Critique : Ava… la lumière

Il fait chaud (très chaud, trop chaud), les cours et les examens sont (presque) finis et les films à l’affiche nous font de l’œil en ces jours d’été. Les (bonnes) excuses pour aller au cinéma sont nombreuses, tout comme les possibilités une fois sur place. Chez Jollies, on a choisi Ava et on vous dit ce qu’on en a pensé !

Ava est une jeune fille de treize ans. Elle est en vacances au bord de la mer avec sa mère et sa petite sœur. Ses journées, elle les passe à attendre. Elle n’attend pas que le soleil se lève, mais plutôt que l’ombre se fasse. Chaque matin, elle note l’heure de lever et de coucher du soleil. Car une fois la nuit tombée, Ava voit de moins en moins bien. Et lorsque le médecin lui annonce qu’à treize ans, elle est sur le point de perdre la vue, le noir se saisit d’elle entièrement. Il hante ses nuits et ses cauchemars et surtout, il apparaît partout. Ici, des policiers vêtus de noir, montés sur des chevaux noirs, là-bas, un jeune homme habillé en noir accompagné d’un chien couleur de nuit. Alors que la jeune fille tente d’accepter son destin, sa rencontre avec Juan, un vagabond en fuite, va bouleverser son été.

Ava, c’est l’histoire de la fin de l’enfance et du saut dans l’âge adulte. La peur de grandir tout en sachant que l’avenir sera sombre – littéralement – mêlée à l’excitation de la découverte. Tout au long du film, deux tons se superposent et se complètent. D’un côté, les conversations entre la mère et la fille, les cris et les larmes, les disputes, mais aussi les câlins et les mots doux. De l’autre, une sorte de descente dans la folie, une expansion incontrôlable du noir. Partout. Un noir qui fait crier la nuit et terrorise même le jour.

« Ava, ça veut dire je désire… Je désire quoi ? Comment peut-on désirer quand on ne voit rien ? »

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Bac Films

C’est la voix de la jeune fille qui raconte l’histoire, parfois presque recouverte par le hurlement de la mer et la violente beauté de la musique. Elle dit sa peur et sa douleur, sa rage et son espoir.

Ava ne voit pas la nuit et ne verra même bientôt plus du tout. Le spectateur est transporté dans ce tunnel angoissant, parfois perdu entre les visions de la jeune fille et la réalité.

Comme pour exacerber ces sensations, les lumières sont vives le jour et uniquement jaunes et bleu foncé la nuit. Ainsi, tout se confond. Les peaux mates de Juan et Ava, le poil noir du chien et le bleu du ciel. Si cela peut être déroutant au premier abord, on se laisse bien vite emporter dans l’esprit-même d’Ava, dans cette découverte d’une vie autre.

Le film nous transporte donc dans une épopée étrange entre la fin du monde de l’enfance et le renouveau sombre de l’âge adulte. À la fois poétique et réel, il est de ces films auxquels on peut imaginer une suite à son goût. Selon son interprétation.

Mathilde BERG

Crédit image à la une : Bac Films
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