Garorock 2017 : les pieds dans la boue, le sourire aux lèvres

La fin du mois de juin est toujours l’occasion à Marmande de célébrer la musique et les cultures alternatives. Le festival Garorock 2017 a subi une météo navrante qui n’est pourtant pas parvenue à voler la vedette des artistes sur scène. Les festivaliers étaient au rendez-vous, les pieds, les genoux et les mains dans la boue. Jollies Magazine était sur place et vous offre son récap’ des meilleurs concerts des deux premiers jours du festival Garorock.

Il aura fallu moins d’une heure pour apercevoir les premiers festivaliers les plus téméraires pieds nus, plus pratique que de perdre ses bottes ou ses sneakers dans la boue. Alors que Georgio commence à peine son concert qui inaugure l’une des deux grandes scènes, la pluie battante perd sa première bataille. Rien n’arrêtera le public pour apprécier le concert de ce jeune rappeur français de 24 ans. Energique, enjoué et engagé, Georgio a mis le feu sur scène en présentant les quelques nouveaux morceaux de la réédition de son album Héra, sortie le 23 juin.

La chanteuse pop/rock et fière de ses formes, Beth Ditto, enchaine avec un charisme débordant d’énergie. La vedette de The Gossip entame une tournée de festivals en solo pour présenter son nouvel album Fake Sugar. Pieds nus, elle aussi, sur scène comme à la maison, elle n’hésite pas à braver la boue pour partir à la rencontre de son courageux public. La connexion avec ce dernier semble tenir à coeur à l’artiste américaine qui fait l’effort de communiquer en français. Son côté rebelle et iconoclaste atteint son paroxysme avec un jolie rot entre deux chansons, un langage universel pour dire qu’on a apprécié sa bière ! Une artiste aussi talentueuse qu’imprévisible.

Garorock sait aussi mêler tous les genres de musique et donner leur chance aux plus débutants. La scène Garoclub permet à des DJs méconnus de faire des performances mises en valeur par des éclairages mystiques et un mapping impressionnant sur le décor. French Fuse et leur trombone ont fait vibrer le public en présentant un mix original qui associe des styles différents.

L’artiste le plus inattendu du festival aura été sans conteste Tommy Cash. Ce rappeur estonien surprend par ses textes enragés et le graphisme de ses accompagnements vidéo. Son second degré et la sincérité qu’a dégagé son concert ont su convaincre la foule intenable. Tommy Cash est pour beaucoup un premier et unique aperçu de l’Estonie, complètement déroutant. Affaire à suivre.

Le groupe français Phoenix fait son grand retour sur scène et n’hésite pas à mettre son public sens dessus dessous. La faute à un effet de miroir assez déconcertant qui nous fait voir les artistes en double et à l’envers ! Mais la mise en scène n’est pas la seule chose qui a marqué notre attention. Le groupe est égal à lui-même avec son identité rétro, petite chemise à motifs oblige pour le chanteur. Les nouveaux morceaux ont côtoyés les grands hits du groupe. If I ever feel better a mis la foule en délire, hurlant les paroles de ce tube qui semble être connu de tous.

La Femme, qu’on ne présente plus, a rendu visite à Marmande le samedi soir, pour le plus grand bonheur des très nombreux fans présents. Dans une forme phénoménale, le groupe a offert une performance renouvelée et encore plus déjantée que les années précédentes. Le savant mélange des chansons provenant de leurs deux albums a fait sautiller, danser, crier et chanter tout le parc de Marmande, tout ça dans une ambiance très bon enfant.

Pour accueillir la nuit tombante du samedi, les programmateurs de Garorock ont créé une parenthèse onirique et lyrique en installant London Grammar sur la scène de la plaine. Tout en humilité et simplicité, la chanteuse Hannah Reid a emporté le public dans un monde en suspension dans les étoiles. Ce qui pouvait paraître comme un choix délicat de la part de la programmation car la musique de London Grammar n’est pas des plus dansantes, s’est révélé être une perle de grâce au milieu de ce champ boueux et sale.

Un présentateur et deux danseuses/choristes n’auront pas suffit à rendre la performance de M.I.A. acceptable. Dans la foule, dès la première chanson, le mécontentement se fait ressentir : « Même moi je peux chanter comme ça » s’exclame une jeune fille pourtant fan de l’artiste américaine. Les choeurs, une bande-son avec des voix en fond et celle de la chanteuse par-dessus crée un résultat anarchique et désagréable pour l’ouïe. Une partie du public a préféré se réfugier devant la scène électro, la seule qui diffusait du son à ce moment. En effet, M.I.A. était censé être parmi les artistes les plus attendus du festival. Le public voulait un spectacle mémorable prêt à faire sortir leurs bottes de la boue (pourtant si bien embourbées), mais rien, juste une performance au ras des pâquerettes.

Heureusement, Mat Bastard fait partie de ces artistes d’une générosité sans limite qui établissent d’emblée une connexion avec le public. Lui aussi entame sa carrière solo, ancien chanteur de Skip The Use, l’artiste français délaisse le côté pop commercial pour faire un album plus rock’n’roll, Loov. La chanson Rosemary notamment a fait littéralement décoller le public. Entouré par de talentueux guitaristes, Mat Bastard nous offre un spectacle plein d’énergie et d’émotions avec notamment des passages sur le vivre ensemble et la tolérance. Cliché certains diront, mais c’est toujours agréable à entendre. Un artiste à redécouvrir sur scène !

Malgré un temps des plus déplorables, les averses intenses caractéristiques du climat océanique n’auront pas eu raison des festivaliers et des artistes ! Une ambiance à la fois chaotique et fédératrice a permis au public de voir le festival sous un nouvel angle. Les looks étaient extravagants et certains festivaliers ont eu de très bons réflexes avec des combinaisons imperméables, les bottes de pécheurs voire même le pantalon assorti ou encore de simples sacs poubelles en guise de chaussures. En bref, le public s’est surpassé et a usé de son inventivité pour braver les intempéries. Quant aux artistes, ils ont joué de ce temps pour mettre en place des concours de glissade ou s’embourber à la rencontre du public. Et comme disait Coluche : « Savez-vous pourquoi les Français ont choisi le coq comme emblème ? C’est parce que c’est le seul oiseau qui arrive à chanter les pieds dans la … boue ! »

Inès LOMBARTEIX et Pauline THURIER

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