Maison de couture : Dior, septuagénaire mais pas une ride

La file d’attente s’allonge de minute en minute devant le musée des Arts décoratifs à Paris. Les visiteurs sont venus en masse pour célébrer les 70 ans d’existence de la maison Dior que cette institution a décidé de mettre à l’honneur avec l’exposition « Christian Dior, couturier de rêve ».

Dior règne en maître sur les tapis rouges, il habille les célébrités lors des cérémonies, mais aussi sur les plateaux de tournage. Les costumes sont l’une des spécialités de la griffe française depuis 1944. Dior attise aussi l’œil des monarques européens et orientaux. La famille princière monégasque en est l’une de ses plus grandes adeptes.

Pourtant son fondateur ne se destinait pas à une carrière de créateur de mode. Christian Dior, né en 1905 dans une famille d’industriels normands, est d’abord un amoureux de l’art. D’ailleurs, il ouvre sa galerie à Paris en 1928, mais la crise de 1929 ravage son commerce et le force à mettre la clef sous la porte. Le dessin est sa passion et l’amène vers une toute nouvelle vocation : la mode. Il commence auprès d’autres créateurs de l’époque comme Lucien Lelong et finit par ouvrir sa première boutique dans l’avenue Montaigne en 1946. L’année suivante, la maison est définitivement inaugurée avec la présentation de sa première collection. C’est la naissance du New Look.

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New Look, exposition au musée des Arts décoratifs de Paris « Dior, couturier de rêve », 2017.

Avec une taille de guêpe mise en avant par un tailleur cintré, une jupe trapèze et ample qui descend jusqu’aux genoux, des épaules arrondies, le New Look s’impose dans les années 1950. Parallèlement, Christian Dior part à la conquête de l’Amérique et ouvre sa première boutique à New York.

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A la une du Time, Christian Dior est le premier couturier à avoir ce privilège, 4 mars 1957. Numéro exposé au musée des Arts décoratifs

Il parvient même à figurer en une du Time, hebdomadaire américain réputé, et devient le premier couturier à recevoir cet honneur.

À sa mort en 1957, vont se succéder des directeurs artistiques marquants pour le milieu et l’histoire de la mode. D’abord, le jeune Yves Saint-Laurent y fait ses débuts. Il libère la silhouette de la femme, débarrassant le corps de son corset. Une évolution qui suit l’émancipation féminine des sixties.

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L’ère Galliano au 30 avenue Montaigne. Exposition au musée des Arts décoratifs.

Plus tard, à l’aube des années 2000, c’est le fameux John Galliano, connu pour ses frasques et sa provocation, qui prend les rênes de la direction artistique. Les tenues deviennent démesurées et explosives.

Après  la tempête Galliano, c’est au tour du belge Raf Simons de diriger la maison. En 2015, Frédéric Tcheng réalise un documentaire, Dior et moi, sur ses premières semaines dans l’enceinte parisienne. Depuis l’été dernier, c’est au tour de Maria Grazia Chiari, couturière italienne, d’être à la tête de la direction artistique. Première femme à ce poste, elle veut « apporter de la modernité » à la collection pour permettre à la maison de perdurer.

La maison Dior, au-delà des vêtements, des parfums et de la joaillerie, maitrise à la perfection sa communication. En 2016, elle ouvrait ses portes de l’avenue Montaigne aux visiteurs pour leur fait découvrir « les petites mains » qui travaillent dans ses ateliers. A présent, au musée des Arts décoratifs, Dior sait cultiver son mythe et créer sa légende. D’ailleurs, qui ne connait pas le fameux slogan de la marque prononcé par Charlize Theron dans les spots publicitaires ? Alors, « Dior, j’adore » ou pas ? C’est à vous de décider !

Laurine LASSALLE

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3 réflexions sur “Maison de couture : Dior, septuagénaire mais pas une ride

    1. Merci pour votre commentaire. Pour répondre à votre question, si l’on compare Dior et Chanel par exemple, il faut d’abord prendre en compte que les deux maisons ont été créées à des périodes bien différentes. Ainsi, ce que Coco Chanel voulait, c’était surtout enlever les ossatures trop « encombrantes » du XIXe et début XXe, et créer quelque chose de plus pratique. Dior, c’est une maison plus récente, on est sur du post-guerre pour le début de la marque. C’est pour cela aussi que de manière générale, Chanel joue davantage la carte de la sobriété par rapport à Dior. Pour ce qui est de l’empreinte de Dior aujourd’hui, je dirais que c’est la forme trapézoïdale qui a le plus perduré. Ces dernières années, les robes trapèzes / patineuses ont refait leur apparition dans les magasins, et c’est une des signatures les plus emblématiques de la marque.

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