Critique : Et les mistrals gagnants, une bouffée d’oxygène

Si le temps est assassin, il n’emporte pas le rire d’Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual. Gravement malades, ces enfants filmés par Anne-Dauphine Julliand n’en restent pas moins époustouflants. Pas d’artifice, pas de pathos, de plainte ou d’effet moralisateur, Et les mistrals gagnants n’est qu’une caméra posée sur leur quotidien. Ils respirent la joie, ils respirent la vie, et « leurs rires lézardent les murs, même s’ils ne guérissent pas leurs blessures. »

Ce ne sont que des enfants, comme tous ceux de leur âge. Ils jouent au foot, s’amusent avec des camions, pratiquent le théâtre, le ping-pong, le jardinage. Ils courent. Ils vont à l’école, ont des copains et font des blagues. Ils chantent. Ils dessinent.  Ils rient aux éclats. Mais ils sont malades. Tumeurs, insuffisance pulmonaire artérielle, neuroblastome, ou encore épidermolyse bulleuse, autant de noms aigus tous plus barbares les uns que les autres. Un handicap ? Trop peu pour eux.

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Ambre – Crédit photo : UGC

« Je veux aller à l’école ! »

Ce ne sont que des enfants, comme tous ceux de leur âge. Mais ils courent après la vie. La leur. Si l’école demeure une formalité bien lourde pour certains, elle se dresse pour eux comme une nécessité : « Je veux aller à l’école ! ». Parce que c’est un retour à la normalité, aux amis, à la simplicité, à la sensation d’existence. Loin des blouses blanches, des hôpitaux et des examens.

« Hakuna Matata ! Parce qu’il n’y a pas de souci, il faut faire confiance à la vie ! »

Ce ne sont que des enfants, comme tous ceux de leur âge. Ils ont à peine dix ans, mais se révèlent déjà grands. Insouciants et heureux de vivre à chaque instant. Une appétence à toute épreuve et une maturité hors-norme qui rassurent leurs parents. Parfois, les adultes sont davantage inquiets que leurs gamins. Imad le sait : « ce n’est pas difficile. En revanche, pour vous, je sais, c’est difficile. » Le monde à l’envers. Les rôles inversés. Évidemment, c’est compliqué en tant que parents. Il faut réadapter son quotidien, faire des trajets jusqu’aux hôpitaux, encaisser les coups durs et voir son enfant souffrir. Mais même si ces bambins souffrent, si les larmes ne peuvent s’empêcher de couler, si les traitements sont lourds et  douloureux, la rage de vivre qu’ils portent en eux et qu’ils incarnent détruit tout sur son passage, parce que, « quand on est malades, ça n’empêche pas d’être heureux. »

Insouciants mais conscients

Ce ne sont que des enfants, comme tous ceux de leur âge. Et qu’est-ce qu’on y connait à la maladie quand on est un enfant ? Eux savent. Ils parlent de leur pathologie avec détachement, en utilisant leurs mots, comme s’ils racontaient une histoire :« Ce n’est pas le plus grave la tumeur ! Le plus grave, c’est quand on ne peut pas nous sauver. » Le récit de leur vie, conté en images, décrit en chanson, et emplit de bonheur malgré tout.

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Tugdual – Crédit photo : UGC

Un documentaire d’une véracité déconcertante sur la simplicité de la vie dans ce qu’elle a de plus beau. Ses joies, ses peines, ses souffrances, mais surtout son espérance. Une claque. La pépite d’or brute de cette année 2017. Une leçon d’humanité par des enfants qui « te racontent enfin qu’il faut aimer la vie ».

Marylou CZAPLICKI

Crédit image à la une : @Affiche de « Et les mistrals gagnants »
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3 réflexions sur “Critique : Et les mistrals gagnants, une bouffée d’oxygène

  1. Merci pour ce magnifique article…. je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec une petite étoile qui nous a donné il y a peu, une belle leçon de vie…. son sourire et sa soif de vivre malgré les souffrances… c’est typiquement elle dans « les mistral gagnants🌼

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