Critique : Split, une plongée angoissante dans le dédoublement de la personnalité 

Kevin a 23 personnalités et beaucoup de mal à les faire cohabiter. Toutes se battent pour prendre le contrôle de son corps et accéder à la « lumière« . Un jour, Kevin dérape. Il kidnappe trois jeunes adolescentes sur un parking et les enferme dans un sous-sol. Pour survivre dans cet endroit clos, les jeunes filles doivent apprendre à vivre avec les différentes entités de Kevin.

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@Universal Pictures International France

Bien loin de son rôle de Professeur X dans X-MEN où il est parfois trop lisse, James McAvoy livre ici une performance exceptionnelle. En l’espace de quelques secondes, il peut passer de la personnalité de Dennis – froid et toqué – à celle d’Hedwig – neuf ans –  ou encore à Patricia, femme peu commode. Chaque entité a sa propre voix, ses propres mimiques, façons de s’habiller et centres d’intérêts. Dans sa prestation, James McAvoy, arrive à dépeindre chacune des entités de Kevin et à leur donner un caractère propre sans qu’on ne les mélange jamais. Il incarne à la perfection la lutte des diverses facettes de Kevin pour le contrôle de son corps.

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@Universal Pictures International France

Dennis, Patricia et Hedwig ont été bannis de la lumière par Barry à cause de leurs croyances. Tous pensent que « la bête » est réelle, ce que réfute le Dr. Fletcher, la psychologue de Kevin, spécialiste des troubles de dissociations. C’est ce qui les a poussés à se disjoindre des autres personnalités de Kevin et à se marginaliser. Le Dr. Fletcher ignore que trois jeunes femmes sont séquestrées chez Kevin, puisque Barry lui-même n’en a aucune idée. Les différentes facettes de Kevin ne discutent pas entre elles, et c’est sûrement ce qui rend le film encore plus puissant.

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Le film est entrecoupé de flashback qui nous plongent dans le passé de Casey, interprétée par Ana-Taylor Joy, l’autre héroïne du film. Renfermée et asociale, son caractère tranche avec celui de ses deux amies, et ce voyage dans son passé nous permet de comprendre pourquoi. Ana-Taylor Joy transmet beaucoup aux spectateurs à travers son visage, notamment le sentiment dominant qui règne dans le sous-sol : la peur de ne jamais en sortir. Avec cet effet de huit-clos, le spectateur se sent piégé avec les jeunes filles et est tenu en haleine : il veut savoir si lui aussi va pouvoir s’en tirer. Les crises d’hystérie et tentatives désespérées pour s’en sortir de Claire (Haley Lu Richardson) et Marcia (Jessica Sula) apportent une autre touche de réalité au film.

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@Universal Pictures

Pour son thriller, M. Night Shyamalan n’a pas eu besoin d’avoir recours aux effets spéciaux. Les puissances des jeux d’acteurs sont largement suffisantes pour transporter le spectateur dans son univers. Le réalisateur montre que chaque individualité est capable de modeler son corps, sa voix et sa personnalité pour différer des autres. Les personnalités sont tellement indépendantes que certaines peuvent développer des maladies tandis que d’autres sont en parfaite santé. Le réalisateur nous plonge directement dans la tête d’un homme schizophrène, et c’est probablement là notre plus grande chance de comprendre ce qui se passe dans la tête d’une personne malade : la lutte des identités pour le contrôle d’un corps.

Camille BRONCHART

 Crédit image à la une : @Universal Pictures

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