Le twirling bâton, un sport de passion

Trop souvent confondu avec les majorettes, le twirling ne se résume pas à agiter un bâton en défilant dans la rue. A l’occasion du championnat de France de la « National baton twirling Association » (NBTA) qui s’est déroulé du 3 au 6 juin en terre alsacienne à Sélestat, Jollies vous propose d’entrer dans les coulisses d’un sport atypique.

Émotion, persévérance, souplesse, agilité, technique, théâtralité et grâce, autant d’exigences qui qualifient le twirling bâton. Sportive avant tout, la pratique n’en est pas moins artistique : maquillages harmonieux, justaucorps scintillants de mille feux, coiffures ornées de bijoux, et sourires enjôleurs permettent de créer une atmosphère très esthétique. Un mixte entre la gymnastique rythmique et la danse contemporaine, le tout avec une barre métallique à deux embouts. Au gré de musiques imposées ou choisies, d’une à sept minutes en fonction des catégories, les athlètes présentent individuellement, en duo, en équipe ou en groupe leurs compositions, fruit de longs mois d’entrainement. Car non, il ne suffit pas de tourner l’engin dans ses doigts comme on pourrait le faire avec un stylo. Il suffit aux quelques personnes médisantes  d’essayer ce sport pour comprendre le temps, la patience et la persévérance qu’il requiert. Un acharnement de longue haleine fait de joie certes, mais aussi de déceptions, d’échecs, de répétitions, et de renouvellement permanent. L’élève découvre d’abord les bases comme  les doigts, les roulés (mouvement du corps et du bâton en symbiose où l’engin doit glisser de manière fluide), les lancés, les flips et acquiert une dure rigueur : troisième position, pieds pointés, jambes et bras tendus, grands écarts et la fameuse illusion (rotation de la jambe à la verticale). Un apprentissage de base qui dure des années. Une fois ces fondements acquis, 1, 2, 3, 4, 5 tours sous les lancés, ou 1, 2 voire 3 illusions, des rattrapages variés (à l’aveugle, dans le dos, sous les jambes,…), des sauts, de la vitesse, et une multitude de possibilités. C’est d’ailleurs l’originalité d’un enchainement et la personnalité du twirleur sur le praticable qui pourront le distinguer des autres en dehors de sa technique.

 

Pour vous mettre dans l’ambiance, présentation avec une légende du twirling bâton : Dana Vaïtilingom.

 

Des disciplines variées et complètes

Danse solo Stéphane Moreira
©Czaplicki Marylou

Si le twirling reste majoritairement une pratique féminine, les garçons sont de plus en plus nombreux à s’y adonner. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont impressionnants.  Toutefois, toutes les disciplines ne leurs sont pas ouvertes. Les solos en 1, 2, ou 3 bâtons  où le pratiquant joue de son ambidextrie et de sa coordination sur une musique imposée en évoluant sur un espace restreint ainsi que  les duos, les équipes twirling et pompom, et les danses twirling (avec des thèmes et des musiques choisies) leurs sont autorisés. En revanche, le « strutting » qui met principalement en avant la souplesse, le cardio et où les lancés sont strictement interdits se trouve réservé aux filles.

La France, qui dispose de talents en or, a dominé le Championnat d’Europe cette année. Quant au niveau mondial, les États-Unis (où ce sport est une véritable institution comme en témoignent les classes sport-études) règnent depuis des décennie sur l’horizon du twirling.

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Un grand National de haute voltige

Maeva Arnaud
©Czaplicki Marylou

Ce weekend, les meilleurs athlètes de France se sont donnés rendez-vous à Sélestat, (élue ville la plus sportive en 2010) pour remporter un titre national. Si les déceptions sont inévitables pour certains, d’autres repartent avec de belles victoires. Quoi qu’il en soit, tous n’en retiennent que de merveilleux souvenirs. Pour les déçus, une promesse de réussite future, au mieux une leçon. Pour les gagnants, la joie de voir son travail récompensé et de partager ces instants uniques avec son coach, sa famille et ses amis.

La catégorie pompoms associant de la danse artistique et dynamique, le tout agrémenté de tableaux visuels, nécessite une bonne dose d’endurance. Dans cette discipline, la Bourgogne, l’Alsace et les Côtes-d’Armor s’imposent. En équipe twirling, les Corses raflent la mise en raison d’une cohésion à toute épreuve et d’un talent éclatant. Mais presque toutes les régions ont leur moment de gloire, les pépites individuelles se trouvant dans chaque coin de France.

Fervent mélange de larmes, de stress, de joie, et d’euphorie, mais aussi de partage, d’amitié et de solidarité, le twirling s’avoue être un ascenseur émotionnel à part entière.

Vers les Jeux Olympiques ?

Et là, vous vous dites : « alors pourquoi n’ai-je pas entendu parler du twirling avant ? » Tout simplement en raison de la faible reconnaissance et médiatisation de ce sport. Mais le regard porté sur cette discipline se meut progressivement, puisque les deux fédérations existantes (NBTA et FFTB*) mènent de front une alliance en vue d’organiser des jeux mondiaux.

Lecteurs, lectrices, préparez-vous donc à bientôt enfiler vos chaussons et revêtir votre justaucorps pour manier l’art du bâton à la perfection, ou à défaut,  le regarder à la télé.

*FFTB : Fédération Française de twirling bâton

Marylou Czaplicki

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2 réflexions sur “Le twirling bâton, un sport de passion

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