Qué pasa Venezuela ?

Le Venezuela fait aujourd’hui face à une crise économique et politique sans précédent. Inflation démesurée, pénuries et manifestations violemment réprimées, le président Nicolas Maduro, successeur d’Hugo Chavez, est de plus en plus impopulaire, à tel point que la population descend dans les rues pour demander son départ.

 

Les débuts de la crise

La crise au Venezuela a commencé en 2015, avec la chute brutale du cours du baril de pétrole. Si il est aujourd’hui remonté aux environs de 50 dollars le baril, il a chuté, en janvier 2016, sous la barre des 30 dollars. Or le Venezuela a les réserves pétrolières les plus importantes du monde, et 96% de ses ressources viennent de cette matière première. La chute du cours du baril a donc entrainé une forte inflation qui n’a cessé d’augmenter, pour frôler aujourd’hui les 1000%.

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Manifestations anti-Maduro, Wikimedia

D’importantes conséquences politiques

L’inflation a induit une hausse du prix des denrées, mais aussi des médicaments, majoritairement importés. On estime aujourd’hui que le pays fait face à une pénurie de 80% des médicaments et des aliments. Les vénézuéliens font jusqu’à 35h de queue par semaine pour récupérer des denrées de base, comme du riz ou du sucre, grâce à des tickets de rationnement distribués par l’Etat. Mais cela ne suffit pas. Les habitants vont jusqu’à fouiller les poubelles publiques dans les grandes villes, à la recherche de nourriture consommable, et certaines femmes finissent par vendre des mèches de leurs cheveux. L’extrême précarité dans laquelle vivent aujourd’hui les vénézuéliens a entrainé un raz-le-bol politique ; Nicolas Maduro, successeur d’Hugo Chavez, avait promis, suivant la ligne de son prédécesseur, d’utiliser les revenus de la vente pétrolière pour financer des mesures sociales. Or aujourd’hui le pays connait la plus grave crise de son histoire, et Maduro ne fait que durcir sa politique, en faisant des coupes dans le budget et en restreignant les programmes sociaux.

Basta ! Quand l’Etat va trop loin

Depuis le début des manifestations massives de mars, plus d’une trentaine de civils ont été tués par les forces de l’ordre et l’armée, qui soutiennent Maduro. Les citoyens demandent le départ du président avant la fin de son mandat, en 2019. Un referendum sur son hypothétique départ devait avoir lieu fin 2016, mais sera constamment reporté. Maduro nomme alors le socialiste Tareck El Aissami au poste de vice-président, s’assurant ainsi, en cas de départ, que ses idées et sa politique soient continués par un successeur du même bord.

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Nicolas Maduro, Wikimedia

A la fin du mois de mars, la Cour Suprême, qui soutient le président chaviste, avait annoncé s’octroyer les pouvoirs du parlement d’opposition, à majorité de centre-droit. Grâce à ce soutient, Maduro se retrouvait dépositaire du pouvoir exécutif, mais aussi législatif et judiciaire. A l’annonce de cette décision, les vénézuéliens sont descendus massivement dans la rue, allant jusqu’à faire reculer la Cour Suprême qui avait annoncé aussi la suppression de l’immunité des parlementaires. Il s’agissait d’un moyen, pour les soutiens à Maduro, de faire pressions sur ses opposants via une menace judiciaire. Cette mesure, elle aussi, face aux manifestations, sera abandonnée. Le principal opposant du président, Henrique Capriles, de centre droit, est considéré comme le rival le plus apte à renverser Nicolas Maduro. Mais ce dernier a été déclaré inéligible pour 15 ans par l’organisme public du contrôle des fonctionnaires, prétextant des irrégularités dans sa gestion des fonds publics.

Aujourd’hui le pays s’enfonce donc de plus en plus dans une crise, d’abord économique mais aussi politique, qui pourrait être la genèse de la refonte du modèle vénézuélien. Il semblerait pourtant que, malgré les violentes manifestations de son peuple et les condamnations de la communauté internationale, Nicolas Maduro, ne soit décidément pas enclin à quitter le pouvoir.

Clémentine Rigot

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