L’Animalisme dans l’arène politique

L’animalisme est un courant éthique qui défend les droits des animaux et milite pour leur protection ; ce terme a été utilisé pour la première fois par George Orwell dans une des ses œuvres majeures La Ferme des Animaux .

En cette veille d’élections législatives, zoom sur le parti à l’affiche violette et cet adorable chaton aux yeux bleus. Il s’agit de celle du Parti Animaliste, qui se place en ferme défenseur de la cause en présentant un programme pratiquement entièrement centré sur l’animal.

Qui sont-ils, que font-ils ?

Fondé en mars 2016 puis lancé en novembre 2016, le Parti Animaliste assume sa position nette : politiquement indépendant et centré sur le bien-être de l’animal.    « Tout a commencé lors d’un colloque sur la cause animale. J’y suis allée avec l’idée de créer un parti, et à l’issue de cette conférence, nous étions un certain nombre à vouloir fonder quelque chose » explique l’une des co-fondatrices Isabelle Dudouet-Bercegeay lors d’une interview pour le journal La Croix. Ils sont donc plusieurs à unir leurs forces pour créer le Parti Animaliste qui répond à des questions d’actualité d’ordre écologique mais surtout éthique : Samuel AIRAUD, Nathalie DEHAN, Héléna BESNARD, Melvin JOSSE, Hélène THOUY et Isabelle DUDOUET-BERCEGEAY.

Les prises de position sont fermes et ont pour but de mobiliser la société et de se débarrasser de la place marginale  qu’à la défense et la protection animale dans les débats, projets politiques et institutions.

 

Petit parti, vaste programme

Soigneusement éludée lors des élections présidentielles et vue comme la 5ème roue du carrosse, la question animale est abordée en long et en large avec le programme du Parti Animaliste. Les grandes lignes du programmes se divisent en huit catégories fournies : éducation, expérimentation, droit animal, les animaux d’élevage de compagnie, sauvages et de la chasse, de divertissement, et espaces marins.

Le programme comporte des propositions radicales comme l’abolition de la corrida, le broyage des poussins/canetons ou encore la fermeture des fermes fourrure. La création d’un ministère dédié afin de lutter contre l’ambiguïté dans laquelle se trouve le Ministère de l’Agriculture est également mentionnée ainsi que l’institutionnalisation de la Protection animale en éditant une Charte Animale et un Code de la Protection Animale. Le Parti Animaliste propose des actions précises et ambitieuses et des encadrements sévères pour les abattoirs mais aussi pour les refuges, le commerce d’animaux et la chasse. La liste exhaustive des points de leur projet se trouve sur leur site https://parti-animaliste.fr

 

Dans l’arène des législatives

147 candidats dans 57 départements, c’est un bel engouement pour ce jeune parti qui fait office de jeune premier aux milieux des Républicains, des Insoumis et des Marcheurs.

Les Animalistes restent lucides : leur participation n’aboutira pas au placement de députés mais aura pour but d’interpeller la population . Leur objectif est de réaliser 1% des voix pour obtenir des subventions publiques afin de développer leur mouvement.

 

Un kaléidoscope révélateur

Composé de deux tiers de femmes et en quasi-totalité de citoyens de la société civile, ce parti est le fruit d’une mixité sociale convergeant vers un seul et même intérêt commun: celui de la protection animale.

Cela révèle une prise de conscience générale : il y a quelques années, on s’indignait sur les végétariens, le vegan était aussi dangereux qu’un fanatique de la plus obscures des sectes et la protection animale et l’écologie étaient réservées aux bobos adeptes de graines en guise de nourriture. Les mentalités évoluent et doivent être soutenues dans ce sens et dans un intérêt commun, puisqu’il n’est plus utile de justifier le lien qui existe entre les animaux et les humains.

Ces élections doivent être un accélérateur pour le parti certes mais aussi et surtout pour la sensibilisation à la cause animale qui est bien trop souvent délaissée à cause d’une politique de l’autruche…. Cette candidature reflète cependant une véritable évolution culturelle et sociétale, résultat de l’activisme des associations de défense des animaux, de la floraison littéraire de nombreux auteurs comme Aymeric CARON pour son désormais célèbre Antispéciste, Claude LEVI-STRAUSS pour l’instructif Anthropologie structurale ou encore le convaincant Yes Vegan ! de Catherine HELAYEL.

Coup d’œil à l’international : le Parti n’est pas isolé et entend bien progresser comme ses frères néerlandais (Parti pour les Animaux : 50 sièges répartis) et espagnols qui connaissent une belle progressions lors des élections générales (Parti contre la Maltraitance Animale : de 0,14% des suffrages exprimés en 2008 contre 1,19% en 2016). Le parti s’inscrit alors dans une démarche qui a fait et fait ses preuves à l’international et prouve ainsi la pertinence de la question animale.

Le Parti Animaliste exprime un intérêt fort et grandissant pour le bien-être, le respect des animaux et des ressources terrestres tandis que nombre de personnes usent et abusent d’excuses datées pour faire barrage à l’évolution de leur confortable mode de vie. Cependant un obstacle considérable existe sur le chemin du Parti Animaliste : le monothématisme qui risque de décrédibiliser et, à terme, de marginaliser un des partis les plus raisonnés et résolument social de ces élections.

 

Crédits photos: Claire DELAGE

Claire DELAGE

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