Paterson : Love, life, time

De poème en poème, de journée en journée, Paterson mène sa modeste mais pleine existence dans la ville éponyme de Paterson (New Jersey). Abstrait, voire parfois insipide, il n’empêche que ce drame n’en reste pas moins une merveilleuse allégorie de la vie, remplie de sens cachés, de significations subjectives et de bonheurs invisibles.

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Paterson, conducteur de bus – Dessin : Marylou Czaplicki

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine…Elle est mortelle. » Paulo Coelho

Tout peut sembler hors du temps dans ce film de J.Jarmusch. Paterson (Adam Driver), est un conducteur de bus respecté et respectueux, nonchalant et sans téléphone en 2016. Sa femme, Laura (Golshifteh Farahani), extravertie et insouciante change de passion et de loisir au gré de ses désirs fous. Et leur vie, fade, sans sortie de route, aussi mortelle que la routine de Paulo Coelho. Comme si tout était écrit d’avance. La même heure, la même personne, les mêmes gestes, les mêmes céréales, les mêmes paroles, et le temps qui passe. Et puis aussi un refuge, un moyen de s’extraire du quotidien. Pour Paterson, l’écriture. Pour Laura, l’art.

Mais tout est pourtant si actuel et ancré dans le XXIème siècle. La grisaille de nos vies qui ne sont qu’une addition de jours qui passent et se ressemblent. Le temps qui coule et s’écoule bien trop vite, à l’instar d’une cascade qui se déverse sans pouvoir être retenue. Et surtout, une invitation à apprécier les petits détails du quotidien, à aimer sa vie, et les gens qui nous entourent. Parce que malgré leur petite vie rangée, le couple crève de bonheur, d’amour, et finalement, peu importe tout le reste. Ils sont heureux, à deux, en accordant de la valeur à la banalité de la vie, et c’est peut-être tout ce qui compte.

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Paterson et Laura, passionnés et amoureux – Crédit photo : Thefilmstage

Le lyrisme du quotidien

Si le scénario demeure dénué d’action concrète ou de grand rebondissement, il touche le cœur, les yeux, les oreilles. Il campe la beauté mélancolique du quotidien, dans la profondeur des visages humains et des paysages éphémères, dans l’intensité de l’amour et dans la futilité de la vie. La caméra traverse avec une douceur infinie les différents univers des personnages où s’entrechoquent les gens, les mots et les mélodies. La vie n’est qu’essence de poésie ; chaque souffle se transforme en vers, chaque endroit en rime.

En bref, si Paterson n’est probablement pas le film de l’année, il s’apprivoise telle une claque sur la réalité, un retour aux choses simples et pures, sans mensonge ni fioriture. Comme une incitation à trouver de la poésie dans chaque recoin de la vie, à profiter de chaque petite seconde qui passe, et à faire de sa vie une chanson composée de couplets singuliers et de refrains entêtants.

Marylou Czaplicki

Crédit image à la une : @Allociné

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