Rhino : portrait d’un DJ au coeur tendre

Né en Angleterre, Rhino a grandi en Allemagne et vit actuellement dans le sud de la France. Rhino est un doux mélange européen inspiré par les musiques électroniques. Membre du groupe ASM (A State of Mind), c’est en 2016 qu’il débute sa carrière en solo et qu’il fait profiter son public des remix de génériques de séries telles que Game Of Thrones et Vikings. Jollies l’a rencontré et lui a posé quelques questions sur sa carrière, mais aussi sur sa vision de la vie.

Rhino 3 Web
DR

Jollies Magazine : Pouvez-vous nous raconter votre séjour en Allemagne ? 

Rhino : J’ai grandi en Allemagne. C’est là où j’ai fait ma scolarité dans une école internationale avec environ 63 nationalités. J’y suis resté jusqu’à mes 18 ans et j’ai commencé là-bas en tant que DJ. On a créé le groupe ASM quand on avait 16 ans avec mes amis. Après, je suis retourné en Angleterre et j’ai commencé à être un vrai DJ dans des soirées. J’étais résident dans un club. Au début, je faisais des nuits de 22h à 5h avec mon sac de vinyles. J’ai commencé avec des vinyles et je trouve qu’avec tous les DJ set que je fais et tous les lives, c’est plus simple. J’essaye toujours de faire mon show avec pas mal d’espace pour improviser. Il faut toujours suivre le public et changer les morceaux. Il faut évoluer sans cesse avec son public.

JM : Pourquoi êtes-vous venu France ?

Rhino: Avec ASM, on a fait un morceau avec Wax Tailor qui a été un hit sur les radios et on est arrivés en France pour faire un concert avec lui. En Angleterre, on ne savait pas que c’était populaire. Dans le taxi en arrivant au concert, la chanson est passée à la radio, ça nous a fait bizarre. Pendant le show tout le monde connaissait et chantait et on était très étonnés. On s’était pas pris au sérieux et on a explosé en France. Finalement, après pas mal de concerts ici c’était plus possible d’être en Angleterre et on s’est installé à Paris. Un an après, j’ai décidé de partir vivre dans le sud près de Montpellier. Après les tournées, j’aime être coupé dans la campagne, ça me fait du bien.

JM: Vous êtes toujours membre d’ASM aujourd’hui ?

Rhino: Oui bien sûr , ce sont mes amis et on se voit tout le temps ! Le prochain album sort en décembre. Moi, j’avais envie de faire Rhino. C’est plus électronique, c’est une autre musique qui m’inspire. J’aime bien les musiques électroniques. Ce week-end par exemple j’ai joué avec Rhino mais ASM enfin, mes deux amis, montent sur scène avec moi. C’est une même famille pour moi.

JM: Cela ne les gêne pas que vous soyez en solo ?

Rhino : Comme on est vraiment amis et soudés, non. On était amis avant d’être un groupe, on est comme des frères. On est contents les uns pour les autres. It’s family.

JM : Avez-vous un parcours scolaire musical ?

Rhino : J’ai étudié la musique à Liverpool après mon école en Allemagne. C’était plus des cours sur la production et le fonctionnement des studios, trop technique pour moi. J’ai arrêté car je n’étais pas trop intéressé de savoir pourquoi un micro marche par exemple. J’étais intéressé par la création et la musicalité.

JM : Quels sont vos inspirations ?

Rhino: Je m’inspire de beaucoup de choses : de soul, de hip-hop, de rythmiques africaines. J’écoute beaucoup de choses différentes et ça se ressent dans mes morceaux. J’écoute beaucoup de reggae et de funk des années 1970. Pour moi, c’est LA période importante en terme de musique.

JM:  Que cherchez-vous à transmettre à travers vos morceaux ?

Rhino : Des choses positives. Je voudrais voir tout le monde avec des sourires pendant mes lives. Je trouve qu’il y a trop de musiques qui apportent des choses négatives dans le monde. Cela arrive beaucoup du côté du hip hop. Ils disent des choses pas bien, ils incitent les gens avec leurs paroles, ils traitent les femmes comme des objets, etc. Si tu es quelqu’un qui a un peu de responsabilités envers un public qui te suit, il ne faut pas l’influencer avec des choses négatives. La musique est très importante dans ma vie et c’est triste, je trouve, de véhiculer de mauvaises choses. Un de mes titres, You got Something, est un morceau qui parle de croire en soi.

 

JM : Le clip est tourné dans les Cévennes (sud de la France), c’est volontaire ?

Rhino : Oui exactement, pour montrer mon univers, où je vis. Je trouve cela vraiment beau et cela m’inspire vraiment. J’ai un petit potager, des œufs de poule frais tous les matins. Après les tournées, rentrer ici, c’est magnifique. A Paris, je trouve que les gens sont fermés, négatifs… You got Something démontre que tout le monde a quelque chose en soi. L’idée, c’est de voir deux enfants en train d’imaginer des choses. J’ai parlé avec les deux petites filles du clip et je leur ai demandé « Quand vous jouez ensemble, qu’est ce que vous faites? Des pirates ? Des princesses? » Et elles m’ont dit, « on fait les princesses guerrières ! » Pour moi, c’est quelque chose que l’on ne fait plus quand on grandit : croire que tout est possible. Beaucoup de gens disent « c’est impossible, tu ne peux pas faire ça« , et cela ferme des portes à certains. C’est dommage car il faut croire en soi. C’est ça que je souhaite transmettre.

JM : Vous avez fait des remix de certains génériques de séries comme Vikings ou Game of Thrones, comment vous est venue l’idée ?

Rhino : Cela fonctionne toujours bien avec le public de faire des choses qu’ils connaissent déjà. J’ai vu que la nouvelle saison de Vikings allait sortir et le générique me plaisait. Beaucoup de gens connaissent, mais ce n’est pas le genre de musique à être jouée en live.  Je n’ai pas imaginé que cela allait être aussi populaire et dès que je l’ai mis en ligne, deux jours avant la nouvelle saison, la page officielle de Vikings sur Facebook a partagé ma vidéo et là ça a explosé ! J’ai eu beaucoup de retours positifs mais aussi quelques messages de gens qui étaient un peu trop fans de Vikings et qui disaient qu’ils ne fallait pas toucher au générique. J’avais des messages violents, c’était dur ! J’ai quand même eu plus de retours positifs. Après je me suis dis pourquoi pas pour Game of Thrones ?

JM : Vous les jouez en live ? Et actuellement vous jouez encore dans les clubs ?

Rhino : Je joue avec mes machines pendant plus d’une heure dans des salles de concerts. Ce sont des morceaux créés à l’avance mais je peux faire des changements en live sur mes machines, pour garder un côté improvisation pour mon public en fonction de l’ambiance. C’est très important pour moi de pouvoir changer le morceau en live. Donc je remix mes propres morceaux et je joue également les génériques des séries. Ça marche très bien ! Pour l’instant, je suis content de mes live show, le public semble heureux, ça me rend fier. Rhino c’est fun pour moi à jouer !

JM : Quels sont vos projets ?

Rhino : J’ai quelques festivals de prévus dans le sud de la France et en février, je joue à la Maroquinerie à Paris. Cela va être ma première tête d’affiche avec Rhino à Paris, j’en suis très fier. J’adore cette salle de concert. C’est petit et j’aime car la scène est au même niveau que le public pratiquement, on est vraiment ensemble. Je vais relancer une série de remix pour des artistes français à partir de novembre. Je suis aussi en train de finir le nouvel EP de Rhino qui sort début 2018. En même temps, on commence en décembre le nouvel album de ASM.

JM : Pour avoir choisi Rhino comme nom de scène en solo ? 

Rhino : J’ai réfléchi à la façon dont on a été traité dans l’univers musical en arrivant avec mon groupe de hip hop. Beaucoup de gens ont des a priori sur les personnes qui font cette musique. Quand j’étais plus jeune, tout le monde pensait que c’étaient des gangsters, qui n’ont pas de bonnes manières, des bad boys… A l’époque, on n’a pas voulu faire des choses avec nous car on faisait du hip hop. Rhino, c’est un peu pareil. Si on voit l’animal, on a l’idée d’un méchant alors qu’en fait ils sont fragiles et en voie de disparition. Ils mangent de l’herbe. On me dit aussi « je collabore pas avec la musique électronique » . En anglais, on dit « Dont juge a book by its cover » et c’est ça l’idée de Rhino. On ne peut pas dire ce qu’il se passe dans le livre, seulement en voyant la couverture. Je veux être un bon influenceur pour mon public et faire des choses bien pour le monde.

Retrouvez Rhino : YOUTUBEFACEBOOKSITE WEB 

 

Margaux LIDON

 

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