Les 3 Mousquetaires : on y va ou pas ?

Jusqu’au 1 er janvier 2017, se tenait sur la scène du palais des sport de Paris, la troupe des 3 Mousquetaires. Reprenant l’oeuvre célèbre d’Alexandre Dumas, cette comédie musicale semblait bien partie avec un casting très prometteur et un énorme budget, misant tout sur les décors et les costumes. Mais cela suffisait-il vraiment pour en faire un bon spectacle ? Jollies y est allé, et vous en dit plus.

Comme le veut le roman de Dumas, Les 3 Mousquetaires reprend l’histoire de D’Artagnan, qui a quitté sa campagne pour Paris, et de ses trois acolytes, Portos, Aramis et Athos. En septembre 2015, on découvrait alors à la tête de ce quatuor, des figures connues du grand public, comme Damien Sargue (Roméo & Juliette) ou Brahïm Zeibat (Danse avec les Stars). S’ajoute alors le beau Olivier Dion, découvert avec son single « Si j’étais son soleil » et David Ban (1789 : Les amants de la Bastille). La chanteuse Victoria, tient quant à elle, le rôle de la Reine, et la rousse Emji, incarne à la perfection la flamboyante et fourbe Milady. La présence sur scène du célèbre danseur Brahïm Zeibat, qui tient le rôle de Athos, est fortement remarquée : le spectacle est rythmé par des chorégraphies et des acrobaties de hip-hop et de break dance, apportant beaucoup de dynamisme. L’incorporation de figures de break dance, est vraiment un plus, cela donne un côté contemporain à cette histoire plutôt classique. La troupe – composée de 25 danseurs, 3 comédiens et 9 chanteurs – nous transporte pendant près de deux heures.

Les tableaux sont assez inégaux, puisque certains offrent une troupe complète et coordonnée, alors que d’autres montrent seulement un petit groupe de danseurs exécutant différentes pirouettes et figures. Quant aux musiques, elles aussi changent d’autres spectacles : on retrouve des rythmes endiablés sur des airs de techno et de hip-hop à certains moments, et des moments beaucoup plus doux, notamment avec la chanson « J’ai besoin d’amour comme tout le monde » interprétée acoustiquement par Damien Sargue accompagné de David Ban. Ce fut un moment chaleureux rythmé par les notes de la guitare sèche présente sur scène et accompagné des applaudissements de la troupe et du public. Un instant de partage où les spectateurs ont pu intervenir, chanter et danser avec les comédiens. Spectacle à gros budget, les costumes et les jeux de lumières étaient grandioses. Des projections d’éléments de décor en tout genre ont rythmé le spectacle tout du long, représentant tantôt des prés, des habitations, ou encore faisant apparaître de vraies flammes sur scène. Le spectateur en prend plein la vue. Il est plongé dans l’ambiance du roman d’Alexandre Dumas, avec quelques éléments modernes, qui ne sont pas pour nous déplaire.

Vocalement, rien à redire, les interprètes avaient des voix magnifiques, tantôt graves, tantôt plus douces, mais chacun apportait sa touche personnelle en fonction de son personnage. Petit bémol, parfois pendant certaines chansons les paroles n’étaient pas très audible, tant la musique de fond était forte. Les paroles justement, ont été également notre déception : les textes parfois trop « fleur bleue » étaient exaspérants et c’est vraiment dommage.

Nous avons éprouvé également une certaine déception quant au scénario : l’histoire de Dumas est clairement bâclée et les deux parties du spectacle sont assez inégales. La première partie met en place l’intrigue, ce qui est assez longuet, et au contraire la deuxième se termine trop rapidement. On reste un peu sur notre faim quant au dénouement de l’histoire et on est tellement surpris qu’il arrive si vite, qu’on en ressent aucune émotion. L’histoire d’amour entre d’Artagnan et Constance, arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, ce qui est regrettable. Certains personnages interprètent une chanson par ci par là, et on ne les revoit plus du spectacle, ce qui est assez intriguant et dérangeant car on ne comprend pas trop le sens de leurs apparitions. La chose qui nous a vraiment exaspéré est le rôle des méchants : dans chaque comédie musicale, ils sont représentés en rouge ou en noir et ont toujours des chansons exprimant la vengeance, le désespoir ou la guerre.  Toutes les chansons interprétées par Christophe Héraut (le Duc de Richelieu) et Emji (Milady), sont sur des fond rouges ou ténébreux ce qui est à force très répétitif.  À quand un peu de changement de ce côté là ? Un gros point positif nous a cependant marqué : l’inexistence du perpétuel comique des comédies musicales. Présent physiquement dans Les 3 Mousquetaires, le personnage « comique » du spectacle n’est pas mis en avant, et cela fait du bien ! Plus de blagues exaspérantes ou de moment de flottement, comme on avait pu en avoir dans La Légende du Roi Arthur, en automne dernier.

Même si nous avons trouvé quelques bémols, ce spectacle était plaisant, et nous sommes ravis d’avoir pu y assister ! Alors pour ceux que cela intéresse, Les 3 Mousquetaires sont en tournée dès Février 2017 à travers toute la France. N’y allez pas pour en savoir plus sur l’oeuvre original d’Alexandre Dumas, ni pour la qualité des chansons, mais pour y voir une troupe talentueuse et passionnée, qui ne cesse de partager avec son public des moments chaleureux.

Margaux Lidon

Crédit image à la une : Affiche du spectacle @Les 3 Mousquetaires
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