Fashion Revolution Week : rencontre avec Adèle Rinck, de Fashion Revolution France

Depuis l’effondrement de l’usine textile de Rana Plaza, au Bangladesh, le 24 avril 2013 qui a fait 1135 morts et plus de 2500 blessés, le monde de la mode s’efforce d’être plus responsable. Chaque année, le Fashion Revolution Day est célébré dans plus de 90 pays du monde. Jollies Magazine a discuté avec Adèle Rinck, membre de Fashion Revolution France. L’association veut faire changer les mentalités dans l’industrie de la mode française.

Jollies Magazine : Comment est née l’association Fashion Revolution ?

Adèle Rinck : Fashion Revolution est un groupement d’intérêt communautaire international porté par 92 pays dont le siège est situé en Angleterre. Le 24 avril 2013 à Dacca au Bangladesh, le nom du Rana Plaza est devenu tristement célèbre dans le monde entier. L’effondrement des ateliers de confection textile a causé la mort de 1134 personnes et plus de 2 500 ont été blessées.

Suite à ce tragique évènement, cette communauté a été créée par Carry Sommers et Orsola do Castro (deux créatrices anglaises) qui ont contacté Sabrina Cherubini et Isabelle Quéhé qu’elles ont missionné pour créer et coordonner la French Team. Les filles m’y ont intégré dès la première année.

JM : Quels sont les objectifs de Fashion Revolution ?

A.R. : La Fashion Revolution est un mouvement global qui travaille pour une industrie de la mode plus durable, qui fait campagne pour accompagner l’industrie pour une plus grande transparence des chaînes d’approvisionnement.

Nos objectifs sont :

– de développer la connaissance des coûts réels de fabrication de la mode et de ses impacts à chaque étape du processus de production, de distribution jusqu’à la consommation.

– de montrer au monde qu’un changement est possible en mettant en avant et en célébrant ceux qui proposent une mode respectueuse de l’homme comme de la planète.

– de rassembler toutes les personnes qui intègrent la chaîne de valeur (ndlr : différentes étapes de la production), du cultivateur à l’ouvrier d’usine, de la marque aux acheteurs, du consommateurs aux militants, pour poser des questions qui challengent l’industrie : qui fait la mode ? Dans quelles conditions ? Avec comme but de reconnecter les liens entre ceux produisent, vendent et achètent la mode.

– de travailler sur le long-terme pour une mode qui garantit des conditions équitables, sans danger et solides à ses parties prenantes afin de s’assurer que ce qui est arrivé au Rana Plaza ne se reproduise pas.

Chaque année nous faisons une campagne virale et nous organisons des évènements pour inciter chacun à prendre part à la Fashion Revolution.

JM : Qu’est ce qui vous a poussé, personnellement, à vous lancer dans la mode éthique ?

Il y a 10 ans, j’ai lu un article sur une entreprise sociale de mode au Brésil dans Glamour. Une jeune femme avait monté des ateliers de couture dans les favelas pour donner de l’autonomie aux femmes qui vivaient dans ces zones défavorisées. J’ai eu un déclic : je pouvais travailler dans la mode qui m’attirait tant, tout en y trouvant beaucoup de sens.

JM : Pourquoi considérez-vous la revalorisation textile comme importante ?

Aujourd’hui je travaille chez Eco TLC, l’éco-organisme de la filière des Textiles d’habillement, Linge de maison et Chaussures (TLC). L’objectif global de notre société, en coordination avec tous les acteurs concernés de la filière (fabricants & distributeurs de produits TLC, citoyens, collectivités locales, opérateurs de collecte et de tri, pouvoirs publics) est de tendre vers 100% de valorisation des TLC usagés et d’accompagner l’industrie vers une économie plus circulaire. Lorsqu’on voit les études d’impact sur le recyclage on se rend compte à quel point il est plus intéressant de réutiliser et recycler plutôt que d’utiliser de la matière première vierge.

JM : Qu’est ce que la mode éthique pour vous ?

A.R. : Je n’aime pas le mot « mode éthique », il ne me semble pas adapté. Il était nécessaire il y a quelques années pour faire sortir de l’ombre les quelques créateurs engagés qui avaient pris le parti de placer le respect de l’homme et l’environnement dans l’ADN de leurs marques. Je pense que le terme mode responsable est plus adapté. Cependant, je pense qu’on ne devrait pas avoir à l’appeler différemment… Est-ce que ce n’est pas juste normal de respecter l’homme et l’environnement ?

JM : Pensez-vous que Fashion Revolution a un impact positif sur la planète, et qu’il peut faire changer les mentalités ?

A.R. : Oui. Avec les 92 pays participants nous avons déjà eu un superbe impact les années passées et cela va aller croissant. Dans le monde entier des stars ont participé à la campagne, en France : Inna Modja. En tout plus de 156 millions de #whomademyclothes ont été recensés et 1 274 marques ont répondu sur les réseaux sociaux aux interpellations faites par les citoyens.

JM : Aujourd’hui, avez vous personnellement arrêté de consommer le fast-fashion pour consommer différent et éthique ?

A.R. : Oui le chemin a été long et n’est pas encore parfait mais j’ai beaucoup évolué au cours de ces dix dernières années. Je n’achète maintenant plus que des vêtements de seconde main ou de créateurs engagés dont je connais la démarche. Je commets tout de même des impairs une ou deux fois par an par manque de temps ou de finance.

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Un grand merci à Adèle Rinck d’avoir accepté de répondre à nos questions. On ne le rappellera jamais assez, la mode responsable, c’est l’affaire de tous. Pour protéger les travailleurs de la mode et l’environnement, il est indispensable de prendre des mesures concrètes, et vite.

Cette année, la Fashion Revolution Week se tiendra du 24 au 30 avril. Cette année, des évènements auront lieu à Paris, Bordeaux, Nantes ou encore Roubaix. Les consommateurs sont invités, comme l’année dernière, à interpeller les marques sur les réseaux sociaux avec le hashtag #WhoMadeMyClothes ?

Vous pouvez retrouver Fashion Revolution France aux liens suivants :

Fashionrevolution.orgFacebookTwitter

La fibre du triFacebook la fibre du tri

Propos recueillis par Camille BRONCHART

Crédit image à la une : @FashionRevolution
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3 réflexions sur “Fashion Revolution Week : rencontre avec Adèle Rinck, de Fashion Revolution France

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