La belle histoire de Ce qui nous lie

Vingt-trois ans après son premier film, Le Péril jeune, devenu culte, Cédric Klapisch réalise son quinzième long-métrage, Ce qui nous lie. Les vignes de Bourgogne occupent le premier plan dans ce drame familial qui a le délicieux goût amer et fort d’un vin que l’on se doit d’apprécier.

C’est bien connu, même dans les familles où tout va pour le mieux, le départ vers l’au-delà d’un proche déstabilise toujours cet équilibre pour laisser apparaître les failles profondes des liens familiaux. Lorsque Jean revient au domaine viticole familial, après dix longues années d’absence, son frère et sa sœur sont partagés entre la joie de le retrouver et le sentiment d’avoir été trahi, de ne plus le connaître. La mort de leur père quelques jours plus tard les force à mettre leurs états d’âme de côté pour faire face à des problèmes très concrets qu’ils doivent gérer à trois. Un domaine viticole, un héritage, une famille à reconstruire.

Cédric Klapisch aime peindre la vie comme elle est et comme elle vient. Parfois on pleure, parfois on rit et parfois, c’est juste le quotidien. Ce qui nous lie fait partie de ces films qui font du bien en nous faisant du mal. Cet amour fraternel parfois conflictuel qui lie les trois jeunes adultes est si sincère et réaliste qu’il ne peut que provoquer des émotions aussi fortes que si cette famille était la nôtre. La fratrie est un complexe enchevêtrement de liens forgés depuis l’enfance sous l’influence des parents et rares sont les films qui le mettent en lumière d’une manière aussi vraie que belle.

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©Studiocanal / Ce Qui Me Meut

En s’attaquant à une des fondations de la culture française, le vin, Klapisch choisit de nous montrer son amour pour ce pays et pour ses traditions. Sans cette connexion à la nature que demande la fabrication d’un bon vin, la culture française perd de son authenticité et de son essence. Plus qu’une ode à la boisson, Ce qui nous lie est un réel poème amoureux à la France à travers les magnifiques plans des saisons qui passent en Bourgogne, les fêtes dans les maisons en pierre après les vendanges et les personnages qui incarnent cette France multiple.

Le trio formé par Pio Marmaï, Ana Girardot et François Civil fonctionne à merveille. On n’aurait pu rêver mieux. Cédric Klapisch renouvelle son casting « habituel » pour donner vie à ce projet qui mûrit depuis déjà plusieurs années et il a raison. Ce qui nous lie donne de la voix à cette nouvelle génération d’acteurs intrépides qui ont du mordant et ne demandent qu’à exercer leur métier pour participer à son renouvellement.

A travers cette belle histoire familiale, Cédric Klapisch prouve qu’il est encore possible de faire des films qui ressemblent à des petits bijoux. Comme un vin qu’on laisse dans sa cave quelques années, quand on ouvre la bouteille, quand on découvre ce film, le bonheur de sentir qu’il constitue un précieux moment nous envahit et nous accompagne pour un moment encore.

Pauline THURIER

Crédit image à la une : Studiocanal GmbH

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