Aline Mayard : « Notre but est de travailler ensemble au service de l’écriture inclusive »

Et si 2018 était l’année de l’action ? Après des mois de débat autour de l’écriture inclusive, un groupe de jeunes a décidé d’organiser un évènement autour de la question. Du vendredi 12 janvier 2018, 19h30, au dimanche 14 janvier, 20h00, environ soixante-quinze personnes seront réunies à Montreuil pour monter, ensemble, des projets de développement de l’écriture inclusive. Jollies a interviewé Aline Mayard, l’une des organisateur-trice-s.

Si l’écriture inclusive est de plus en plus utilisée, elle n’en reste pas moins illisible pour beaucoup, voire considérée comme inutile. Il est vrai que les outils pour se l’approprier sont peu nombreux : les correcteurs automatiques ne la reconnaissent pas et elle requiert un peu d’entraînement… Face à ce constat, un groupe de jeunes – hommes, femmes, de toute profession, uni-e-s par l’usage de l’écriture inclusive et une volonté de la démocratiser – a décidé d’organiser le premier hackathon sur l’écriture inclusive. Ce type d’évènement vise à réunir des développeur-se-s volontaires dans le but de mettre en place des outils technologiques.

Jollies Magazine : Pourquoi avoir choisi le format d’un hackathon mixte [ouvert à tou-se-s, pas uniquement aux concerné-e-s ndlr] pour votre événement ?

Aline Mayard : Pour nous, la question de la non-mixité ne s’est même pas posée. On est un groupe complètement mixte, composé d’hommes et de femmes. D’ailleurs, l’un des chef-fe-s de file de l’écriture inclusive est un homme, Raphaël Haddad. C’est un communiquant, il étudie la langue de manière scientifique et c’était une évidence pour lui que quelque chose ne fonctionnait pas. Notre but premier est vraiment de réunir des féministes et allié-e-s intersectionnel-le-s pour travailler ensemble au service de l’écriture inclusive et de la lutte contre les discriminations. On a vraiment essayé d’inclure le plus de personnes possible. Par exemple, on est en train de chercher un-e interprète en langue des signes pour une personne malentendante. C’était également très important pour nous que cet événement soit en accord avec nos valeurs. D’où la mise en place d’une garderie pour que les mères se sentent pas empêchées de venir, ou encore la décision de faire un événement zéro gâchis, qui nous complique un peu la vie, mais nous tenait vraiment à cœur.

Toujours dans un souci d’accessibilité, il y aura une formation à l’écriture inclusive vendredi soir, pour ouvrir le hackathon. Ainsi, tout le monde aura de bonnes bases de travail et même les non-spécialistes et les non-usager-e-s seront à même de participer.

JM : Comment allez-vous mettre cela en place concrètement ?

AM : Le principe du hackathon est de développer des outils qui parlent aux participant-e-s. Evidemment, tout le monde n’est pas un-e pro de la communication ou de la technologie. Du coup, il y aura des spécialistes qui ont déjà des idées de projet à présenter. Vendredi soir, ils/elles exposeront leurs idées, et les membres de l’assemblée choisiront un projet sur lequel ils/elles travailleront samedi et dimanche. L’idée est vraiment que chacun-e puisse apporter son point de vue, son expérience et ses idées pour faire avancer les choses.

Contrairement à un hackathon classique, la compétition n’a pas sa place ici. On est au contraire dans une dynamique de coopération. D’ailleurs, il n’y a aucune récompense financière derrière, déjà parce qu’on n’en a pas les moyens, mais aussi car ce n’est pas du tout les valeurs que l’on veut défendre. A la fin du hackathon, un jury désignera un projet « Coup de cœur », mais ce sera uniquement un titre symbolique.

JM : Une fois le hackathon terminé, que vont devenir les projets écrits par les participant-e-s ?

AM : En premier lieu, il faut savoir que ces projets ne nous appartiennent pas. Ils sont la propriété de celles et ceux qui auront participé à les construire. Nous n’avons aucun pouvoir dessus et notre but n’est pas du tout de nous les approprier. C’est un peu difficile de dire ce qui va se passer après, car on nous a proposé des choses très variées. Donc certains projets seront aboutis à la fin du hackathon tandis que d’autres devront être poursuivis après. Nous organisateur-trice-s nous engageons à accompagner les projets en cours dans l’année qui va suivre le hackathon. C’est la première édition, donc cela reste assez informel. On n’a pas encore constitué d’association et on ne sait même pas s’il faudra le faire. Tout dépendra de ce qui va ressortir de ce premier événement.

Propos recueillis par Mathilde BERG

Crédit photo de Une : Hackathon écriture inclusive
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