BLOG – Guide de survie n°2 : Comment survivre lorsqu’on est un garçon manqué féminine ?

« Tu te tiens vraiment comme un bonhomme » est l’une des phrases que j’ai le plus entendu dans ma vie. Ce qu’elles ne savaient pas, c’est que toutes les personnes avec qui j’ai pu en rire m’auront également plongé dans une introspection profonde et intéressante de moi-même.

Déjà petite, je n’étais pas vraiment du genre « poupées et couettes roses ». Non seulement je détestais les Barbies, les poupées en général me faisaient peur. Quand je raconte ça à d’autres nenettes, certaines (la plupart) me répondent « t’as trop raison, moi aussi je passais plus de temps à leur arracher la tête qu’à les coiffer ! » Sauf que moi, je ne me donnais même pas cette peine. Je ne m’en préoccupais pas, tout simplement. Les poupées/bébés ne représentaient aucun intérêt à mes yeux. Je trouvais même ça niais (on va penser qu’à 8 ans je lisais le journal et fumais la pipe…).

Alors vous allez me dire, quelles étaient mes occupations à l’époque où j’étais haute comme trois pommes ? Déjà, ma taille n’a pas beaucoup évoluée depuis et mes activités préférées étaient de faire la casse-cou(illes). Je rentrais tous les jours avec des centaines de bleus sur le corps, au point que mes parents avaient peur que les gens croient que j’étais une enfant battue. De l’énergie à revendre, ça oui j’en avais ! Loin de moi l’idée d’écouter Lorie en faisant des tresses à mes copines (les filles de ma classe faisaient ça), je préférais tourner autour de la moto de mon père. Je n’ai jamais su réaliser un seul scoubidou, je n’aimais pas m’attacher les cheveux et j’avais horreur des jupes. Une fois, ma mère a voulu m’inscrire à la danse classique ou à la gym (…) (…) Comment vous dire que de telles disciplines me donnaient envie de retirer le balai qui semblait coriacement implanté dans le derrière des personnes qui les enseignaient. Je me suis donc  tournée vers le judo, le foot, le roller, le vélo dans les champs et la danse moderne que j’ai tout de même pratiqué plusieurs années et qui est restée une passion.

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Personnalités « garçons manqués féminines » influentes

Autre activité – pas des moindres – que j’adorais absolument : regarder mon frère jouer aux jeux vidéos. J’aurais pu y passer des heures. Ce que je faisais, d’ailleurs. Autant j’appréciais m’impliquer dans tout ce dont il m’était possible de m’impliquer à l’époque, autant dans ces moments je me fichais d’avoir la manette dans les mains. Ce que j’aimais, c’était regarder. Puis j’ai fini par comprendre que le jeu vidéo m’attirait en général et ainsi est née ma première liste de video games favoris (Zelda, Pandemonium, Super Smash Bros, Tombi!, Tekken, j’en passe, mais le plus grand de tous, le saint des saints, mon Graal à moi : Kingdom Hearts.)

L’humour de South Park me faisait grassement marrer, je trouvais ridicule que les filles se maquillent et j’adorais sauter dans les flaques d’eau, quitte à salir mes salopettes -c’était même mieux -. Avec le temps, rien n’a vraiment changé… Rick et Morty et Bojack Horseman font partie de mes séries préférées, les Youtube Poop sont toujours un classique et je continue de porter des salopettes. Sauf qu’aujourd’hui, je peux les porter avec des talons.

Et oui, les années ont passé et ont ramené avec elles leur lot de joies, comme les règles, les soutiens-gorge ou le regard des autres. Au collège, je ne comprenais pas pourquoi on se moquait de mes gros sourcils ni pourquoi on me regardait de travers quand je remontais mes sarouels (moi, ancienne baba cool) jusqu’en haut de mon ventre pour avoir l’air d’une paire de jambes avec une tête. Autant je trouvais ça drôle, mes ami(e)s aussi, autant je sentais qu’on me percevait comme une créature étrange provenant d’une galaxie très très lointaine. Jusqu’à ce que je finisse par comprendre : ces réactions ne correspondaient tout simplement pas aux conventions sociales, s’imposant doucement lorsqu’on a 12 ans, un vagin et les seins qui poussent. J’ai donc fais ce que n’importe qui aurait fait. Je me suis mise à observer. Les filles s’épilaient les 3 poils qui leur poussaient sur le corps – sourcils inclus -, s’essayaient au domptage de cheveux et à l’application du crayon noir sous les yeux. Crayon qui, par ailleurs, leur coulait si loin sous la paupière que certaines auraient pu en avoir sur les joues en fin de journée. Mais visiblement, c’était l’attitude à adopter, alors voilà comment on se retrouve à lisser sa tignasse trois ans durant bien que sa fibre capillaire y soit totalement incompatible. Mes cheveux ne me l’ont jamais entièrement pardonné, d’ailleurs.

Heureusement, après la sombre période qu’est la pré-adolescence vient celle de l’adolescence. Elle aussi possède son package d’évènements cools et moins cools, mais au moins on commence à mieux se connaître. C’est là, à cet instant précis, que tout est devenu plus facile. Me maquiller fut devenu un plaisir dès lors que j’ai compris ce qui m’allait et ce qui ne m’allait pas, j’ai développé un intérêt certain et grandissant pour le monde de la mode et je n’ai eu aucun mal à inclure robes, collants, shorts et bijoux dans ma garde-robe. J’ai simplement accepté qu’au delà de toutes ces choses, j’opterais toujours plus pour des cheveux naturellement en bataille qu’un brushing, mon vernis finirait toujours un peu écaillé si je décidais d’en mettre et je serais toujours plus à l’aise décontractée que sophistiquée. Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier être coquette, voir complètement girly, parfois.

Si vous aussi, il vous est déjà arrivé de ne pas savoir comment gérer cet aspect « garçon manqué féminine » de votre personnalité, voici quelques conseils :

  • Ce n’est pas un choix, c’est une attitude innée. Acceptez-vous, nom de Zeus ! Ce n’est pas parce que vous portez un joli décolleté (et que vous appréciez le faire) que vous êtes obligée de vous tenir les jambes croisées, le dos bien droit à minauder.
  • La société tente de nous inculquer indirectement que « sexe féminin » et « humour » ne font pas bon ménage. Voilà pourquoi vous avez peut-être déjà eu la sensation que vous alliez être un tue l’amour si vous vous mettiez à lâcher une blague ou deux… Maintenant relisez cette phrase. C’est bon, vous la mesurez, la stupidité du truc ?
  • Il vous arrivera parfois de vous sentir plus proches de vos amis mâles que de vos amies femelles. Parfois même, vous vous surprendrez à vous comporter ou à les conseiller comme si vous étiez l’un des leurs. Mais au final, vous apporterez toujours votre touche personnelle, un espèce de « je ne sais quoi » un peu femme, quoi…
  • Si on vous dit « j’aurais jamais cru que derrière tes longs cils t’aimerais [ insérer un sujet un tant soit peu masculin ] », faites le dromadaire. Bon, non, ne faites pas ça. Mais vous pouvez toujours prouver qu’aimer l’un et l’autre ne sont pas incompatibles. Sans avoir à vous justifier, évidemment. Il ne manquerait plus que ça.
  • Si on vous dit « arrête de te tenir comme un bonhomme », grattez-vous les c*uilles. « Arrête de parler comme un bonhomme », lâchez un rot. (C’est faux, ne faites pas ça non plus). De toute façon vous n’en avez pas, des c*uilles. Aux dernières nouvelles, tout du moins…
  • N’allez pas à l’encontre de qui vous êtes. Cela ne fera que vous freiner davantage. Si vous êtes du genre à parler fort, à pratiquer le dixième degré ou à ne pas vous sentir parfaitement à l’aise sur des talons (bien que vous trouviez ça joli), ça n’a aucune fichtre importance. Il est temps d’arrêter la stigmatisation des genres et de décomplexer.
  • Vous avez le droit d’aimer plaire. Cette phrase ne nécessite aucune autre explication.
  • La rouetourne tourne. Ce message s’adresse aussi bien aux concernées qu’aux ados et pré-ados en général : les sourcils que l’on me jugeait « trop épais » sont vite devenus un sujet de flatterie et de compliments lorsque la tendance s’est tournée vers la pilosité importante de Cara Delevingne. Encore aujourd’hui, elle est sur tous les podiums voire dernièrement, Instagram en a fait sa lubie en les modelant sous forme de feuilles velues. Comme quoi…
  • Vous avez un point fort qui plairait beaucoup à Cristina Cordula : vous excellez dans l’art du « féminin masculin ». En fait, vous êtes même la queen de ce concept.

sourcil
Sourcils Feuilles (crédit: Instagram)

En espérant que ce guide de survie aura pu vous aider un peu, n’hésitez pas à nous faire part de vos expériences si vous aussi vous avez déjà été confrontées à des situations similaires et la façon dont vous l’avez géré/le gérez au quotidien. On adore vous lire 😉

Tifaine PIMENTEL

Crédit photo à la Une : Pinterest
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