Chine et Corée du Nord : une relation sous tension

Situé au sud de la Chine, le régime dictatorial de Kim Jong-Un fait parler de lui a chaque nouvel essai nucléaire. Plus qu’une simple notification sur une appli d’info, il est important de prendre au sérieux les agissements de ce petit pays d’Asie orientale qui prend de plus en plus de place dans la diplomatie internationale au point d’en inquiéter l’ONU et la Maison Blanche.

 

Une zone asiatique déjà sous tension

Assez tus dans les quotidiens européens, les conflits en mer de Chine sont passés sous silence au profit des démonstrations de force du régime nord-coréen qui occupent le devant de la scène. Pourtant, ces derniers temps les tensions autour de cette mer de 3 000 kilomètres de long sur 1 000 kilomètres de large sont de plus en plus importante.

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La mer de Chine méridionale. Crédits : Google Maps.

Entourée par 8 des plus grands pays asiatiques, elle cristallise de sérieux enjeux économiques et territoriaux. Aujourd’hui elle est le théâtre d’affrontements diplomatiques crispés entre les puissances asiatiques qui cherchent à contrôler cette mer par laquelle transite 1/3 du commerce mondial à l’image de la discorde qui a éclaté entre la Chine et les Philippines en 2015: le second accusant le géant asiatique de construire des îles au milieu de la mer de Chine afin d’augmenter sa zone économique exclusive…

Il faut donc ainsi remettre la relation sinocoréenne dans un contexte plus large, celui d’une ère asiatique gourmande, contrôlée par des intérêts économiques et géo-politiques forts.

Une alliance vieille de 70 ans

L’histoire de l’alliance asiatique remonte à la défaite du Japon contre les Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Alors occupée par les Japonais depuis 1910, la Corée (unifiée) se retrouve alors libérée de son oppresseur…mais rapidement divisée en deux parts : au nord et au sud par les vainqueurs lors de la conférence de Yalta.

Les deux Corées ainsi crées, chacune aura un rôle à jouer au cours de la Guerre Froide : la Corée du Nord alliée des Russes et des Chinois contre la Corée du Sud pro-Américains. Ainsi, et ce malgré la guerre de Corée entre 1950 et 1953, la Chine partage une frontière avec la Corée du Nord depuis 1945. Frontière au cœur de sa relation avec le pays dictatorial.

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Carte de la Chine, de la Corée du Nord et de la Corée du Sud. Crédits : Jacques Beaulieu sur flickr.com.

L’Etat tampon Chinois qui rapporte gros

Longue de 1300 km, cette frontière qui sépare la Corée de la Chine pousse le géant chinois à agir en conséquence: il maintien le régime dictatorial coréen en place par peur de voir arriver un gouvernement pro-américain à ses frontières (comme en Corée du Sud). Ainsi, la Chine n’a de cesse d’appuyer et de venir en aide à la dynastie des Kim, qu’elle soutien depuis sa fondation au XXème siècle, un genre « d’Etat tampon » entre elle et la Corée du Sud où 30 000 soldats américains sont aujourd’hui stationnés.

« Elle (la Chine NDLR) redoute une Corée réunifiée avec une péninsule sous influence américaine si le régime du Nord devait s’effondrer.» explique Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à Libération. »

En plus d’un intérêt géopolitique, elle trouve un intérêt économique à son alliance avec Pyongyang. Les chiffres parlent d’eux mêmes: la Chine satisfait 90% des besoins en hydrocarbures et 45% des besoins alimentaires de son voisin ! Un sacré client pour l’économie Chinoise, ce qui peut justifier le fait qu’elle ne fasse que « regretter » les tirs de missiles effectués par la Corée du Nord, tirs pourtant considérés comme de claires « provocations » par l’Onu, dont la Chine est un des membres du Conseil de Sécurité.

L’envol nord-coréen mal vécu par Xi-Jiping

De plus en plus (et cela malgré leur longue amitié) Kim Jong Un, actuel dirigeant de la Corée du nord, semble vouloir prendre ses distances avec la Chine, une situation que Pékin vit plutôt mal.

Une volonté d’indépendance du pays coréen peut être une des raisons de ces nombreux essais nucléaires (5 pour le moment) qui montrent la volonté du pays à se doter d’un véritable arsenal pour être indépendant militairement parlant. Une volonté d’indépendance à laquelle la Chine a répondu en stoppant ses importations de charbon vers la Corée jusqu’à la fin de l’année 2017.

De leurs côtés, les médias officiels nord-coréens ont haussé le ton il y a quelques jours, rappelant à la Chine qu’elle devrait remercier le régime pour son aide dans la lutte contre le capitalisme américain, avant d’ajouter par l’intermédiaire de la Korean Central News Agency:

 « La Corée du Nord ne mendiera jamais pour le maintien de l’amitié avec la Chine, mettant en péril son programme nucléaire qui est aussi précieux pour elle que sa propre vie »….

Léa GORIUS

 

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