L’instant lecture d’octobre 2017

Désormais tous les 15 de chaque mois, Jollies vous propose de découvrir les coups de coeur littéraire de la rédaction. Pour ce deuxième « Instant lecture », trois rédactrices de Jollies vous dévoilent des livres qui les ont marquées. Au programme : la biographie d’une grande femme, un roman de réflexion et une fiction sur un gang de lycéennes.

 

Confessions d’un gang de filles, roman de Joyce Carol Oates

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@Claire Aboudarham


Résumé :

Quand Maddy-Monkey, ancienne membre du gang des Foxfire décide, des années plus tard, de raconter l’histoire de ce gang de petites lycéennes, nous sommes projetés à Hammond, dans les années 1950, pour suivre leurs aventures passées. Dans la bande, il y a Maddy, peut-être la plus avertie, qui comprend que ce qu’elles font va souvent, ou tout le temps, trop loin. La grande blonde aux grands yeux, un peu timide mais utile pour attirer les hommes dans leurs pièges. La rousse un peu ronde, capable de tout par loyauté… et surtout, il y a Legs Sadovsky, la cheffe qui ne connaît aucune limite. Entre leurs problèmes familiaux, le lycée et son lot de garçons qui les menacent à longueur de journée, les hommes de la ville qui tentent de profiter d’elles de différentes manières, elles finissent par craquer. À partir de ce moment précis, les rôles s’inversent, et Foxfire est né. Se venger des hommes est leur mission première. Elles qui redoutent, méprisent et détestent les Autres, ces adultes qui ne les comprennent pas, ou qui les utilisent.

Notre avis :

Assez ironiquement, la leadeuse du groupe a une allure très masculine. Cheveux courts, carrure carrée, assez grande et fine, elle aime s’habiller comme un mec et se fait même passer pour tel à plusieurs reprises. Elle travaille auprès d’hommes et subvient aux besoins de ces protégées, tout en donnant les ordres et en prenant les décisions. Outre ce parallèle genré, ce livre donne avant tout envie de créer un gang semblable et de partir à l’aventure en Californie en cabriolet, Hotel California à fond dans l’auto-radio. Il est également un très bon moyen de percevoir les comportements adolescents d’un autre œil, de comprendre que des agissements violents peuvent en venir de peurs, d’incertitudes et de manque de confiance en soi. Si certains des agissements de ces demoiselles semblent quelque peu invraisemblables, les commentaires de Maddy, adulte, permettent de mettre toutes leurs actions en perspective, sur fond de chasse aux communistes des années 1950 aux Etats-Unis. Un très beau roman, à dévorer pour se sentir femme et puissante, ou simplement pour découvrir les vies incroyables de ces personnages.

Pourquoi j’ai mangé mon père ou le manifeste du progrès, roman-réfléxion de Roy Levis

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@Mathilde Berg

Résumé :

On le connaît un peu grâce à Jamel Debouze et son film sorti en 2015, mais Pourquoi j’ai mangé mon père est avant tout un roman de Roy Lewis. Une histoire qui semble s’adresser aux enfants : la vie quotidienne d’une famille normale… à la préhistoire. Entre découverte du feu, chasse et expansion de la tribu, Ernest, un jeune homme doux et observateur, nous raconte les débuts mouvementés de l’humanité.

Notre avis :

La couverture évoque un dessin d’enfant et le cliché bien connu de l’homme des cavernes poilu, armé d’un gourdin. Pourtant, bien plus qu’une histoire drôle et émouvante, c’est toute une réflexion sur le progrès qui se joue dans le roman. L’auteur aborde un panel de questions contemporaines allant de l’utilité du progrès à ses possibles dérives, sur un ton certes humoristique mais qui n’en est pas moins piquant de vérité. Nul besoin d’être un enfant, donc, pour plonger la tête la première dans l’univers de l’homme des cavernes.

 

Simone, éternelle rebelle, Biographie de Sarah Briand

Résumé :

Des ruelles ombragées de Nice aux fastes des palais ministériels en passant par l’extrême inhumanité des camps de concentration et d’extermination de la Seconde Guerre Mondiale, Sarah Briand narre avec justesse l’histoire d’une grande dame. Simone Veil, ou la « mère Veil » (pour les amateurs de jeux linguistiques) est mise en lumière si bien qu’elle semble se trouver juste là, à côté, à la fois fragile, impénétrable et forte, investie.

Notre avis : 

Une femme de caractère que l’on prend plaisir et surtout intérêt à découvrir, plaisir dosé, par la distance impossible à briser que la vie de cette femme a construit. Une femme à part, distinguée qui a œuvré contre les huées de sombres esprits conservateurs pour libérer les femmes. Impossible de rester de marbre; l’écriture est juste, sans pathos ni avis frémissant. Juste une excursion avec Simone Veil, que l’on a l’impression d’avoir si bien connu lorsque la dernière page se referme. De là, une envie dévorante de lire l’autobiographie de Simone Veil, intitulée Une vie, surprend. Une Vie, un titre emprunté à Guy de Maupassant, comme un rappel rebelle de toutes les facettes d’une femme éternelle.

 

Ont collaboré à cet article : Claire ABOUDARHAM, Mathilde BERG et Claire DELAGE

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