La sphère équestre sous pression

La Fédération Équestre Internationale (la FEI, présidée par Ingmar de Vos), ayant déjà secoué la sphère équestre au sujet des Jeux Olympiques et des Jeux Équestre Mondiaux il y a quelques mois, refait parler d’elle avec des potentielles mesures qui risquent de s’abattre sur les cavaliers internationaux de saut d’obstacles. Après avoir passé un accord avec Ian Tops, le fondateur du Global Champions Tour, la FEI bouleverse les règles établies.

GCT et GCL, c’est quoi ? 

Le Global Champions Tour (GCT) est un circuit mondial fondé en 2006 par Jan Tops, important cavalier international et médaillé olympique. Ce circuit international de saut d’obstacles annuel met en compétition les trente meilleurs cavaliers mondiaux sur les plus beaux terrains de concours au monde. Ce ranking est établit à partir du classement mondial Longines.

La Global Champions League (GCL) est une compétition par équipe (dix-huit équipes seront présentes pour cette saison 2017 contre douze auparavant) également mise en place par Jan Tops en 2015 et pour laquelle la FEI n’a jamais donné son accord (avant aujourd’hui). C’est ce qui crée aujourd’hui cette grande polémique puisque la GCL met en danger la Coupe des Nations (épreuve qui se court par équipe lors du Global Champions Tour) et entraîne aussi beaucoup d’autres conséquences désastreuses pour le sport.

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Jan Tops @Wikipédia

Ce qui pose problème dans ces nouvelles mesures…

  • Les résultats de la Coupe des Nations compteraient désormais dans le ranking des cavaliers qui n’ont en aucun cas donné leur accord pour cette mesure.
  • Le système des invitations aux épreuves s’en voit chamboulé. Effectivement, la FEI a décidé cette année de réduire les invitations à 20% (auparavant 30%) hors classement mondial pour les organisateurs de CSI5* (Concours de Saut International 5 étoiles soit l’épreuve avec le plus haut niveau en saut d’obstacles). En revanche, pour le GCT, on passe de 30% à 60% d’invitations. Cela est dû à la mesure suivante.
  • Désormais seuls les quinze meilleurs cavaliers mondiaux (et non plus les trente) auront directement accès au GCT. Les autres cavaliers souhaitant participer devront faire partie d’une équipe de la Champions League. Il faut noter que le prix d’entrée d’un cavalier dans une équipe de la Champions League s’élève à au moins deux millions d’euros par saison sportive, ce qui crée un important enjeu financier pour les cavaliers.
  • L’idée d’harmoniser les tarifs des engagements et de s’appuyer sur le modèle américain a été soumise à la FEI par l’Alliance of Jumping Organisers (AJO). Effectivement, il y a une grande différence entre les méthodes d’engagements européennes et américaines. Les Européens ont fixé un prix identique pour les engagements de chaque étape et dans chacune des épreuves tandis que les Américains ont fait le choix de baser le prix d’engagement sur un pourcentage du prix de la dotation des épreuves (qui est très élevé).

L’ensemble de ces mesures va rendre l’accès aux épreuves internationales de saut d’obstacles de plus en plus compliqué pour des cavaliers qui luttent pour défendre un sport déjà très élitiste et où le talent ne suffit plus, maintenant il faut aussi de l’argent. En effet, si la FEI autorise l’harmonisation des engagements, de nombreux cavaliers, moins fortunés, verront leurs chances d’atteindre le haut niveau s’envoler et beaucoup de cavaliers, propriétaires et éleveurs risquent beaucoup.

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Le N°1 mondial, Rolf Göran-Bengtsson lors d’une étape de Global Champions Tour 2013 @Wikipédia

Des champions qui montent au créneau pour défendre leur sport…

La Fédération Equestre Européenne (EEF) et Le Club des Cavaliers (IRJC) souhaitent se faire entendre et ont donc décidé de mettre un place une assemblée à Berne qui s’est tenue ce mardi 14 mars. Mais ils ne sont pas les seuls à agir puisque des champions ont décidé de faire part de leur mécontentement sur les réseaux sociaux et via de nombreuses interviews dans la presse spécialisée. Ceux qui ce sont fait le plus remarquer sont les champions olympiques Kevin Staut (France) et Steve Guerdat (Suisse).

 

Ces deux cavaliers ont fait le buzz dans le monde équestre et sur les réseaux en utilisant dans leurs textes et vidéos le slogan et hashtag « Say #Notoharmonizing ». Ils ont été soutenu par d’autres cavaliers internationaux comme Simon Delestre (France), Ludger Beerbaum (Allemagne) ou encore Malin Baryard-Johnsson (Suède) et de nombreux cavaliers, amateurs comme professionnels, s’allient sur les réseaux sociaux pour faire entendre leurs voix et leur mécontentement commun.

Même si la FEI n’a pas encore pris position sur la mesure d’harmonisation, il est certain qu’un gros poids pèse sur ses épaules puisque l’ensemble des filières internationales seraient touchées et qu’elles ne laisseront pas cet élitisme s’accroître sans agir. En attendant que la décision tombe, la FEI a réaffirmé vendredi 17 mars qu’elle n’était en aucun cas à l’origine de la proposition de l’harmonisation des tarifs et qu’elle l’étudiait en profondeur. Pour ce qui est du Global Champions Tour, celui-ci débutera à Mexico pendant le week-end du 6 au 9 avril.

Alix LOYER

Crédit image à la une : @Longines global champions tour
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