Les femmes dans la littérature, muses ou créatrices ?

Avant le XXe siècle, les femmes ne sont pas très présentes dans la littérature. On connaît madame de la Fayette, George Sand (qui a pris comme pseudonyme un prénom masculin), madame de Staël… mais on n’en parle souvent moins que Balzac, Zola, Molière ou Rabelais. Mais si les femmes écrivains sont rares, les femmes personnages, elles, sont à l’honneur dans la littérature, et de tout temps. Jollies vous présente les trois plus grands personnages féminins de la littérature française.

Fantine, l’allégorie du courage

Des Fantine, on en connaît tous, aujourd’hui encore. Une femme qui, par amour pour sa fille, sacrifie sa beauté, son corps, sa vie entière, s’oublie, se livre et se vend. La Fantine des Misérables, née sous la plume de Victor Hugo, représente ces mères-courages. Elle est une de ces femmes que la vie a écorchées, jusqu’à les tuer. Lorsqu’on lit le roman d’Hugo, ou même lorsqu’on visionne l’une des nombreuses adaptations du roman, on ne peut pas ignorer cette femme qui meurt si vite et dont l’ombre, pourtant, plane jusqu’aux dernières lignes. Fantine devient une allégorie de tous ces misérables dont l’auteur raconte l’histoire. Ce qui fait la spécificité des Misérables est la place que Victor Hugo accorde à chacun de ces personnages. Il n’existe pas de personnages secondaires, uniquement des protagonistes, des personnages principaux dont la figure demeure bien après leur disparition du roman.

Fantine est un de ces personnages, point de départ d’une rencontre improbable et magnifique, qui, tel un ange, conduira Jean Valjean vers sa rédemption.

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crédit : BibiBornem

Madame Bovary, une femme ordinaire à la recherche de l’extra ordinaire

« Madame Bovary, c’est moi. » Gustave Flaubert aurait, dit-on, prononcé ces mots avec fermeté, brisant l’illusion d’une madame Bovary réelle, incarnée. Emma n’aurait été qu’un personnage, pendant féminin d’un auteur de génie, certes, mais personnage tout de même, dont la figure ne dépasserait jamais le papier.

Madame Bovary, pourtant, est une femme comme beaucoup d’autres, une femme du XIXe siècle et de maintenant. À peine sortie du couvent, elle se marie avec un petit bourgeois de médecin qui ne la satisfait pas. Sa vie la dégoûte, son époux la dégoûte, la médiocrité de son quotidien lui devient insupportable. Elle fuit dans la lecture d’abord, puis dans la passion. Elle recherche l’absolu, comme les héros romantiques.

On peut voir Emma Bovary comme la figure de la femme insatisfaite qui, en cherchant à sortir de la médiocrité, se heurte aux limites d’une société qui enferme et étouffe.

Madame Bovary, c’est moi, c’est nous, c’est une femme qui aima passionnément et mourut dramatiquement.

Thérèse Raquin, d’amoureuse à criminelle : le mythe de la femme passionnée

Le crime passionnel féminin est maintenant un lieu-commun, mais lorsque Zola publie Thérèse Raquin, le personnage éponyme étonne. On trouve moins souvent, à cette époque, une femme qui, pour pouvoir aimer son amant en toute liberté, tue, avec la complicité de ce dernier, son époux qu’elle n’a jamais aimé. Il serait réducteur de décrire Thérèse uniquement comme une femme passionnée car c’est un personnage d’une rare complexité qui, aujourd’hui encore, interroge.

Elle choisit de commettre l’irréparable, par amour peut-être, en tuant l’homme qu’elle a épousé. Si cet acte est déjà coupable, son mobile l’est plus encore. Car si elle assassine son mari, c’est pour pouvoir vivre avec son amant. L’adultère, en effet, n’existe plus, dès lors que l’époux a disparu.

Zola (à moins que ce ne soit Dieu) punit néanmoins Thérèse en lui faisant payer le prix de cet acte, bien plus lourd qu’une peine de prison ou une amende. La culpabilité et le souvenir des yeux de son mari, obsédants, jusque dans le sommeil, rappelant les vers de Victor Hugo : « Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre / Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain, / L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. »

Les personnages féminins, de plus en plus importants au XIXe siècle, ont peut-être ainsi ouvert la voie aux femmes écrivains. Et vous, quelle femme dans la littérature vous a le plus marqué ?

Mathilde BERG

Crédit photo de Une : Unsplash

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