Depuis le mercredi 2 août, l’humanité vit à crédit

L’humanité a épuisé la totalité des ressources naturelles que peut produire la planète sur une période d’un an. Le mercredi 2 août 2017 marque le triste anniversaire du « Earth Overshoot Day », le jour du dépassement, en français. Malgré une surconsommation mondiale qui affaiblit chaque année un peu plus la planète bleue, est-il encore possible d’inverser la tendance ?

Chaque année, le Global Footprint Network, un institut de recherche international basé à Oakland en Californie, mesure l’empreinte écologique mondiale et annonce le fatidique « Jour du dépassement ». L’indicateur sur lequel se base l’ONG a été mis au point par Andrew Simms, du think tank britannique New Economics Foundation. L’outil, spécialement conçu pour mesurer l’empreinte écologique, définit la date du Earth Overshoot Day en  comparant la biocapacité mondiale, c’est-à-dire les ressources naturelles que la planète peut produire en un an, avec la demande annuelle de l’humanité.

Selon l’ONG, c’est au milieu des années 1970 que la planète a commencé à s’épuiser et que ses capacités régénératrices se sont réduites. En 1993, la date du dépassement était fixée au 21 octobre. En 2015, c’était le 13 août et l’année dernière, elle tombait le 8 août. L’ONG estime que, cette année, l’humanité vit à crédit depuis le mercredi 2 août. Bien que l’on note un ralentissement de la progression de cette date dans le calendrier, le Earth Overshoot Day survient, chaque année, de plus en plus tôt. La population mondiale continue d’accumuler une dette écologique qui s’avère toujours plus difficile à rembourser.

L’Homme consomme trop

L’Homme consomme, chaque année, plus que ce que la planète est capable de renouveler en termes de ressources naturelles. Pour subvenir à ses besoins, il a aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,7 planètes. Si on s’intéresse de plus près à ce chiffre, on remarque qu’il n’est pas le même pour chaque pays. En effet, les modes de vie, d’un pays à l’autre, peuvent différer sensiblement ou de façon plus importante. Plusieurs facteurs entrent en jeu, comme, par exemple, la consommation de la population en termes de ressources énergétiques ou alimentaires. Le Global Footprint Network et la WWF (World Wide Fund – Fonds Mondial pour la Nature) expliquent, à travers un communiqué, que si la totalité de l’humanité vivait comme un Australien ou un Américain, elle aurait besoin de cinq planètes voire plus pour satisfaire ses besoins. Tandis que trois planètes seraient nécessaires si chacun menait sa vie comme celle d’un Français. Les meilleurs élèves sont les Indiens, qui n’ont besoin que de 0,6 planètes pour vivre. 

 

China_planets_2017_v1

La dette écologique

L’Homme et son mode de vie sont à l’origine même de l’épuisement progressif des ressources planétaires. Les émissions générées par les énergies fossiles représentent aujourd’hui près de 60% de l’empreinte écologique mondiale. Ce chiffre traduit une dépendance démesurée de l’humanité aux énergies telles que le charbon, le pétrole et le gaz. Mathis Wackernagel, co-inventeur de la notion d’empreinte écologique, rappelle que « l’humanité devra s’affranchir des énergies fossiles avant 2050 » pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. C’est, par ailleurs, l’un des objectifs fixés par l’Accord de Paris, qui a été adopté en 2015 par 195 pays. Aux émissions de carbone provoquées par l’usage intensif d’énergies fossiles s’ajoutent la production et la consommation à outrance. Parmi ces excès, la surpêche, la surexploitation des forêts et l’agriculture intensive. En 7 mois, l’humanité a pêché une quantité de poissons qui empêche leur bonne reproduction, rasé des forêts entières et épuisé les sols. Elle a absorbé plus de ressources que nécessaire à sa survie. De plus, l’explosion démographique est également une des causes de la surexploitation de la Terre. La planète abrite aujourd’hui plus de 7 milliards d’êtres humains contre seulement la moitié dans les années 1970, soit environ 4 milliards. Selon l’ONU, la population mondiale devrait encore augmenter et atteindre 8 milliards d’habitants en 2024.

Comment inverser la tendance ?

Le Global Footprint Network donne quelques pistes pour contribuer à limiter l’exploitation excessive des ressources que nous offre la planète. Parmi elles, l’évolution essentielle des modes de production. L’agriculture biologique et de la permaculture, favorisant le développement durable, voient le jour et se développent peu à peu. Éliminant toute trace de pesticides agressifs pour les sols, ces nouvelles façons de cultiver la terre ouvrent la voie à des moyens de production plus respectueux de la planète. Les populations peuvent également, à leur échelle, participer à la réduction de la dette écologique mondiale. Pour cela, il est essentiel de modifier ses habitudes de consommation. Réduire ou éliminer sa consommation de produits d’origine animale, lutter contre le gaspillage alimentaire et contre la déforestation massive sont des moyens qui permettent, à chacun, d’avoir un impact positif sur la planète.

La pollution numérique

Aujourd’hui, 2% des émissions de CO2 sont générées par la pollution numérique. Malgré un chiffre qui peut paraître insignifiant, l’empreinte numérique ne cesse d’augmenter et elle participe de plus en plus à la pollution globale de la planète. En cause, les données contenues dans les boîtes mail – newsletters, spams, courriers déjà lus – stockées inutilement sur des serveurs. Ces données ne représentent pas moins de 44 mégatonnes de CO2 chaque année ! Pour aider à réduire la pollution numérique et de ce fait, la pollution globale, il suffit d’adopter des gestes simple comme, par exemple, supprimer progressivement ses mails.

Célia ALAMINOS

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