Dirtyphonics : « On fait ce qu’on aime, ce qui nous motive, ce qui nous fait kiffer »

Ils ont mis le feu à la Green Room du Main Square Festival d’Arras le samedi 2 juillet. Jollies Magazine a rencontré Charly et Pitchin, de Dirtyphonics, le groupe de musique électronique reconnu internationalement. Malgré son succès, le groupe a su rester humble et reconnaissant de ses fans. Et ça, on adore !

Jollies Magazine : Bonsoir ! Pouvez-vous vous présenter ? Depuis quand êtes vous sur scène ?

Pitchin : Bonsoir ! Ici vous avez Charly (ndlr : en montrant Charly) et moi même, Pitchin.

Charly : Bonsoir ! 

P : Alors accrochez-vous, il y a 15 ans de tournée à raconter (Rires). Nous sommes un groupe de base music qui produit à peu près tous les styles de base music possible : dubstep, électro, drum and base, trap, base house…

C : Et plus si affinités !

P : On a commencé en 2006.

C : Ça fait plus de 10 ans qu’on tourne.

P : On a sorti plein de tracks cette année et il y en a plein d’autres qui arrivent. On est signé chez Monstercat en ce moment et je ne sais pas combien de labels avant.

C : On est très excité d’être là ce soir.

P : Super chaud, ça fait toujours méga plaisir de jouer en France !

C : On a pas dormi mais c’est super ! (Rires)

P : On a pas dormi du tout, une demi-heure.

J.M. : Vous avez l’air de bonne humeur !

C : Oui, toujours, toujours. Avant de monter sur scène, toujours la bonne humeur.

J.M. : Quelles sont vos inspirations ?

C : Nos inspirations ? Elles sont tellement diverses et variées. On a commencé par jouer dans des groupes de métal quand on était ado, ensuite on a découvert le début de la musique électronique européenne. On a été hyper influencé par la scène French House.

P : Évidemment, en étant français.

C : Donc on a joué house, on a joué techno, lui (ndlr : en montrant Pitchin) il a joué disco. Après on a découvert la Drum and Base qui regroupait l’énergie qu’on aimait dans le métal avec des sonorités et une liberté musicale électronique qui était un peu nouvelle pour nous. Depuis, explosion de la base music dans le monde, du dubstep, de la trap de la base house.

P : Sinon, oui, n’importe quoi nous influence. Un voyage, une rencontre avec quelqu’un, une soirée, un bouquin, un film. De la musique d’autres personnes, une époque, une culture.

C : Oui, on ne veut surtout pas se fermer à se dire “ouais voilà on fait ça et on n’en bougera pas”. On veut, au contraire, bouffer les influences dans tous les sens et remettre ça dans notre musique pour créer quelque chose d’original et de nouveau.

P : En tout cas nous faire kiffer nous, retranscrire une expérience positive, ou même négative, dans la musique. Ca peut être ultra thérapeutique et sain. C’est un bon exutoire aussi pour exprimer plein de choses.

J.M. : Pourquoi avoir choisi de participer au Main Square Festival ? Est-ce que c’est la première fois que vous venez ici ?

C : C’est la première fois à Arras, première fois au Main Square. On nous a beaucoup parlé du festoche. Nous on ne connaissait pas du tout, on nous a dit que c’était mortel et on nous a gentiment invité.

P : On nous a dit “vous voulez jouer devant 15.000 personnes dans un site magnifique en France ?”… “Ah je sais pas..” Ouais non. (Rires)

C : On n’a pas réfléchi longtemps.

P : On a dit, « oui évidemment » !

C : Et puis, nous on est Français même si on habite plus ici. On est toujours super content de revenir en France. On a un public mortel en France…

: …Qui nous suit depuis le début et qui est là, en force. Donc ça, ça n’a pas de prix, et ça nous touche vraiment.

C : Et on est autant content, fier, de représenter la musique française à l’étranger que de pouvoir la jouer chez nous et de partager ça avec nos compatriotes.

J.M. : Est-ce que vous pensez que la French Touch dans la musique électro ça existe encore ?

C : Grave !! Énorme retour. Nous on a la chance de pouvoir tourner sur le circuit international de musique électronique, et aujourd’hui il y a plein de français. Que ce soit l’équipe DJ Snake, Tchami, Mercer, Brodinski, Martin Solveig… 

P : À l’ancienne, t’as David Guetta qui est toujours là, Abstrackt évidemment.

C : Nyrex et Grafik en Dubstep. Niveau 0.

P : Nebra

C : Après il y a toute la nouvelle French Touch dont on entend pas encore assez parler, mais ils arrivent en force. Il y en a beaucoup aujourd’hui dans la scène, et il y en a de plus en plus qui arrivent.

J.M. : Comment faites-vous pour continuer à exister dans la musique électronique aujourd’hui alors qu’il y a Soundcloud, et plein de gens qui créent leur propre musique et essayent eux aussi de percer ?

C : Soundcloud, Spotify, tous les trucs de streaming, la révolution du studio, c’est un truc mortel. C’est bien que tout le monde ait accès à la création de musique, que ça devienne ta profession ou que tu fasses ça juste pour le fun.

P : Nous on a toujours rêvé de ça. Quand c’était hyper underground, quand on a commencé, on a toujours rêvé que ce soit quelque chose d’hyper accessible et que tout le monde puisse s’exprimer comme ça. Donc c’est mortel. Après être un gamin aujourd’hui pour essayer de percer dans la musique électronique avec la concurrence et le monde, c’est sûr que c’est peut-être un peu plus difficile. Et en même temps, à l’époque quand il n y avait pas tout ça, pour avoir accès à des studios et enregistrer, et parler à des artistes, c’était très très difficile aussi. Donc au bout du compte, c’est juste différent.

C : C’est autre chose. Et comment on fait pour perdurer là dedans ? Nous on continue avec la même énergie et la même banane qu’au premier jour.

P : On fait ce qu’on aime, ce qui nous motive, ce qui nous fait kiffer.

C : On a la chance d’avoir une fanbase qui nous suit depuis le départ, qui nous soutient, qui évolue avec nous…

P : … Qui kiffe tout ce qu’on fait.

C : On est hyper chanceux donc on continue !

J.M. : S’il y avait un artiste du Main Square avec lequel vous aimeriez collaborer, ce serait qui ?

C : Die Antwoord !

P : Ah ouais, direct ! Pareil, la même.

J.M. : Vous faites beaucoup de remix, mis à part Die Antwoord, est-ce qu’il y a une chanson que vous aimeriez remixer ?

C : Euh… Oh là c’est dur comme question !

P : Il y en a tellement, c’est horrible ! Qu’est ce qu’on aimerait bien remixer en ce moment ?

J.M. : Vous avez remixé The Chainsmokers il n’y a pas longtemps ? 

C : Oui, on a remixé The Chainsmokers, on a remixé Diplo et Zeds Dead… 

P : Mais qu’est ce qu’on aimerait remixer en ce moment ? Rah c’est chaud !

C : C’est impossible comme question. Il y a tellement de trucs qui me viennent en tête ! Ouais, un morceau de Die Antwoord, franchement. Ils ont tellement une énergie et des vocaux uniques que c’est de la matière musicale hyper agréable à travailler.

J.M. : Vous tournez pas mal à l’étranger. Qu’est ce qui fait, selon vous, que votre musique marche mieux à l’étranger qu’en France ? Est-ce que c’est les Français qui ne sont pas encore “prêts” à ce genre de musique ?

C : Les Français sont complètement prêts pour ce genre de musique. Je le vois à chaque fois qu’on joue. Par contre, les programmateurs français peuvent parfois mettre un petit peu plus de temps.

P : C’est plus le cas maintenant… On va dire que quand nous on a commencé, on n’était pas les seuls, malheureusement, à avoir expérimenté ce phénomène. Quand tu es un artiste, surtout en musique électronique, tu dois avoir quelque part la validation de l’étranger avant d’être reconnu en France. Ce qui est franchement hyper triste. Moi je trouve ça très dommage. On voit des gars comme Stromae ou Netsky, ils sont complètement poussés par leurs pays à fond.

C : Les Anglais poussent les Anglais, les Américains poussent les Américains..

P : En France, non. On te dit “non”, on te dit “ouais ça va pas marcher”, mais en même temps, nous si on devait refaire, on referait exactement la même chose, parce que ça nous a tellement mis la gnaque, ça nous a tellement mis un bon gros pied au cul pour aller tout casser autre part.

C : Merci à tout ceux qui nous ont dit non !! (Rires)

P : Ça nous a aussi poussé à travailler en famille. C’est à dire qu’en France, on a toujours la même équipe avec qui on travaille depuis le premier live qu’on a fait à Paris. C’est une belle histoire.

C : L’équipe de chouettes pour ne pas les citer.

P : Oui, l’équipe de chouettes qui font les animaux : Jungle Juice, Splash et tout ça. Ça c’est mortel aussi, parce qu’eux avaient la même vision que nous et qu’on a grandi tous ensemble et on avait un rêve et on l’a fait. On est beaucoup plus content de travailler en famille, comme ça, même si c’est pas toujours facile parce qu’il y a énormément d’amitié, de trucs connectés donc ça devient très intense, mais c’est la vie quoi. Au bout du compte on a tout tourné ça en positif. Ça nous a super motivé, on a été s’exporter, on est revenu encore plus fort, on a créé une excitation et tout ça avec l’équipe franco-française qui est là depuis le début.

C : Mais c’est vrai que les difficultés étaient plus là au début. Là on a la chance d’être ici ce soir, le week-end dernier on était à Solidays, etc. Donc voilà il a fallu aller faire nos preuves ailleurs.

P : Mais maintenant on se sent quand même vachement supporté.

C : Bien sûr oui !

P : Nova Radio nous a beaucoup poussé au début, c’est les premiers avec qui on a joué à Solidays.

C : C’est vrai que le fait que la scène française se développe de plus en plus, qu’il y’ait de plus en plus d’artistes français à l’international, que le truc grossisse, ça donne une espèce de dynamique, d’entrain, de confiance. C’est super de voir qu’aujourd’hui on peut avoir des festivals à l’étranger, et surtout en France, où il y a des artistes électroniques français. Ce qui n’était pas forcément le cas tout le temps.

J.M. : Quelles sont vos actualités à venir là ? Qu’est ce qui arrive ?

P : On a sorti un track il y a quoi ? Un mois. Sur Dima qui s’appelle Boombox. Depuis janvier on a fait un remix pour Zeds Dead et Diplo qui s’appelle Blame, avec Elliphant en vocal en featuring. On fait un EP, Night Ride, chez Buygore. Il y a aussi un track qui s’appelle Watch Out en collaboration avec Bassnectar et Ragga Twins sur Monstercat. On a fait Boombox sur Dim Mak Records et là mi-juillet…

C : Attention, c’est une exclu !

P : C’est un nouveau track qui sort sur Monstercat aussi en collaboration secrète et qui va s’appeler “Get your love”. Et on est en train de taffer sur le prochain, voir les prochains EP.

C :  DOUBLE EXCLUSIVITÉ DANS CETTE INTERVIEW !!

P : On est en studio à fond, parce qu’on tourne beaucoup le week-end, mais comme on est beaucoup à Paris, en ce moment on est dans les studios parisiens beaucoup, à essayer de finaliser un maximum et donc voilà, y aura plein de nouveaux sons. Sinon, qu’est ce qui va se passer aussi ? La saison des festivals c’est beaucoup d’aller/retours États-Unis/Europe donc ça tourne, ça tourne. A la rentrée, sûrement une tournée aux États-Unis, on va voir.

C : L’Asie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande…

P : … En toute fin d’année.

C : On ne va pas s’ennuyer ! (Rires)

P : Et peut-être des vacances un jour…

C : Ah non, ça tu te tais. Pas de vacances ! (Rires)

Un grand merci à Dirtyphonics d’avoir accepté de répondre à nos questions. Pour suivre toutes leurs actualités, c’est ici que ça se passe :

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Propos recueillis par Camille BRONCHART

Crédit image à la une : @Wikipedia Commons
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