Espagne : trois mois après la formation du nouveau gouvernement, quel bilan ?

Si vos connaissances sur l’Espagne se résument à la nocion de poder et mitos y heroes, Jollies est là pour vous expliquer la crise politique qui a frappé le pays.

Les origines de la crise politique

La situation politique actuelle de l’Espagne a pour théâtre un pays enclavé dans une crise économique assez lourde, qui touche majoritairement les secteurs de l’immobilier, de l’emploi et des finances. La monarchie constitutionnelle était composée, jusqu’au 20 décembre 2015, d’un gouvernement issu du Partido Popular (PP), et ce depuis 2011. Le 20 décembre 2015, sont annoncés les résultats des élections régionales ; les deux grands partis du pays reculent drastiquement. Le PP perd 60 sièges au congrès des députés et le PSOE (Partido Socialista Obrero Espa), son principal adversaire, en perd 20.

Néanmoins deux partis émergeants s’affirment durant ces élections. Il s’agit de PODEMOS (littéralement « nous pouvons ») à gauche de l’échiquier politique, ainsi que du parti Ciudadanos, qui se définit comme un parti progressiste et libéral centriste. Les petits partis régionaux gagnent aussi des sièges au congrès, et particulièrement ceux de la Catalogne, des Canaries ou encore du Pays Basque.

Une tentative de résolution avortée

Aucun des partis n’ayant obtenu la majorité absolue, il est impossible de nommer un président du gouvernement et ainsi former un pouvoir exécutif durable. Felipe VI, Roi d’Espagne, charge alors Mariano Rajoy, président du PP, de mettre en place des discussions avec les autres partis. Ce dernier abandonne en janvier son idée de former un gouvernement de coalition après que Pedro Sanchez (secrétaire général du PSOE) a refusé de coopérer avec le PP. Felipe VI le désigne alors comme nouveau candidat.

Deux mois plus tard, le PSOE et Ciudadanos s’accordent pour former un gouvernement mais, malgré leurs 130 députés, ne représentent toujours pas la majorité. Le soutien de PODEMOS leur est nécessaire, alors que ce dernier souhaite une coalition sans Ciudadanos ainsi qu’un referendum sur l’autonomie de la Catalogne, point essentiel de son programme. Pedro Sanchez n’obtient ni la majorité absolue ni la majorité relative, maintenant le pays dans sa stagnation politique.

Le 3 mai, Felipe VI, constatant qu’aucun candidat n’est en mesure d’être élu, dissout le Congrès et annonce de nouvelles élections législatives, conformément à la Constitution. Un nouveau scrutin est donc organisé le 26 juin, mais il ne permet toujours pas la nomination d’un président de gouvernement, bien que les partis traditionnels aient récupérés quelques sièges. Le 30 aout, malgré les accords qu’il tente de mettre en place avec Ciudadanos, Mariano Rajoy manque la majorité absolue à 6 voix près… ay que pena !

Au début du mois d’octobre, la démission de Pedro Sanchez du PSOE entraine la fin de l’opposition des membres de son parti contre Mariano Rajoy. Ce dernier est donc investi à la tête du gouvernement le 29 octobre, mettant un terme à l’impasse politique et forme, le 03 novembre, le nouveau gouvernement.

Celui-ci est majoritairement composé d’anciens ministres de Rajoy, qui n’en renouvelle qu’une petite moitié. C’est encore Soraya Saenz De Santamaria (PP) qui est nommée au poste de vice-présidente, dans la continuité du précédent gouvernement. On compte notamment parmi les sept nouveaux visages le ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis Quecedo, spécialiste de la question européenne, le ministre de l’Intérieur, Juan Ignacio Zoido (ex-maire de Séville), ou encore Dolores Montserrat, ministre de la Santé d’origine catalane.

Ces dix mois de paralysie politique ont finalement abouti à la formation d’un gouvernement sans grandes modifications, avec des postes importants toujours occupés par les mêmes visages et ce en dépit du mécontentement et de la volonté de renouvellement exprimé par les citoyens espagnols dans les urnes. Néanmoins, faute de majorité dans l’hémicycle, Mariano Rajoy devra rester ouvert aux discussions sur les thèmes de l’éducation, des retraites, et de la question de l’indépendance Catalane.

Clémentine RIGOT

Crédit image à la une : @Flickr
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