Agartha : Vald nous propose un voyage hallucinatoire le temps d’un album

Après 3 clips démentiels où se mêlaient orgie de nourriture, roman noir tragique et trap de Vikings, Agartha est enfin dans les bacs. Une bonne occasion de découvrir ou redécouvrir un prodige du rap français.

Rappeur français âgé de 24 ans, Vald a découvert le rap durant son adolescence au travers des sons de Kery James puis s’est lancé dans ce milieu après avoir été fasciné par Alkpote. C’est ainsi qu’en 2012 il sortira quelques mixtapes dont NQNTMQMQMB (Ni Queue Ni tête Mais qui Met Quand Même Bien) pour enfin sortir en 2014 et 2015 ses 2 premières EPs : NQNT et NQNT 2.

Ces deux EPs lui ont valu un bon succès d’estime dans le milieu ainsi qu’une très bonne visibilité, notamment grâce à ses clips toujours très travaillés. On peut ainsi penser à Selfie et ses 3 clips différents virant au porno lors du 3e. Ou même à Bonjour qui a permis à Vald de décoller aux yeux du grand public. Entre absurdité, seconds degrés, originalité rare dans le milieu et punchline décapante, Vald est un artiste naviguant entre raps, hip-hop et trap, tout en essayant de se réinventer constamment. Projet depuis longtemps en route, Agartha, du nom d’un mythique royaume souterrain, est enfin sorti le 20 janvier et on vous donne notre avis !

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@Vald

Accompagné d’une superbe pochette témoignant toute la mysticité de l’artiste, l’album se compose de 17 tracks, une première pour Vald qui n’avait jamais fait que des EPs ! Dans cet album Vald glisse doucement vers un son plus électro, parfois pop tout en gardant un style qui lui est propre. Durant tout l’album, il se moque de son auditeur en le provoquant constamment ou en le déstabilisant avec des sons aux sonorités diamétralement opposées, mais qui se suivent pour autant. Vald connait les codes du rap et en joue avec un second degré hallucinant frôlant parfois l’insolence. Il propose un énorme trip hallucinatoire en naviguant entre hommes lézard, magie, mystique, complot et pamphlet contre notre surconsommation. Ainsi on peut reprocher à l’album d’être plus un NQNT amélioré qu’un véritable album, mais ce serait ne pas comprendre la démarche de l’artiste qui s’amuse justement des dissonances que peuvent provoquer deux sons qui se suivent mais ne se ressemblent pas. Ainsi Vald peut alterner entre une chanson d’amour très pop (alors que le fan est plutôt habitué à la vision d’amour distillée dans Selfie) et un son rempli de rages. Ajoutons que derrière la façade ironique que peuvent revêtir les sons de Vald, on découvre rapidement au sein de cet album que la folie illusoire dissimule parfois des moments de spleen et un vrai « réseau lumineux » comme il le dit lui même. Ainsi Vald se confie parfois sur ses amours perdus, ses moments de tristesse mais aussi prend le parti d’être engagé. Et c’est là toute la magie de Vald, se confier à ses auditeurs, parler de sujets actuels tout en usant de seconds degrés.

Clairement le pari que Vald s’était lancé avec Agartha est plus que réussi. Sans être un chef d’œuvre, Agartha est une véritable perle à écouter encore et encore jusqu’à l’épuisement. On retiendra particulièrement  Je t’aime,  Blanc,  qui risque d’être un succès en live, ainsi que  Megadose  et  Petite Chatte  (où Vald fait toute une déclaration d’amour à l’organe génital féminin). Vald prouve une nouvelle fois avec cet album qu’il est un artiste à suivre destiné à faire de très grandes choses.

ANTHONY XERRI

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