Critique : La fille du train , du livre au film

En 2015, le livre de Paula HawkinsLa fille du train, faisait un carton, s’affichant en tête des meilleures ventes des librairies et des points de distribution. C’est un peu moins de deux ans après que le thriller envahit les écrans des salles obscures, depuis le 26 octobre en France. Réalisé par Tate Taylor, qui a déjà réalisé La couleur des sentiments (2011), c’est un nouveau genre qui voit le jour, celui du thriller psychologiqueLa fille du train, c’est l’histoire de Rachel Watson, interprétée par l’époustouflante Emily Blunt, une trentenaire qui noie la peine de son divorce dans la boisson. Tous les jours, elle prend le train pour New-York, et passe devant une maison. Une maison qu’elle ne peut s’empêcher de regarder, qu’elle connaît par coeur. Rachel observe le couple qui y réside, et chaque jour elle leur imagine une vie parfaite et remplie de bonheur. Pourtant un jour, toujours à travers la vitre du train, elle est témoin d’une scène, qui bouleverse le reste de son existence.

Rachel est une femme paumée, qui ne cesse de s’auto-détruire en buvant chaque jour. Tout au long du film, Emily Blunt joue merveilleusement bien, et nous coupe le souffle. En effet, elle incarne à la perfection un personnage torturé et sa prestation est sans doute une de ses meilleures. Elle y représente une femme touchante, perdue et livrée à elle-même après un divorce compliqué. Les gros plans sur son visage, bouffie et rougie par l’alcool, mettent le spectateur dans une position délicate, mais sans lui déplaire. Son personnage est attachant, et son histoire troublante. Même si tout au long on peut avoir des doutes sur ses intentions, il nous est difficile de l’imaginer dépasser les limites.

Nous sommes aux première loges de la destruction d’un être humain, qui ne se bat presque plus pour s’en sortir, ce qui donne un côté dramatique à ce thriller. On retrouve le côté psychologique, quand Rachel se décide à aller voir un psy, puis rejoint une réunion pour alcooliques anonymes. On se demande tout au long du film, va-t-elle s’en sortir ? Jusqu’où va-t-elle aller ? Et surtout, jusqu’où a-t-elle été ? Car comme le dévoile la bande-annonce, Rachel va être mêlée à une histoire sordide, une disparition inquiétante.

Pour son premier thriller, Tate Taylor fait fort et tape en plein dans le mille. Elle nous tient en haleine tout au long du film et le spectateur fait face à de multiples rebondissements inattendus. La construction du film est un peu particulière, car du début à la fin nous sommes envahis de flashback entre les différents personnages. Pour les premières minutes de l’intrigue, la cinéaste alterne entre la vision de chaque femme, Rachel, Megan puis Anna.  Il est facile de se perdre entre les scènes du passé et celles du présent. Le début est un peu perturbant, il est difficile de saisir le rôle de chacun des personnages, ou encore l’importance de chacun des retours en arrière, mais ce qui est plaisant, c’est d’en connaître peu à peu la signification. Au fur et à mesure que Rachel avance dans l’intrigue, le spectateur avance un peu plus. Le public remonte le fil au rythme du personnage principal, qui a des trous de mémoire liés à l’alcoolisme. 

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@allociné.fr

Par rapport au livre, l’adaptation cinématographique est très satisfaisante. Tous les points sont repris, l’intrigue est totalement respectée et les personnages incarnent à la perfection leurs rôles. Si Emily Blunt s’est démarquée dans sa prestation, Halay Bennett qui incarne Megan, se révèle particulièrement dérangée et perverse. Dans le livre, ce petit côté érotique se ressent un peu moins et le personnage de Megan y est moins mis en avant, et on a l’impression d’en apprendre un peu plus grâce au film. Pour ce qui est de la chute de l’intrigue (ce qui suit est garanti sans spoiler), elle est beaucoup plus prévisible à travers les images que le film renvoi, ce qui est assez dommage. Ce qui avait été marquant dans le roman de Paula Hawkins était le dénouement, que le lecteur n’avait pas du tout imaginé. Dans le film, le spectateur peut davantage rassembler les pièces du puzzle et connaître l’issue finale avant la fin, ce qui est un peu dommage, mais qui n’en reste pas moins une bonne surprise.

Un très bon thriller, qui nous tient en haleine du début à la fin, tout en respectant convenablement le texte littéraire, que demander de plus ?

Margaux LIDON

 

 

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