Le chocolat et l’impression 3D, un mariage innovant

Paul Kéruel, maître chocolatier bio Drômois utilise une imprimante 3D pour décorer ses créations, un résultat unique et savoureux.

À peine la porte de l’atelier poussée, l’odeur du chocolat noir nous prend au nez. Au fond, assis l’un à côté de l’autre, Paul Kéruel et Adrien Vieillet, cahier et stylo à la main, échangent sur les derniers essais qu’ils envisagent de réaliser cette semaine : « Vous voyez, nous aussi nous avons en quelque sorte une réunion de rédaction ! » déclare Paul Kéruel en nous serrant la main joyeusement. Après une gorgée de café et deux morceaux de chocolat dégustés, il se confie : « Il n’y a pas de hasard dans la vie, ma rencontre avec Adrien devait avoir lieu. Aujourd’hui, notre collaboration me plaît beaucoup car nous échangeons notre savoir-faire. Si notre travail est riche, c’est parce que nous nous complétons » explique-t-il. Pourtant, rien ne prédestinait Adrien à ce que son avenir baigne dans le chocolat : « Ingénieur en robotique de profession, je travaillais il y a quelques années pour une grande enseigne automobile française. Après avoir démissionné, j’ai créé mon association « Machins-Machines » à Die. Celle-ci est une sorte de laboratoire d’impression numérique 3D. Je propose également des stages d’auto-construction d’imprimante 3D, un accompagnement de projets et la création de pièces » déclare Adrien.
Nommé « Chocolatiers d’Art & Cie », ce nouveau projet abouti est donc le mariage innovant du chocolat et de la nouvelle technologie. Cette association permet à Paul Kéruel de proposer à sa clientèle gourmande, plusieurs formes de tablettes chocolatées avec des décors créés à partir d’une imprimante 3D. Une originalité qui attire du monde : « J’ai été approché par des professionnels de la Bretagne qui m’ont demandé de créer des phares bretons en chocolat. Ils étaient si surpris par le résultat, qu’ils n’ont pas osé les manger ! » évoque Paul en riant. Grâce à l’impression 3D, tout est possible en terme de reproduction : « Nous avons imprimé des visages, des paysages. Nous reproduisons également des panneaux sculptés du Palais Facteur Cheval mais aussi l’Auguste de la fresque d’Aouste-sur-Sye, des cartes gourmandes etc » ajoute Adrien. Mais le maître chocolatier ne s’arrête pas en si bon chemin ! Il accueille volontiers des artistes peintres qui souhaitent venir faire imprimer leur dessin sur des tablettes en chocolat.

Le chocolat magnifié par l’imprimante 3D

Si son travail est unique, c’est aussi par sa collaboration avec une cueilleuse de fleurs bio du Diois qui lui permet de décorer ses créations. Mais alors, d’où lui vient toute cette inspiration ? C’est en effet, une question que beaucoup de personnes se posent. À cela, le maître chocolatier répond : « Cela vient comme ça, depuis toujours ! ». Paul Kéruel est un grand enfant, sans cesse à la recherche de nouveautés. Le panel des saveurs que contient sa production en témoigne ! Du chocolat au poivre, au gingembre, en passant par la rose, les fruits secs, la vanille ou encore les graines de sésame, tout est possible : « Mais attention, à utiliser avec délicatesse car le cacao est une épice. C’est après de très nombreux essais d’associations de goûts que nous le marions de façon inattendue à ses cousins et cousines d’autres régions du monde » précise Adrien. Il est certain que « Chocolatiers d’Art & Cie » est l’unique magasin de la vallée de la Drôme à utiliser une imprimante 3D. Quant aux étapes de fabrication, secret industriel oblige, nous n’en saurons pas plus : « Afin de se protéger, nous avons d’ailleurs déposé le brevet » assure Paul. Tout ce que l’on peut dire, c’est que cette collaboration correspond aux attentes des consommateurs : « Aujourd’hui, ils sont devenus plus exigeants. Ils souhaitent avoir en bouche des goûts prononcés et un produit naturel sans additifs. Ce qui induit donc un chocolat plus fort en cacao et de grand cru. C’est pour cette raison que j’utilise uniquement des fèves de cacao issues du commerce équitable, dont le pays d’origine est l’Amérique du Sud. Paradoxalement, nous travaillons de plus en plus avec nos mains d’artisans. Une vieille habitude qui ne me quitte pas, c’est le métier de chocolatier à l’ancienne. J’ajoute aussi que la fabrication de notre praliné est réalisée dans une bassine à pralines, en cuivre très épais âgée de 100 ans » déclare Paul Kéruel.
Récemment, les deux collaborateurs ont créés une école du chocolat et accueillent le public en petit groupes, désireux de s’essayer à la fabrication : « Il est important pour moi de transmettre mon savoir à la nouvelle génération. C’est aussi pour cela que j’ai choisi Adrien. À long terme, peut-être qu’il prendra ma suite pour écrire une nouvelle page… en trois dimensions ! » conclut Paul Kéruel.
 Marlène HONORAT

Crédit image à la une : Marlène Honorat
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s