Critique : Moonlight, un chef-d’oeuvre ?

Sorti en octobre aux États-Unis, c’est le 1er février que Moonlight a débarqué sur nos écrans. Élu meilleur film dramatique aux Golden Globes (oui, La La Land a laissé quelques catégories tranquille) et ayant raflé diverses autres récompenses, Jollies s’est empressé d’aller le voir !

Moonlight raconte la vie de Chiron, un noir américain, gay. Le film est découpé en trois parties : sa jeunesse, où Chiron est appelé « Little », son adolescence (« Chiron ») et 10 ans plus tard, à l’âge adulte ( « Black »). Cette triptyque donne une singularité très appréciable au film : on ne raconte pas simplement la vie de quelqu’un, chaque période montre un message fort, comment les relations évoluent, comment Chiron s’en sort. Oui, « s’en sortir » c’est le terme, parce que grandissant dans un quartier difficile de Miami, sa vie n’est pas toute rose. Dès son plus jeune âge, ses camarades le discriminent et le harcèlent à cause de « ses airs de tapette ». Sans oublier sa mère, totalement droguée : comment peut-elle l’aider ? Heureusement, Chiron a son ami Kevin, qui le suivra (presque) toute sa vie, mais il rencontre aussi deux anges gardiens, le couple Teresa et Ali (joués respectivement par Janelle Monae et Mahershala Ali (House of Cards, Hunger Games))

044147-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
« Little » et Juan / Copyright David Bornfriend – Allociné

C’est pour tout ces protagonistes qu’on peut dire que Moonlight est un film à personnages. En effet, même si l’histoire est intéressante et captivante, il manque l’étincelle qui va nous le faire adorer et nous émouvoir. Cependant, si on se concentre sur les personnages, chacun a un rôle crucial pour Chiron. L’enfant-ado-adulte doit s’assumer, reconnaître son homosexualité et être fort face aux maltraitances physiques et morales. Entre sa mère peu à peu ravagée par la drogue (jouée par l’excellentissime Naomie Harris), ses mentors, ses camarades terriblement cruels et son unique ami, ces quelques hommes et femmes forment l’univers de Chiron. Un univers de solitude, de questions, mais c’est ce qui est beau dans ce film !

Le film propose de très beaux plans et de jolies couleurs : la réalisation est vraiment réussie. Surtout quand on y rajoute la musique de Nicholas Britell. Mais il faut aussi mettre en exergue le talent des acteurs qui vaut vraiment le coup. Ce serait être de mauvaise foi que de négliger cet aspect ! Dernier point positif : l’affiche. D’apparence, c’est un homme. En regardant de plus près, ce sont des hommes : Little, Chiron, Black.

Pourtant, à la sortie du film, pour ceux qui n’étaient pas émerveillés, c’est la circonspection qui s’affiche sur les visages. « Oui mais ? » Clairement, pour un film nommé 8 fois aux Oscars, il manque un truc. La petite touche qui nous fait dire « Waw. Ce film m’a foutu une claque ! » Ici, on raconte une histoire. Elle est dure, belle et perturbante à entendre cette histoire, mais finalement, elle semble banale.

Alors comment définir ce film ? Et si c’était une histoire d’amour… ? Jollies vous laisse en juger par vous-même.

Morgane PIQUE

Photo de Une : Affiche du film Moonlight réalisé par Barry Jenkins.

2 réflexions sur “Critique : Moonlight, un chef-d’oeuvre ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s