« Les hommes n’y font pas attention » ou pourquoi Lara a arrêté de s’épiler et de se raser…

A l’heure du « body positive », mouvement qui prône l’acceptation de son corps tel qu’il est, quelques femmes arrêtent de s’arracher les poils et l’assument haut et fort. La honte s’estompe pour laisser place à une joie de vivre, une fierté d’être soi. Pendant deux mois, Lara, 20 ans, a été l’une de ces femmes.

Jollies Magazine : Quand as-tu arrêté de t’épiler/ te raser?

Lara : Seulement pendant deux mois, de février à avril mais cela faisait déjà quelques temps que je l’envisageais.

JM : Pourquoi ?

Lara : A vrai dire, pour une multitude de raisons. Ca prend du temps, c’est cher, ça fait mal et je commence à trouver ça de plus en plus futile.

D’autant plus qu’une épilation nickelle dure une bonne semaine ; trois semaines de pousse sont ensuite nécessaires pour la prochaine. Il faut aussi éviter de se raser, ou de s’épiler entre deux, par risque d’avoir deux repousses et de passer son temps poilue.

C’est un véritable casse tête alors que les poils sont une partie de nous, au même titre que les cheveux ou les cils.

La société nous dicte que la pilosité est sale mais j’en ai eu marre que l’on me dise ce que je dois faire juste pour ne pas être mal regardée.

JM : Tu es hétérosexuelle, comment les garçons réagissent-ils?

C’est ce qui m’a radicalement fait changer d’avis. Tous les garçons que j’ai connu ont compris. Et, poilue, je les excitais autant que lorsque je m’épilais. Alors pourquoi se faire du mal? 

Si le sexe à qui on souhaite plaire est prêt à passer outre, je trouve ça triste de se forcer pour ne pas se faire critiquer.

Et les filles?

C’est triste mais c’est à cause d’elles que j’ai recommencé. Les filles sont élevées dans la concurrence et beaucoup jugent facilement.

C’est dommage parce que si on arrêtait toutes de s’épiler, on serait toutes plus tranquilles mais une fille ne doit pas avoir de poil, c’est comme ça.

JM : T’as t-on déjà fait des remarques déplacées?

Lara : Ca dépend des contextes. Certains de mes cercles de connaissances comprennent très bien mon choix, même s’il ne le feraient pas. D’autres m’ont jugée ouvertement ou derrière mon dos. Cela m’a blessée mais je m’y attendais.

L’instant le plus gênant de ma vie s’est déroulé pendant mon cours de natation. Au début, pour oser me présenter poilue devant mon groupe essentiellement composé d’hommes, je ne vous cache pas que j’ai du prendre mon courage à deux mains.  Mes jambes poilues les ont perturbé dans un premier temps, ils louchaient dessus ‘discrètement’. (rires) Heureusement, ils s’y sont habitués après. Même si c’est pas facile et à assumer et à comprendre, tout est histoire d’explications.

Quand tout le monde est au clair avec ça, la vie parait plus belle : plus besoin de se raser toutes les semaines, de calculer le jour d’idéal pour s’épiler, de se torturer à dissimuler deux trois poils. On a plus confiance en soi et on cesse de se tourmenter pour deux trois petits ‘défauts’.

JM : Pourquoi as-tu recommencé à t’épiler? 

Lara : En fait, c’est parce que j’ai déménagé : les habitants sont plus fermés d’esprit dans la vile dans laquelle je sus arrivée et j’avais pas envie de me prendre des regards déplacés. Peu de gens comprennent même avec des explications. J’ai fini par me remettre en question mais je compte ré-arrêter en quittant cette ville le mois prochain.

* Le prénom a été modifiée. La jeune fille a décidé de rester anonyme.

Léa SURMAIRE

image à la Une : Gustave Caillebotte, Femme nue étendue sur un divan

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