ou à revoir, sans modération.

Camille BRONCHART

Crédit image à la une : @2017 Twentieth Century Fox
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