Le musée Yves Saint-Laurent ouvre ses portes à Paris

Mardi 3 octobre, le musée Yves Saint-Laurent ouvre ses portes à Paris, dans le 16ème arrondissement. Les visiteurs peuvent découvrir le travail du célèbre couturier à l’endroit même où il a élaboré ses créations de 1974 à 2002.

Avant de pouvoir admirer les oeuvres du grand couturier, une vidéo est diffusée dans un salon blanc et or. Elle revient sur la vie d’Yves Saint-Laurent, de sa naissance en Algérie française à sa consécration en tant que couturier, sans omettre son passage à la direction artistique de Dior qui l’a propulsé sur le devant de la scène. La projection se termine sur le dernier défilé d’Yves Saint-Laurent en 2002, alors qu’il avait annoncé se retirer de la maison de couture. Une rétrospective en image qui met l’eau à la bouche pour la suite de la visite.

J’ai, depuis longtemps maintenant, cru que la mode n’était pas seulement faite pour embellir les femmes, mais aussi pour les rassurer, leur donner confiance, leur permettre de s’assumer.

Citation d’Yves Saint-Laurent entendue dans la vidéo de présentation

Le tour du musée débute avec une tenue symbolique et forte en caractère : le premier smoking pour femme d’Yves Saint-Laurent. Dès 1966, le couturier s’est inspiré des vêtements masculins pour créer des modèles féminins. La première salle plongée dans l’obscurité présente également la collection printemps-été de 1962, soit l’une des toutes premières collections de la maison de couture Yves Saint-Laurent.

Après un aperçu – trop bref – des tenues inspirées d’autres pays comme la Russie, l’Espagne ou le Maroc, la visite se poursuit au premier étage avec un film. Dans une salle intimiste, un grand écran montre des photographies et des vidéos d’archive commentée en stéréo par Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé. Ce film intitulé Un aigle à deux têtes revient sur la relation professionnelle et personnelle qu’entretenait ces deux hommes. Après la disparition de Pierre Bergé le 8 septembre dernier, ce film monté comme le témoignage d’un vivant sur un mort émeut l’auditoire. Sans en mettre plein la vue, il transmet en filigrane une idée de l’amour inconditionnel qui unissait Yves Saint-Laurent à Pierre Bergé. Grisant.

Au dernier étage consacré au musée, quelques robes du soir sont exposées. Sur ces robes somptueuses, l’influence des différentes périodes historiques, de l’Antiquité aux années 1920, est exposée de manière pédagogique.

Ce qui peut être considéré comme le clou du spectacle est la visite du studio où Yves Saint-Laurent élaborait ses créations. Des chemises à dessin, des rouleaux de tissus, une table de travail, un bureau, des livres dans les bibliothèques murales, tout est exposé comme si le couturier avait quitté la maison avant-hier. Problème : cela sent la mise en scène. Comme la reconstitution d’une scène de film, ici tout reste assez superficiel – comme les crayons de bois parfaitement taillés car parfaitement neufs qui trônent fièrement dans les pots çà et là. L’intention n’est pas mauvaise, peu savent comment les artistes de la mode travaillent au quotidien mais le résultat n’est pas authentique.

La disposition du musée sur plusieurs étages ne rend pas toujours évident l’enchaînement entre les salles. Un sous-sol propose des vidéos sur les coulisses de la maison de couture. Des intervenants racontent le fonctionnement de la vente, des croquis, des relations avec la presse ou encore de la confection des vêtements.

La visite se termine au rez-de-chaussée dans un couloir très sombre où l’on entend Yves Saint-Laurent donner une conférence de presse pour annoncer sa retraite du métier. Les pièces exposées dans ce couloir final ne sont pas des moindres. Ce sont celles qui mettent à l’honneur les artistes. La fameuse robe cocktail Mondrian, une robe inspirée de Picasso, une autre de Matisse et comme tous les défilés, pour finir, une robe de mariée, en hommage à Georges Braque. Un très beau final pour ce nouveau musée.

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La robe de mariée en hommage à George Braque, printemps-été 1988 – crédit : Pauline Thurier

Informations pratiques : 5 avenue Marceau, Paris (16e), ouvert du mardi au dimanche. Tarif : 10€

Pauline THURIER

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