Time’s Up : les femmes du cinéma réclament la fin de la partie

Qui n’a jamais joué au Time’s Up ? Le but est simple : faire deviner à ses coéquipier-e-s les noms inscrits sur les cartes, dans le temps imparti par un sablier. Lorsque le sablier est vide, les autres joueur-se-s crient « Time’s up ! » [« C’est fini » en anglais ndlr], signe que le temps est écoulé. La manche est donc finie. Le 1er janvier 2018, des femmes du milieu du cinéma ont lancé le projet Time’s Up pour mettre fin au harcèlement sexuel dont elles sont victimes dans leur travail. Bien loin du jeu de société, ce mouvement manifeste la colère de plus de 300 femmes révoltées.

Suite à l’affaire Weinstein, le hashtag #metoo (#moiaussi) a permis de mesurer l’ampleur du harcèlement et des violences sexuelles dont sont victimes toutes les femmes. Dans le milieu du cinéma notamment, des actrices, réalisatrices, scénaristes et productrices ont pris la parole pour dénoncer les traitements subis tout au long de leur carrière. Si le mouvement est parti du milieu du cinéma, il s’est propagé à la vitesse de la lumière et a mis sous les projecteurs une réalité peu reluisante.

Face à ces témoignages, un constat s’est imposé : les victimes de violences sexuelles sont particulièrement démunies. Peu portent plainte et un nombre encore plus minime de plaintes aboutit.

Après la parole, l’action

Le mouvement Time’s Up est une réaction concrète à l’afflux de témoignages des victimes. Plus de 300 femmes du milieu du cinéma ont signé le 1er janvier une lettre ouverte adressée à leurs « sœurs » victimes du harcèlement et des agressions sexuelles dans le milieu professionnel, quel qu’il soit. Ainsi, le monde du cinéma n’est pas le seul visé. Le collectif se veut ouvert et inclusif.

Il n’est pas sans rappeler le Manifeste des 343 salopes paru dans le Nouvel Observateur en 1971 et signé par 343 femmes qui affirmaient avoir eu recourt à l’avortement au moins une fois dans leur vie. C’est un mouvement de femmes, pour et par les femmes. A l’instar du manifeste des années 1970, le Time’s Up a reçu les signatures de femmes célébrissimes – Meryl Streep, Cate Blanchett – mais aussi de femmes moins connues, tout autant victimes de leurs « confrères ».

Défense et égalité salariale pour tou-te-s

Le but de Time’s Up est d’assurer la défense des femmes victimes de harcèlement ou d’agression, notamment de celles qui n’auraient pas les moyens de lancer une action en justice. Le collectif nouvellement créé récolte ainsi des fonds pour agir concrètement, sur le terrain.

Il souhaite également faire changer les idées et en instiller de nouvelles. Il défend l’égalité des hommes et des femmes dans le milieu professionnel – cinématographique, mais pas seulement. Au delà des actions en justice, Time’s Up a pour but de promouvoir les notions d’égalité et de respect de la femme, en continuant à faire passer la parole des victimes, en les accompagnant dans leur combat contre les agressions et en militant.

Crédit texte et image : Mathilde BERG

 

3 réflexions sur “Time’s Up : les femmes du cinéma réclament la fin de la partie

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