Une semaine dans l’Amérique de Donald Trump

Ce 20 janvier 2017 Donald Trump a été officiellement nommé 45ème président des États-Unis et on peut déjà dire que sa première semaine de mandat fut mouvementée : entre destructions totales des avancées sociales faites par Barack Obama, changement géopolitique majeur et mise au placard de l’écologie, le nouveau « Mister President » n’a pas chômé. Jollies vous fait un retour sur la première semaine de celui que beaucoup appellent déjà « Le pire président jamais élu ».

 

Économie:

D’un point de vue économique Donald Trump prend une position très isolationniste qui n’est pas sans rappeler celle des États-Unis au XIXème siècle et au cours de l’entre-deux guerres. En effet Donald Trump a déjà annoncé une renégociation des Accords de Libre-Echange Nord-Americain (accord avec le Canada et le Mexique éliminant les barrières douanières et autorisant une libre concurrence sur toute la zone nord-américaine) ainsi qu’un retrait de la part des États-Unis du Traité de Libre-Echange Trans-Pacifique (traité multilatéral de libre-échange visant à améliorer les liens économiques entre l’Amérique et les régions d’Asie Pacifique). Notons que le 31 janvier devait se faire une rencontre entre Donald Trump et son homologue mexicain, mais elle a été annulée suite aux diverses déclarations du président vis-à-vis du Mexique.

Société :

Au niveau sociétal, Donald Trump a mis un grand coup de pied dans les constructions de son prédécesseur en signant un premier décret contre l’ « Obamacare » (système social mis en place par Barack Obama afin d’assurer l’accès aux assurances et aux soins à tous les Américains). Cette lutte contre l’« Obamacare » a été un des fers de lance de sa campagne et des conservateurs en général de par son coût pour les gouverneurs fédéraux.  De même, le président a signé un décret interdisant le financement fédéral pour les ONG internationales soutenant l’avortement, ceci quelques jours après la Women’s March. Ce financement a déjà à plusieurs reprise pris fin au cours de l’histoire américaine : Barack Obama avait levé l’interdiction mise en place par George W. Bush au début de son premier mandat.

Politique internationale :

Mesures phares de sa campagne, Donald Trump a aussi signé deux décrets visant à limiter l’immigration (musulmane essentiellement) aux États-Unis. Ces décrets visent à limiter au maximum l’accès aux Etats-Unis pour les réfugiés et les détenteurs de visa en provenance d’Iran, d’Irak, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen. Ainsi, il est désormais interdit pendant trois mois aux ressortissants d’aller sur le sol américain, à l’exception des ressortissants possédant un visa diplomatique officiel.  De même, Washington va arrêter pendant quatre mois le programme fédéral d’admission et de réinstallation des réfugiés de pays en guerre. Ce programme créé en 1980 n’avait été suspendu qu’une seule fois pour une durée de 3 mois au moment des attentats du 11 septembre 2001. Dans cette logique, l’administration Trump a fixé une limite de 50 000 réfugiés pour l’année 2017, là où l’administration Obama avait fixé un objectif de 110 000 réfugiés pour l’année. Enfin le projet d’un mur séparant les États-Unis et le Mexique a été officiellement lancé.

Écologie :

Cette semaine, Donald Trump a relancé le projet d’un oléoduc devant relier le Canada aux États-Unis. Cet oléoduc d’environ 1900 kilomètres (dont 1400 en territoire américain) devrait permettre le transport du pétrole canadien de l’Alberta jusqu’au Nebraska afin de rejoindre les raffineries américaines. Ce projet avait été bloqué par Obama dans sa lutte contre le réchauffement climatique. Le président a également signé un décret relançant la construction d’un oléoduc dans le Dakota du Nord malgré le rejet en décembre de ce projet suite à une importante mobilisation des Amérindiens et des écologistes.

Et ensuite ?

De nombreuses sources indiquent que le pays pourrait augmenter de 20% les droits de douane sur les importations mexicaines, tandis que la contribution américaine à l’ONU (qui est l’une des plus importantes) devrait être réduite de 40%. Il est aussi fort possible que l’administration fasse réexaminer tous les traités déjà signés et mette en place un programme visant à rétablir les prisons secrètes (afin de procéder à des actes de tortures) même si la décision revient au ministre de la Défense qui s’était déjà montré défavorable à une réouverture de celles-ci. Enfin, il serait prévu de lancer un programme renforçant les forces armées américaines.

Ainsi alors que bon nombre d’analystes politiques jugeaient la plupart des mesures de Donald Trump irréaliste et n’étaient que de l’esbroufe pour un électorat avide de promesses, nous pouvons déjà constater que les points forts du programme de Donald Trump commencent à être mis en place. Nous pouvons néanmoins nous interroger sur la possibilité de réalisation d’un mur qui devrait coûter plusieurs dizaines de milliards de dollars, ainsi que sur le futur des États-Unis qui adoptent une position isolationniste proche de l’autarcie. Mais peut-être que c’est ça la « Grandeur américaine » selon Donald Trump, un pays retournant à des valeurs proches de celle du XIXème siècle. On peut toujours essayer de voir les choses du bon côté : en effet, cette semaine les ventes de 1984 de George Orwell ont explosé aux États-Unis. Et pendant ce temps la « Doomsday clock » (l’horloge de l’apocalypse) affiche fièrement 23:57:30, résultat qu’elle n’avait pas atteint depuis le fort de la guerre froide. Félicitations.

Anthony XERRI

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