Critique : La Belle et la Bête, quand Emma Watson sauve les meubles

L’histoire est déjà bien connue de tous : une jeune fille emprisonnée dans un château ensorcelé avec une bête monstrueuse, elle-même victime d’une malédiction. Les studios Disney n’ont quasiment pas pris la peine d’écrire de nouvelles chansons pour ce remake en live action du dessin animé. Pourtant, poussé par l’envie de voir la bête s’emporter ou par celle de voir la belle Emma Watson jouer et chanter, le public ne peut pas s’empêcher d’aller au cinéma pour voir La Belle et la Bête, à peine revisité. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

La mention « comédie musicale » n’était pas vraiment signalée sur la brochure. Du moins, la bande-annonce ne laissait pas sous-entendre que les trois quarts du film seraient chantés. Et pourtant… Il faut être armé d’un goût fort prononcé pour les spectacles de Broadway pour ne pas s’impatienter après la quatrième chanson. Souvent longues et pas forcément très pertinentes, les chansons de La Belle et la Bête sont très (trop ?) souvent les mêmes que dans le dessin animé. Cela renforce la forte impression du remake mot pour mot et image pour image du film de 1991.

Beauty and the Beast
©Walt Disney Pictures

Ceux qui pensaient naïvement que plus de vingt-cinq ans plus tard, le scénario aurait pu être dépoussiéré un tant soit peu devront se satisfaire du fameux personnage de LeFou. Intégrer un personnage qui pourrait être homosexuel, sans que ce ne soit jamais clairement dit, et pourtant les sous-entendus sont légion, voilà la grande fierté de Disney et de Bill Condon, le réalisateur. Cela aurait pu amener de la fraîcheur et de la sincérité au propos si ce n’était pas autant pastiché. Le pauvre personnage de LeFou se voit attribuer une personnalité qui ne tourne qu’autour de Gaston, lui aussi très stéréotypé dans le genre macho lourdaud. On apprécie l’effort – tout comme celui fait pour la diversité culturelle auprès du casting – mais des leçons de subtilité ne seraient peut-être pas inutiles aux scénaristes.

Ne vous y méprenez pas, tout n’est pas à jeter dans La Belle et la Bête, loin de là. La grâce d’Emma Watson et le côté bourru de la Bête s’allient à merveille pour attendrir les cœurs les plus rafraîchis par le reste du film. Ce couple plutôt inattendu et invraisemblable parvient à trouver le ton juste pour que le spectateur croit à leur histoire impossible. Petit à petit, les scénaristes révèlent leur talent en rendant également les fameux Lumière, Big Ben, Zip et Mme Samovar plus vivants que certains êtres humains.

Si la musique, les décors en carton-pâte qui sentent le studio à plein nez et l’attitude de certains personnages peuvent faire lever les yeux au ciel de temps à autre, le talent des acteurs prend assez de place pour emporter le public dans un voyage enchanté. La Belle et la Bête n’est pas le film de l’année, c’est certain, mais il ne mérite pas non plus qu’on le pourfende pour la simple raison que Disney recycle ses propres œuvres.

Pauline THURIER

Crédit photo à la une : ©Walt Disney Pictures

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